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Tour de France 2012, les billets de Jean-Louis Bey24 août 2019  

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Les billets du 99ème tour de Pax-Pace
(se vante du 30 juin au 22 juillet 2012)

Dimanche 22 juillet - "Let it be !"
Ouf : c'est fini !
Franchement, si la beatlemania a bien à sévi durant ces trois semaines sur le bord des routes de France j'ai trouvé ces hurlements nettement excessifs. Bien sûr les vedettes et les champions restent ce qu'ils sont et leurs récitals sont évidemment de bonne qualité mais, avec le temps, on sent quand même que ces foires commerciales s'essoufflent et, personnellement, je ne prends plus le même plaisir à les suivre en continu.
Il y a pourtant encore eut quelques morceaux d'anthologie dans cet opus mais, quand même, 430 kilomètres de bonheur sur 3500 de course c'est quand même un ratio qui mérite qu'on tempère les déclarations dithyrambiques !
Au soir du verdict qui s'est avéré sans la moindre surprise (et surtout sans le moindre suspens) je ne retiendrais de ces trois semaines sous le soleil et dans le vent à parcourir les magnifiques paysages de nos belles régions que la journée dans les Alpes avec le Glandon et la montée sur La Toussuire et les 80 premiers kilomètres de l'étape suivante jusqu'au sommet du Granier... Ce n'est peut-être pas beaucoup mais ce n'est pas si mal !
Pour ce qui est du programme il est certain que la participation est apparue extrêmement inégale et qu'on ne retiendra guère, et pour des raisons diverses, que le nom de 3 ou 4 groupes sur les 21 qui sont censés s'être produit sur la scène !
Un festival où l'on ne voit qu'une trentaine de participants sur les 189 annoncés et dont l'intérêt ne subsiste que durant 15% de sa durée... Il me semble que nous sommes quand même entrés dans une ère où les spots publicitaires prennent sérieusement le pas sur les épopées sportives qui nous faisaient rêver.
Mais, depuis sa création il y a plus d'un siècle, ce Barnum publicitaire n'a jamais cessé d'évoluer pour s'adapter aux mœurs du temps, aux impératifs commerciaux et maintenir l'attention d'un public cible. Je ne doute pas que les nouveaux Desgranges vont continuer à chercher comment maintenir les emplois et accroitre les bénéfices d'une telle entreprise.
Et nul doute qu'ils finiront par trouver un nouveau gingle qui me poussera l'année prochaine à regarder quand même au mois de juillet quelles sont ces fameuses nouveautés dont on nous vante les vertus depuis six mois !
Ce soir c'est "The end" mais dans 12 mois ce sera certainement encore "Au bonheur des consommateurs" !


Samedi 21 juillet - "Hello Goodbye"
Qui avait imaginé que ce dernier Tour de la cathédrale de Chartres pourrait présenter un quelconque intérêt ?
Avant même de faire le bilan de ce spectacle médiatique annoncé concernant un énième procès visant à éradiquer la "glorieuse incertitude du sport" chère au vieux baron (on en verra une nouvelle mouture dans quelques jours) il convient de se faire une raison : c'en est fini de la passion et de l'enthousiasme que suscitait la conquête spatiale. Tout ça appartient au passé et même si les anciens jeunes du Baby Boom continuent à nous bassiner avec leurs souvenirs des années 60/70, leurs Teppaz, leurs 33 tours, Maitre Jacques, Poupou le looser adoré, Spoutnik, Gagarine et "On a marché sur la Lune", ils singent de plus en plus leurs grands-pères qui racontaient l'enfer des tranchées et la bataille de Verdun, ou leurs pères qui n'avaient que la Résistance et les Allemands à la bouche...
Une très utile contribution citoyenne à la mémoire du cyclisme mais rien de plus. Et surtout pas un modèle totalitaire à la solde des nouveaux "Incorruptibles" du bicentenaire de la Révolution Française !
Aujourd'hui qui va s'enthousiasmer à l'heure de l'apéro pour le Voskhod 51 et son équipage magique ? Il n'y a pourtant aucune raison de crier au scandale devant la déferlante des petits hommes bleus... C'est juste un problème de génération : en 62 Antonin Magne avait demandé à Poulidor de se garer pour regarder passer un avion lorsqu'Anquetil l'avait rejoint lors du dernier contre-la-montre et tout le monde se plaignait déjà qu'un recordman de l'heure puisse triompher sur le Tour de France cycliste en spéculant sur sa domination dans ce domaine et sur ces capacités à résister aux attaquants et aux grimpeurs... Aujourd'hui ce sont les satellites qui constellent le ciel nocturne d'étoiles filantes mais, à part ça, pas grand chose n'a changé : c'est bien toujours la même stratégie qui est de mise et le même écrasement total de l'opposition sous les coups de pédales de l'armée du plus fort qui caractérise cette lutte pour la victoire. Quoi que leurs adversaires fassent, leur générosité restent toujours lettre morte, utopie sans réelle application possible (peut-être par manque de solidarité ?), alors que les consommateurs continuent à se plaindre et à s'agiter en exigeant des sanctions et une plus juste application des Droits de l'Homme et des coureurs du tour de France...
Franchement : si nous consacrions le centième de nos facultés d'indignations sportives au sort des semblables qui nous côtoient, faudrait-il pour autant parler d'un inadmissible gaspillage d'énergie ?
Sans doute ai-je finalement trouvé ces trois semaines de débats globalement peu passionnants. Mais s'ils ont gagnés, laissons-les agiter leurs drapeaux sur les champs...
C'en est heureusement finit le temps où le merveilleux "créateur" du Tour de France écrivait dans l'Auto : "Mes p'tits gars français ! Écoutez-moi bien ! Il faut que vous les "ayez" ces salauds-là !"
Parce qu'on voudrait nous faire croire qu'on devrait faire de cette épreuve un modèle de vertu ?


Vendredi 20 juillet - "Hey Bulldog"
Est-ce dû à la durée des débats, qui donnent l'impression de trainer vraiment en longueur, ou à l'absence des coups de théâtre et des renversements de situation qu'on nous avait promis mais je commence, et je ne suis apparemment pas le seul, à me lasser sérieusement de cette foire commerciale de Juillet.
Au point même que la rediffusion pour la énième fois d'un épisode de "Maigret" sur une chaîne partenaire de ces festivités me procure un suspense plus captivant que ce documentaire sur les magnifiques paysages de notre belle France ! Il faut dire que les dialogues (et surtout les silences) de Georges Simenon n'ont rien à envier à la logorrhée erratique d'un bonimenteur mégalomane qui n'intéresse que par le nombre de bêtises et d'erreurs qu'il profère à la minute ! Mais, si l'on en croit les historiens, cela pourrait lui valoir un poste de narrateur des animations 3D du château de Versailles.
Ensuite j'ai aussi beaucoup apprécié le documentaire "Des ombres au Paradis" sur la chaîne Histoire, même s'il concernait des personnalités légendaires dont les consultants d'Eurosport ne connaissaient pas le palmarès !
A la suite de cette sieste culturelle j'ai repris ma place dans la tribune pour "Les Cinq Dernières Minutes"... Et je n'avais certainement strictement rien raté puisque j'ai tout de suite trouvé le coupable ! Une minute en jaune pour "Baby you can drive my car" avant qu'un gros chien fou ne traverse la route et le peloton à une vitesse supersonique... En regardant la liste des chiens du programme spatial soviétique il ne fut pas compliqué de voir qu'il s'agissait de Zvezdotchka, désigné pour être le passager de la dernière simulation de vol avant celui de Gagarine !


Jeudi 19 juillet - "Yellow Submarine"
Jusqu'où allons-nous nous laisser abuser par les acteurs de ce pseudo drame en vingt actes ?
J'avais lu que l'étape d'aujourd'hui était celle qui serait décisive avant le verdict annoncé pour samedi. On nous promettait une série de coups de théâtre... Les parties civiles annonçaient qu'elles allaient produire un spectacle qui révolutionnerait la stratégie de la défense, etc...
Etaient-elles sincères ? Sans doute s'agissait-il plutôt d'excellents acteurs de la Commedia dell'arte parfaitement au fait de leurs rôles au terme d'une dizaine d'années de tournées et de répétitions aux quatre coins de la planète !
Car ce sont bien ces mêmes vieux numéros de music-hall, qu'ils n'ont même pas pris la peine d'actualiser, qu'ils nous ont présenté à longueur de journée :
- les "Liqui gars", en vert et contre eux-mêmes, nous ont resservi le numéro présenté sur les routes d'Italie il y a un mois : je roule, je roule, je roule encore... jusqu'à ce que mon leader s'écarte pour laisser les adversaires se jouer la victoire !
- les Shakers "aux petits pois" se sont agités shakun leur tour dans des numéros de loosers illettrés (il fallait bien l'être pour confondre le D de solidaire avec le T de solitaire !)
- Coq en pois s'est dressé sur ses ergots dès les premiers rayons, aux cris de "Kessia Koff !", pour rester toutes la journée à ces Basques dans les Pyrénées avant de crier "A boire !" et de goûter un repos bien mérité.
- Chris Sørensen s'est Anker montré le meilleur représentant du cyclomodélisme, roulant sans discontinuer à la même allure du départ à l'arrivée, négligeant obstacles et accidents !
- Les petits Français ont éblouis les bonimenteurs en espoirs pour les années à venir... Ils ont même "faillis" doubler la mise !
Mais tous ceux que ces rodomontades ont abusé n'ont eut, au final, que ce qu'ils méritaient : une demi-journée de perdue alors que la température plus fraiche incitait à aller faire du vélo !
Et, en fin de compte, il eut mieux valu faire fi de ces Matamore et de ces Scaramouche quand on a vu sortir de la boite du Père à Gude l'Arlequin et le Polichinelle !
C'est en tout cas ce que nous apprend l'histoire de la Commedia dell'arte :
- Arlequin : "à l'origine rustre, naïf et balourd, le personnage est devenu plus rusé, vif, cynique, immoral. Optimiste, il trouve toujours une solution à tout. Paresseux, gourmand et coureur, il sait aussi être gentil et fidèle. Il s'apparente aussi au chien par sa fidélité et son obéissance, au singe par son agilité et au chat par son autonomie et indépendance." (Paularbear)
- Polichinelle : "Pulcinella, qui signifie "petit poussin", piaille pour attirer l'attention. On raconte que le diable l'aurait pris par le dos puis l'aurait laissé tomber, d'où sa fameuse bosse. Cette dernière rend son apparence horrible, mais aussi son ventre proéminent, son nez crochu en bec de rapace et ses sabots. D'apparence sympathique, il peut se montrer très cruel et se transformer en tueur à gages. Il est toujours armé. On se méfie toujours de lui. De plus, il est un véritable caméléon. Autant il peut jouer le stupide, autant il peut s'incarner en maître, en magistrat, en poète ou encore en savant." (Paularbear)
Enfin : plus que trois journées !
"Sky of blue and sea of green...We all live in our Yellow Submarine, Yellow Submarine, Yellow Submarine... etc."


Mercredi 18 juillet - "Punk is not dead !"
Ce matin j'aurais dû me réveiller d'une humeur guillerette. Car, enfin, elle était là cette fameuse journée "magique" des Pyrénées dont les représentants en lingerie nous abreuvaient ASO (ou dont les représentants d'assauts nous abreuvaient de singeries ?). On allait donc voir une véritable étape de légende sur un parcours mythique !
Evidemment, à force d'en parler, ils n'avaient pas pu attendre le lever du soleil et le sot on l'a vu la veille ! Me voilà donc, comme la cigale, fort dépourvu au moment de sélectionner l'hymne emblématique de la journée.
Pas de Pau : je connais le parcours par cœur (pas autant, semble-t-il, que le Français volant qui affirme en reconnaitre chaque mètre et en avoir bien bénéficié) et je comprends tout de suite qu'il y a quelque chose qui cloche dans la distribution des rôles. Nous sommes très loin d'être en route pour un voyage de rêve vers Rishikesh afin de bénéficier des enseignements d'un Maharishi ! Ca ressemble plutôt à "n'importe quoi dans la Pampa" !
A croire que ce sont les Ramones, initiateurs du mouvement punk, qui ont décidé du programme du jour : le quart des troupes s'en va au coup de starter en éclaireur faire le Tour des Pyrénées tandis que le reste des participants achève son jogging de la veille !
Bref : à la lecture des journaux on aurait pu le prévoir mais, aujourd'hui, c'est "All you need is love" vs "Sex, drug and Rock'n roll" ! Dans ces conditions, retiré dans les Grottes de Méditation, j'ai vraiment trouvé le bonheur à la contemplation des paysages. Pour ce qui concerne l'état d'avancement du procès programmé de ce 99ème tour de Passe-Pax il semble que le Cadel de la famille ait perdu son pari et qu'à trois jours du verdict, ce soit bien la Marseillaise qui continue à passer en boucle dès que la route monte confirmant les notes entendues dans l'intro de l'hymne célébrant la naissance de la Mondovision.
Alors : mes biens chers frères, mes biens chères sœurs, reprenons tous en cœur : "Love ! Love ! Love !"


Mardi 17 juillet - "Moi, mon truc, c'est le vélo" (Fernand Reynaud)
Cet après-midi le temps était magnifique... Une vraie journée de Tour de France ! Alors je me suis décidé pour une fois à aller regarder le reportage télé de l'étape et je suis tombé sur Eurosport diffusant les 20 derniers kilomètres de la montée vers La Toussuire.
Belle étape vraiment... Un parfum des reportages épiques des années 70 avec la couleur en plus !
Il se trouve que jeudi j'avais dû quitter mon canapé à dix kilomètres de l'arrivée et que j'avais suivi la fin d'étape sur mon autoradio... Du coup je n'avais pas compris d'où sortaient les prémices de chamailleries entre les siamois Lennon et McCartney. Il est sûr que Brad le bassiste est un orfèvre dans la précision et la rigueur de son jeu alors que Chris le braillard est beaucoup plus imprévisible et surprenant... C'est surtout la répartition chaotique de son indomptable énergie qui m'a frappé dans cette passe d'armes.
On le voit tout d'abord "en réserve de la République" dans la roue de Richie, le petit batteur, après que Michael en eut finit avec son solo... Puis, quand l'Azzura Liqui-gars, s'en va faire son marché aux poissons et que la Porte se ferme il empoigne fièrement le micro et se projette sur le devant de la scène... Mais il ne semble pas convainquant du tout et, assez vite, retombe dans une rythmique classique en fond de cale laissant Brad affirmer sans contestation son leadership... Et là, incompréhensiblement, il y a soudain des vagues et des creux chez les gars d'Outre mer du Nord. Lennon remonte prendre la pause au premier plan devant l'objectif, McCartney semble laisser faire mais l'autre pousse le potentiomètre et embraye sur le tempo infernal de "Revolution" qui se passe du bassiste ! Panique sur les plages avec l'un qui hurle "Happiness is a warm gun" et l'autre qui souffle "From me to you"... Heureusement que le téléphone fonctionne mais, le soir, quand John affirme qu'il s'agissait d'un simple malentendu sur le programme à suivre, pas sûr que Paul ait cette fois apprécié l'humour britannique ! Et, comme dans le sketch de Fernand Reynaud, j'imagine bien la réponse de Chris dans l'oreillette de Sean Yates : "Allo, tonton ? Pourquoi ta tousse, Suire ?"


Lundi 16 juillet - "T'oublier, t'oublier..." (Lily Drop)
J'avais encore beaucoup de choses à faire aujourd'hui et cela tombait plutôt bien puisque les participants au marathon de juillet soldent actuellement leurs RTT... Et lorsque j'ai enfin trouvé un moment pour enfourcher le tansad de mon canapé ce fut pour constater que les programmes proposés ne présentaient strictement aucun intérêt ! Mieux valait consacrer son temps à autre chose.
Une nouvelle journée à oublier donc... Sauf pour les accros de l'élastique qui l'ont vu casser aujourd'hui ! Dans une étape sans bagarre et sans enjeu ils ne sont pas moins de six à avoir fait le grand saut ! Comme quoi les risques sont toujours importants de finir étouffé dans ces rassemblements de foule en délire...
Demain, au moment de boucler leurs valises alors que leurs camarades feront la sieste dans la tente de l'indigestion prévue au menu du Gave, mercredi et jeudi, ce n'est pas "I'm so tired" qu'ils soupireront mais plutôt le gimmick d'Olive, le chanteur de Lily Drop, : "T'oublier... T'oublier..." !


Dimanche 15 juillet - "Ob-La-Di, Ob-La-Da..."
Eh oui, la vie continue !
En jetant un œil sur le programme de la journée, hier au soir, je m'étais dit qu'il y avait là moyen de trouver un nouveau terrain pour une bataille de fin d'après-midi. Bien sûr je trouvais que l'idée de greffer au bas de la dernière descente une boucle de vingt kilomètres de plat de façon à décourager les chamois d'envahir Foix et les favoris de plomber le suspense programmé pour la dernière semaine de course devait être le fruit d'un retraité des sprints d'hexagone mais, par les temps qui courent, on a déjà vu nos écureuils d'été faire fi de bien d'autres prévisions Assoesques !
Bien mauvaise analyse !
Tout d'abord, avec les feux d'artifices et les bals du 14 juillet, le peloton n'avait pas suffisamment dormi pour reprendre la route d'ASO ! Et, en allumant ma télé, j'ai tout de suite compris qu'il s'agissait de la journée repos du 15 juillet et que je ferais mieux d'aller cueillir mes tomates au jardin...
Un clafouti plus tard je suis allé voir ce qu'auraient pu permettre les pentes, présentées comme assassines, du Mur de Péguère... et la fonction des trente kilomètres plats de la boucle finale m'est apparue lumineuse d'intelligence et d'anticipation.
Bien plus développé que ce qu'autorisent les capacités de mon cerveau de spectateur lambda, les organisateurs avaient évidemment anticipés les risques que des tapissiers négligents laissent des clous au pied du mur et ils avaient aménagé cette longue boucle de dégagement et de nettoyage de façon à ce que le peloton des favoris ait le temps de remettre de l'ordre dans sa composition et sa présentation à l'heure des Comtes, au pied du château.
Car, en fin d'après-midi ce dimanche, les coureurs arrivés en haut du mur nous ont offert un numéro exceptionnel de "La Piste aux Etoiles" ! Avec, en vedette, les clowns "B aime C", originaux au possible avec leurs comiques de répétition : maladresses des mécaniciens, glissades dans le fossé, courses poursuites, nouveaux arrêts, nouvelles maladresses, etc... Un feu d'artifice de gags inédits ! En deuxième partie, Europcar présentait un Sot périlleux qui nous changeait des délires du Shea Stadium quotidien. Il y avait bien longtemps que nous n'avions pas vécu une telle atmosphère de folie autour de la scène !
Et, cerise sur le gâteau, voilà qu'après seulement cinq tentatives, Luis Leon touche enfin le Gros Lot !
Je l'imagine déjà, demain matin, quand il va arriver sur la ligne de départ sur sa moto, en sky et maillot jaune, pour adresser un tonitruant "Au revoir président" à Christian Prudhomme !
Je ne serais d'ailleurs pas surpris qu'il finisse par aller se rouler dans l'herbe une de ces prochaines journées en montagne : il l'a amplement gagné !




Samedi 14 juillet - "I'm looking through you"
Etape de transition ? Sans doute pas mais, désormais, il est bien difficile pour un passionné des débats de ne pas sommeiller sur ce type de parcours qui se trouve coincé entre la bataille des Cibels et celle du Père Agude dans les Pyrénées (por les Balèzes !)...
Pourtant les quarante derniers kilomètres restants après la sieste étaient plutôt prometteurs. Un terrain découvert pour bordures de mer, une montée sèche pour les cinq clairs et quinze kilomètres pour s'éventer...
D'autant que, comme les jours précédents, les forçats de la route avaient encore un excédent de forces à dépenser. Bien sûr, certains semblent vraiment au bout du rouleau, et on peu se demander s'ils ne vont pas finir à Foix par la perdre. Mais d'autres semblent toujours décidés à rendre leurs âmes au diable (plutôt que de vendre les armes à Dieu !) sur le bord de la route comme l'Evans Cadel à qui on avait surfait une réputation d'attentiste et de suiveur alors qu'il semble cette année décidé à s'affronter au Minotaure dans les moindres recoins du labyrinthe jusqu'à trouver un fil d'Ariane!
Résultats : s'il y a bien encore eut quelques fans pour tenter de changer de disques ce sont encore les mêmes titres dédicacés qui firent les succès du jour :
- "You know my name ?" pour Vino
- "Don't pass me by" pour Luis Leon
Et Dédé (finalement pas "so mûr") égalisa à trois Sète partout devant Sa grand Hollywood boulevard aujourd'hui pas suffisamment Show !
"What else ?"
Peut-être que nos galopins, en ce 14 juillet tricolore, ont laissé entrevoir qu'ils continuent à filer des cotons pas faciles... Mais si Tony Shake a fini par jeter l'éponge au terme de quatre journées yoyo, (Roger) Pierre et (Jean-Marc) Thibaut sont restés accrochés à l'élastique sans faire le grand saut !
Si nous sommes bien entrés dans un quinquennat normal, nous devrions pourtant, à partir de demain, pouvoir distinguer les gros grains délivrés...
Ceci dit il n'est pas inutile de rappeler aux jeunes générations qu'un tel projet en 1967 fut le premier à ne pas se transformer en or !


Vendredi 13 juillet - Blanches colombes et chats noirs : la ménagerie du Tour
Quand la journée est longue comme aujourd'hui elle peut permettre de varier les plaisirs et les occupations : de se passionner durant les deux premières heures pour la persévération de certains à poursuivre la bataille engagée la veille (évidemment puisque c'était le début, ça ne pouvait qu'inciter les anciens à "continuer le combat !") puis, l'heure du déjeuner passée, donner l'occasion de s'intéresser aux mauvais sorts qui semblaient s'acharner sur certains alors que d'autres montraient désormais pattes blanches !
Dans un premier temps j'ai donc été agréablement surpris de voir les survivants recommencer à s'étriper sur les pentes du Grand Cucheron... On se serait cru dans l'étape de la veille alors que tous les commentateurs nous promettaient une échappée précoce et une procession en vue du sprint final !
Une fois que la bataille a eut basculé dans la vallée du Grésivaudan, j'ai commencé à m'étonner des reconnaissances lacunaires de la géographie du parcours par une grande partie des bavards d'antennes... Il se trouve que je connais très bien cette région et, de plus, que je l'ai pas mal sillonné sur une bicyclette... Eh bien, il faut vraiment ne jamais avoir jeté un coup d'œil sur les cartes du coin pour ne pas savoir que trois routes principales montent au col du Granier. La première, tranquille et régulière, vient de Chambéry, une petite ascension de troisième catégorie qui a été surtout empruntée pour descendre en fin de parcours de la trilogie de la Chartreuse quand on la fait dans le sens Grenoble-Chambéry-Aix les Bains. Une deuxième, classique, en venant du col du Cucheron en enchainement de la trilogie mythique, sévère et dure, de plus avec l'accumulation des efforts (celle par laquelle les coureurs descendaient aujourd'hui). Et une troisième, la plus raide et beaucoup plus difficile, par Chapareillan... empruntée par l'étape du jour. Mais apparemment personne n'y avait prêté attention puisque tous les présentateurs parlaient de l'ascension du Granier comme d'une ascension faite au cours de la trilogie de la Chartreuse... et tous de s'étonner de trouver des pentes aussi difficiles, apparemment totalement surprenantes et inattendues !
Dans le contexte de la bataille qui continuait à faire rage pour décider de qui aurait gagné son bon de sortie je n'ai pas été étonné de retrouver les seuls favoris regroupés dans la première minute au sommet après quatre-vingt kilomètres de course ! Et ce n'est qu'ensuite que les cinq persévérants purent enfin prendre le large !
Et, durant ce premier répit depuis trois jours, il m'a enfin été possible de recenser les gagnants du deuxième tirage du bingo.
Tout d'abord les Néerlandais, héros si fréquents de ces parages que l'on en était venu à surnommer l'Alpes d'Huez "la montagne des Hollandais". Eh bien, cette année, les Alpes ont plutôt été "le cimetière des Hollandais" : trois défections sans gloire côté Rabobank, dont leurs leaders, s'ajoutant aux deux précoces... Quand aux restants ils sont à l'agonie ! Trois aussi pour les Vacansoleil, tout aussi inexistants !
S'ajoutent à ces gagnants du week-end les gagnants au grattage du tirage précédent : Sanchez, Verdugo, Tony Martin et Lloyd...
Ajoutez-y les victimes des chats noirs : Di Gregorio, héros de Tex Avery qui a vu un "pas que beau" lui tomber du ciel sur la tête et Petacchi qui a entrainé Krivtsov dans sa chute !
Reste le héros de ce vendredi 13 qui a réussi l'exploit de cumuler tous les mauvais sorts sur son parcours : David Moncoutié qui, après être passé sous une échelle, s'est offert le plus beau grattage de la semaine ! Lui, par contre, risque bien de renoncer définitivement à approcher les moutons noirs de ce si beau peloton...
Car parmi toutes ses blanches colombes qui passent en boucle le soir sur les radios, l'histoire nous a appris qu'il pouvait aussi se trouver quelques quadrupèdes variés en capes de laine bouclée très claire. Mais, tant qu'il n'y a pas mort d'hommes, il ne s'agit, malheureusement, que du casting habituel des loteries sportives de haut niveau !


Jeudi 12 juillet - "And Your Bird Can Sing" (Revolver)
Quel plaisir de retrouver le Tour en France ! A suivre cette étape devant ma télé j'étais comme autrefois devant ma radio... J'adore le cyclisme quand il touche à cette dimension épique... Evidemment il y aura toujours des grincheux pour dire que "ci" ou que "ça", etc... Mais on les connait : ce sont les mêmes qui crachaient sur Bobet parce qu'il était une "pleureuse", sur Anquetil parce qu'il cadenassait la course en fonction des étapes contre la montre, sur Merckx parce qu'il ne laissait rien à ses adversaires, etc...
Je suis suffisamment critique vis-à-vis des tracés de certaines étapes pour reconnaitre que celui d'aujourd'hui offrait un condensé de suspense possible. Mais il est tout à fait vrai que "les organisateurs proposent, les coureurs disposent". Et, pour une fois, ils en ont vraiment bien disposés !
Le col du Glandon placé après la Madeleine et avant une arrivée en altitude (que ce soit l'Alpes d'Huez ou La Toussuire) est le terrain le plus adapté à un essorage complet du peloton. Je garde le souvenir tenace de l'ascension de 1988 (au train, svp, par Omar Hernandez le coéquipier de Delgado) qui avait éparpillé, un par un tous les outsiders du peloton groupé au pied pour ne laisser qu'une dizaine de coureurs dans les cordes au sommet, le reste s'égrenant sur le quart d'heure qui suivait ! Exactement le scénario reproduit par un Christophe Kern aujourd'hui, à l'inverse de ce qui s'était passé depuis !
Pour ce qui est de la Toussuire mes souvenirs étaient plus mitigés : en 2006 cette ascension "roulante" placée en finale avait montré qu'elle était susceptible d'offrir un terrain à tous les rebondissements, même les plus inimaginables ! Mais la question était de savoir, une nouvelle fois, si nous aurions une montée de l'an neuf ou de Landis ! Et bien ce fut la totale !
Une étape qui restera comme un vrai 14 juillet avant l'heure car pour la première fois, depuis des années (des dizaines d'années !!!), les favoris se sont livrés sans réserve et avec panache. Alors, une mention très spéciale pour Cadel Evans, le premier champion du vingt et unième siècle qui ait tenté, conformément à un choix vraiment stratégique, de renverser la décision, quitte à tout perdre ! Idem pour Vicenzo Nibali qui n'a pas hésité à remettre le couvert dans la montée finale.
En marge (mais en d'aussi belles ../images !) comment ne pas été séduit par la détermination et le panache des Verts (sans peur et sans reproches), par la témérité (voire l'inconscience ?) d'un Thibaut Pinot qui n'hésite pas, sans doute en raison de son jeune âge, à prendre tous les risques "pour voir" ce que de telles attitudes produisent !
Alors quand les coureurs nous offrent une telle débauche d'énergie et de détermination sans faille nous ne pouvons que les admirer et être reconnaissant envers tous les protagonistes de cette fabuleuse bataille... que les fonctionnaires nains des bureaux de la comptabilité qualifierons sentencieusement de gratuite et d'inutile puisqu'au bout du compte "This Bird Has Flown (Norwegian Wood)" !


Mercredi 11 juillet - 10ième journée : Le moule à sots
Quand on aime un sport, et les champions qui le pratiquent, on espère toujours trouver parmi eux des personnages emblématiques et admirables. Pourtant, malgré l'estime et le respect qu'on leurs porte, il arrive que l'on soit mis en difficulté ou déçu par l'image qu'ils montrent. Les caricaturistes d'autrefois et les humoristes d'aujourd'hui ne sont d'ailleurs pas en reste pour mettre en exergue les travers, l'inculture ou les maladresses de certains et il est vrai qu'on en vient parfois à se demander s'il ne serait pas possible de travailler parallèlement à la musculation et à l'endurance pour avoir un peu plus de sens de l'analyse, de réflexion et de stratégie... Mais il faut croire que les entraineurs et les directeurs, souvent anciens sportifs eux-mêmes, n'imaginent pas cet aspect améliorable puisqu'ils considèrent que c'est du seul registre de leurs compétences !
Il y a donc des journées comme aujourd'hui où le déroulement de l'action amène à faire un tri sélectif dans les performances dans la mesure où un scénario assez similaire à celui qui avait donné lieu à des empoignades homériques il y a trois jours a accouché de deux tableaux antinomiques !
En premier rideau, nous avons assisté à une performance remarquable du Clan des Guerriers Indomptables : des outsiders déjà mis à terre à plusieurs reprises depuis le départ, voire aux portes de l'abandon, mais jamais découragés, renaissant de leurs cendres avec de nouvelles vigueurs pour repartir au combat quand ils se sont sentis humiliés. C'est dans cette catégorie que tirent les quatre Vaillants du jour :
- Thomas Voeckler : grimaçant, excessif dans son jeu et ses paroles, raillé par les médiocres et les jaloux pour une première semaine chaotique mais qui ne laissera pas passer une opportunité de victoire quel que soit le niveau de souffrance nécessaire !
- Luis Leon Sanchez : à terre dès le premier jour, un poignet dans une attelle, incapable de suivre le peloton à la moindre accélération, dans la moindre bosse, mais qui ne cesse, depuis qu'on l'a libéré de cette gangue, de se projeter à l'avant et à l'attaque, jour après jour, sans doute jusqu'à ce qu'il ait épuisé son capital d'énergie !
- Jens Voigt : quarante ans, quinze années passées à rouler sans compter au quatre coins de la planète et jamais rassasié !
- Michele Scarponi : programmé uniquement pour briller sur un Giro qu'il a raté, il ne permettra pas de dire qu'il est venu ensuite sur le Tour pour faire de la figuration anonyme !
- Et Dries Devenyns, un Belge soit disant transparent qui montre ses couleurs jusqu'à défaillir !
Derrière ces gaillards, par contre, le rideau ne s'est jamais levé pour la mise en jeu du Bal des Vedettes : scotchés aux scénarios des "Soap Opera" des années 90, la troupe a égrenée son chapelet à lâchés sur les pentes de batailles à 10% avant de se déhancher dans un mouchoir de poche... "Il reste encore des étapes dures pour faire des écarts...". Nous connaissons tous le refrain qui va avec ces couplets répétitifs pour des parcours moulés à la louche par des spécialistes de la vente d'événements sportifs par correspondance...
Et comme il faut bien attribuer un trophée au terme d'un tel non événement, la mention spéciale du jury pour le meilleur spectacle burlesque de la journée sera attribué aux missions ("à l'émission" n'est pas français ?) des Radio Shakes (vanille, framboise, fraise, etc...) qui, ayant confondu Gagarine avec Armstrong, se sont mis à rouler de concert comme des malades (mentaux ?) pour rattraper un fuyard qui menaçait leurs sixième et septième places, reposant leurs "adversaires" et réduisant d'une minute l'avance de leur coéquipier échappé et donc d'autant celle de leur avantage au classement par équipe !
Il y a des jours, comme ça, où on a du mal à trouver des candidats à une catégorie de champions qui feraient "aussi" preuve d'intelligence... Mais peut-être qu'une équipe de shakers sélectionne ses membres au bruit que font les petits pois quand ils agitent la tête !


Mardi 10 juillet - Repos
Enfin une journée occupée à se ressourcer et à reprendre des forces dans la perspective des joutes à venir...
Normalement il n'y aurait pas dû y avoir de mauvais tours aujourd'hui : les organisateurs avaient programmé un repos pour tout le monde compte-tenu de l'état apparent de fatigue mais pour une grande partie du peloton ça s'écrivait plutôt "re-peaux" étant donné l'état d'abrasion cutanée dont parlent les communiqués médicaux. Certains malades en ont évidemment profité pour laisser perdurer leur confusion entre repas et repos, persuadés que les deux se pratiquent de dix heures du matin à cinq heures de l'après-midi sur home-trainer avec un bidon d'eau claire dans la musette !
Et pendant ce temps là, leurs concurrents sur le Tour de Pologne, profitant de l'absence de contrôles usent et abusent de substances illicites et dopantes... Mais qu'attend donc l'UCI pour sévir ?




Lundi 9 juillet - "Back to the USSR"
Aujourd'hui, à l'occasion de cette neuvième journée des Francofolies mon attention a été retenue, par delà la performance attendue des Fab Four, par un autre groupe à la mode qui s'était trouvé éclipsé depuis le début de l'année par la réussite spatiale soviétique des Beatles dont ils assurent d'ailleurs désormais la première partie. Il s'agit des ex-cosmonautes américains de la RadioShack, victimes, depuis le début de la saison, d'échecs retentissants à répétition lors de leurs précédents lancements.
Car si la comparaison avec leurs homologues de la "Blue Sky & Red Star Line" n'a jusqu'à présent vraiment pas tourné à leur avantage il se pourrait bien, si un iceberg venait à croiser dans les parages, qu'ils se transforment soudain en héros du Carpathia pour sauver ce qui resterait d'un naufrage !
En effet pas moins de six des neufs membres du groupe sont entrés dans les dix-huit meilleures prestations de la journée ! Une performance incroyablement supérieure à celle de tous les autres groupes présents sur scène (seuls les adeptes de l'Omega-Pharma parvenant à en placer trois là où les meilleurs rock & roll band, se contentaient, au mieux, d'une paire !).
Comment expliquer une telle résurrection d'un groupe inexistant et proche de la dissolution une semaine plus tôt ?
Si l'on en croit les magazines spécialisés ("Best" et "Rock & Folk" réunis) le syndrome "Cream", découvert dans les années soixante-dix, serait à l'origine d'une telle performance.
Ayant définitivement renoncés à former un vrai supergroupe après l'échec de leur dernier single "Born Under a Bad Sign" (d'Albert King), les solistes géniaux se seraient enfin décidés à se lancer dans des jam sessions endiablées. Hier, ils se sont ainsi retrouvés, pour la première fois de l'année, à cinq dans les quinze premiers et aujourd'hui, fort de la réussite de la veille, ils ont encore fait mieux !
La course à la Lune serait-elle relancée quand on sait que la Sky Line a fait, jusqu'à présent, jeu égal grâce à son équipage magique de Vostok 1 (héros de la première marche dans l'espace !) ?
Peut-être aurons-nous une surprise lors des prochains tirs prévus mercredi sur la face ouest du Grand Colombier et jeudi sur les mythiques faces nord de la Madeleine et de la Croix de Fer !
"Wait and see" comme ils disent en langage universel.


Dimanche 8 juillet - La diffusion du Tour en accès géographiquement restreint ?
Comme je l'expliquais hier j'avais beaucoup de mal depuis quelques jours à retrouver la diffusion d'une épreuve sportive que j'adorais quand j'étais petit et qui s'appelait "Le Tour de France" (à moins que l'interlude s'apparentant à "la Chasse au Trésors" qui est diffusé l'après-midi sur la 2 soit une illustration actualisée du livre de lecture "Le tour de la France par deux enfants" qui était un best-seller de l'époque aussi !).
Pourtant j'avais bien réussi à prendre place dans la longue file des suiveurs estivaux à la fin de la semaine dernière et je ne comprenais pas pourquoi j'avais été dévié vers des interludes peu captivants... Aujourd'hui, alors que le programme de ma carte de référence du parcours indiquait que cet ancien monument de légende devait passer par la Suisse, j'ai, à nouveau, capté sur mon écran des ../images d'un feuilleton qui m'a tenu scotché sur mon canapé durant les quatre sets de Wimbledon et les 52 tours du Grand Prix de Grande-Bretagne. Et j'ai enfin compris la cause de mes frustrations de la semaine : le Tour de France ne se déroule, pour les passionnés, qu'en dehors des frontières de l'hexagone : la semaine dernière quand les coureurs étaient Belgique et aujourd'hui parce qu'ils arrivaient en Suisse ! Les autres jours, inutile de chercher sur vos écrans un développement au scénario que vous aviez imaginé sur la base des débats de la veille aux horaires indiqués : la diffusion est géographiquement restreinte pour les téléspectateurs du pays traversé.
Le but de ces restrictions est, bien entendu, de vous inciter à aller faire le clown aux cotés des motos de la télévision dans un accoutrement qui doit, au minimum, évoquer la débilité mentale voire l'attentat à la pudeur !
On ne s'étonnera pas d'ailleurs, de ce fait, de constater la prolifération sur le bord des routes des agressions et des collisions entre candidats à la téléréalité et sportifs. Les premiers n'hésitent pas à utiliser toutes les recettes imaginables pour passer à la télévision : traverser tranquillement devant les coureurs en ne s'occupant que du caméraman qui filme depuis la moto et va saisir votre image à revoir ce soir sur la diffusion en différé de l'étape, s'avancer sur la route pour prendre une photo en gros plan du coureur qui emmène le peloton à vive allure, tendre le cou ou le bras derrière votre voisin pour faire un signe et repérer le coureur qui passe à ce moment là, etc. Des comportements sympathiques de spectateurs gracieusement invités à assister à une émission en public qui, malheureusement, sont gâchés par les réactions d'évitement de ces malappris colorés qui bousculent les civils avant de s'empiler et de s'écraser sur le bitume au risque de blesser un enfant !
En tout cas, aujourd'hui, je n'ai pas eut le temps de m'intéresser à ces pénibles à côté de la course tellement celle-ci à été captivante ! Digne d'un raid des véhicules Citroën il y a un siècle ! Une journée de cette nouvelle croisière jaune qui mériterait bien de prendre place dans un de ces numéros spéciaux Tour de France de Miroir-Sprint ou de But & Club qui paraissaient trois fois par semaine (en bistre le mardi et vert le vendredi) pour nous raconter par le détail et illustrer d'../images le déroulement de la course !
On y verrait Voigt sorti seul dès le départ pour essayer de constituer l'échappé du jour, le volumineux groupe de tête constitué après de multiples tentatives sans parvenir à prendre ses distances d'avec le peloton, Verdugo rapidement lâché et qui va abandonner, Samuel Sanchez, durement touché par une chute, qui monte dans l'ambulance, Valverde une nouvelle fois touché mais qui va finir par réintégrer le peloton, Jérémie Roy et Kessiakoff isolés à l'avant dans la côte de Saignelégier, Pinot et Gallopin en chasse derrière le Suédois parti seul. Enfin Thibaut Pinot sur le point de faire la jonction avec l'Astana à un kilomètre du sommet du col de la Croix et son énergie dans les derniers kilomètres pour ne pas être rejoint par le groupe des favoris dont on verrait Cadel Evans régler le sprint devant Gallopin !
Une véritable étape du Tour de France pour laquelle il faut absolument trouver le classement complet pour savoir à combien ont fini chacun des coureurs que l'on voyait décrocher progressivement par grappes du groupe principal et qui se retrouvaient, ensuite, éparpillés le long de la route !
Vivement la suite ! Ah non : demain ils retournent en France pour un défilé avancé du 14 juillet !


Samedi 7 juillet - Jura : "Ma cabane au Canada" !
J'imagine que ce genre d'exclamation n'est pourtant pas venu à la bouche de Ryder Hesjedal la nuit dernière...
Ce n'est qu'au réveil que j'ai pris connaissance de l'épluchage massif qu'avait subit le peloton dans la soirée et dans la nuit... Treize abandons en une seule journée : huit non partants et Delaplace rapidement forcé de céder la sienne... J'espère qu'il n'y aura pas de second tirage dans les quinze jours qui viennent ! Vu mon âge ("Vieux et con à la fois" chantait Jacques Brel) j'ai du mal à me faire aux nouveautés... J'appréciais les premières journées pour leurs nostalgiques parfums d'aventures et d'irrationnel. Je n'avais donc pas goûté cette innovation amplifiant le poids des photos car je me doutais bien qu'on aurait ensuite droit au choc des mots. Ca n'a pas tardé ! Hier c'était le Vietnam et Verdun en Lorraine et, aujourd'hui, sur le podium, pas plus d'Horner que de bal des musettes : c'est "Lucy in the Sky with Diamonds" qui est monté en boucle sur la planche cet après-midi et, sans doute, les belles filles ce soir... Avec l'air de la calomnie en stéréo sur le deuxième canal !
Je me suis donc retrouvé au bout d'un moment perdu dans la Pampa avec mon sonotone déréglé qui captait les communications radio de la séance de qualification du Grand Prix de Grande-Bretagne de Formule 1 et mon écran qui affichait un remake de "Firefox". J'ai eu beau tapoter mes boitiers de télécommandes, impossible de retrouver le canal qui diffusait "La fabuleuse histoire du Tour de France". J'ai fini par me rabattre sur la chaîne musicale et l'interview du sympathique Brad Gallagher (qu'on va finir par confondre avec John Lennon avec ses rouflaquettes) qui nous parlait de son enfance où, pendant qu'il faisait du vélo d'appartement, il regardait Miguel Indurain préparer son record de l'heure sur les pentes de La Plagne, et ne s'imaginait pas être capable, un jour, d'en faire autant.
C'est fait !
Il n'est donc plus très difficile de prévoir quel sera le programme du reste du récital : de "Help" à "Hello Goodbye" en passant par "Come Together" et "Yellow Submarine", nous devrions retrouver tous leurs grands succès durant les treize jours à venir ! Il ne me restera donc qu'à guetter, entre deux succès, ces démonstrations de volonté, de courage et d'héroïsme que ne manqueront pas de semer des Van Summeren ou des Verdugo, loin des flonflons de l'avant scène, dans "les coulisses de l'exploit".


Vendredi 6 juillet - Bingo Strike au Tour de France des Jeux
Décidemment le déroulement de ce 99ème tour de Pax-Pace est propice en surprises et rebondissements divers. Vexés d'entendre tous les commentateurs (sauf les organisateurs et leurs acolytes) répéter qu'ils en avaient marre de ces étapes sans le moindre intérêt dont le déroulement ne méritait aucune attention, incitant plutôt aux siestes digestives, les protagonistes ont décidé de corser le scénario du jour. Exceptionnellement la grosse chute du jour n'aurait pas lieu au panneau des trois derniers kilomètres comme convenu, mais à celui des trente derniers... "Surprise, surprise" : quels allaient être les héros de cet épisode inédit de la guerre des audiences ? La Française des Jeux, bien sûr, qui va désormais pouvoir proposer une nouvelle déclinaison de ses bingos live : le bingo Strike !
Règlement : "Vous choisissez dans la liste des favoris du Tour les noms de ceux qui vont être éliminés au tirage et vous ajoutez, comme liste complémentaire, celle de ceux qui le seront au grattage !"
Une initiative qui a connu un succès dépassant toutes les espérances ! Ce ne sont pas moins de trois des vingt-deux équipes engagées qui ont vu toutes leurs boules sortir dès ce premier tirage ! Garmin-Sharp, tout d'abord, avec Danielson, Hesjedal et Dan Martin (Farrar et Van Summeren en lot complémentaire). Voilà une équipe qui peut, dès demain, envisager de récupérer une planche pour rentrer chez elle. Egale réussite pour Astana-Samruk avec Brajkovic, Kiserlovski et Kessiakoff (Kashechkin et Vino dans le lot) et pour Rabobank : Gesink, Kruijswijk et Mollema(plus Ten Dam et Sanchez...).Un podium la veille totalement inespéré pour ces équipes restées dans l'ombre du Wiggo Sky !
En retrait pour l'instant mais pour un résultat probablement identique nous trouvons aussi la FDJ (Pinot, Fedrigo), Europcar (Rolland, Voeckler) et Lampre (Scarponi, Bole) alors que l'on attendra le grattage pour connaitre le verdict concernant Movistar (Valverde et Cobo), Orica-GreenEdge (Gerrans, Albasini), Vacansoleil (Hoogerland, Westra, Valls) et AG2R (Péraud).
Sans doute la moitié des équipes partantes dorénavant exclues de tous les pronostics ! Franchement les P.P. (Prudhomme, Pescheux) d'ah... & sots pourront demain se targuer d'avoir concocté une vraie première semaine particulièrement sélective... Fini cette interminable attente de la première étape de montagne : 80% des grimpeurs sont déjà sortis du jeu avant même la planche d'appel ! Critiqués hier pour le parcours de cette avant centième édition les organisateurs ont magnifiquement réagit aujourd'hui !
Jean-François Pescheux avait d'ailleurs averti : "En voilà une qui a fait couler beaucoup d'encre. Etape évidemment inédite, où le Tour n'était jamais venu, mais où il pourrait revenir si la course tient ses promesses. Car il n'y a pas que l'arrivée finale, c'est toute la journée qui s'annonce difficile ! Résultat ? Beaucoup de dégâts à prévoir pour le peloton. Terrible..." Euh... Je me suis trompé de ligne... ça, c'est son analyse de l'étape de demain !
Du coup je vais faire comme lui et insérer une photo de Franck Schleck repartant aujourd'hui après sa chute !


Jeudi 5 juillet - Ah, les vaches !
L'intérêt d'avoir quelques connaissances sur un sujet à traiter, c'est que ça peut vous dispenser d'assister à sa représentation pour en parler.
Je ne me permettrais pas de dire que ce doit être le cas de la majorité des commentateurs sportifs, si l'on s'en réfère à leurs récits et à leurs analyses, mais lorsque je donne un avis argumenté je fais souvent référence à une rubrique que l'on trouvait autrefois, dans le "Canard Enchainé" me semble-t-il, et qui s'intitulait : "J'ai pas lu, j'ai pas vu, mais j'en ai entendu causer...". Et c'est bien ce que je comptais faire cet après-midi puisque les deux étapes détentes avant le week-end étaient longues, plates et sans difficultés... Bref : deux victoires promises au meilleur sprinter du peloton, champion du monde, etc., Mister Caveman !
Du coup j'avais anticipé mon billet du jour sur le thème de "J'irais revoir ma Normandie" à propos des ruminantes qui, désormais, faute de trains suffisamment lents, en sont réduites à regarder passer les coureurs... Des ../images dont la télévision est aussi friande en ces temps de disette sportive.
Personnellement je préférais, à la même heure, regarder les ../images du Monde d'Albert Kahn qui sont quand même nettement plus captivantes qu'un après-midi devant un interlude publicitaire !
J'ai donc pris le peloton en marche au tout dernier moment pour vérifier qu'il n'y avait pas de bugs majeurs dans mon écrit et j'ai été très rassuré. Tout s'était déroulé comme prévu :
- Dans les dix derniers kilomètres il y avait bien eut l'échappé des bidons : ce lancer d'encombrants accessoires suivant des techniques variées mais brevetées pour les JO de Londres (lancer du bidon, 110 m sur bidons, triple-saut à travers bidons, etc.). Une activité essentielle à la compétition cycliste qui permet aux écologistes de salons d'imaginer une pollution majeure de notre belle campagne et aux sportifs en camping-cars de voler aux enfants les objets de leurs rêves et les trésors de leurs souvenirs !
- Programmée, aussi, la chute massive des trois derniers kilomètres : avant ou après la borne de façon à permettre d'ajuster les résultats.
- Et, enfin, la victoire du sprinter.
Tout le monde connait les résultats. Après les trois premiers sprints : une de chute pour Cavendish, une pour Sagan et zéro pour Greipel... Série en cours ! Le seul ennui c'est qu'au moment d'ouvrir mon PC je n'ai pas retrouvé le billet que j'avais préparé ce matin ! Ce n'est pas grave : si je le retrouve ce soir, il me servira demain !


Mercredi 4 juillet - La balade de Moncoucou
Depuis une quinzaine d'années s'il est un coureur qui dégage un parfum pour le moins original dans ce monde formaté des cyclistes de haut niveau c'est bien David Moncoutié.
Les aficionados ne savent plus s'ils doivent s'en amuser ou s'en désoler mais, avec lui, difficile d'émettre un pronostic concernant ses performances tant elles sont imprévisibles ! Quand il a débuté, en 1997, il arrivait avec une réputation de grimpeur qui pourrait briller sur les grandes épreuves par étapes... Des espérances pas vraiment concrétisées durant les toutes premières années : dans certaines arrivées au sommet il paraissait irrésistible, confirmant son talent... avant de retomber dans l'anonymat les jours suivants !
Dans ce contexte il s'est pourtant confectionné un des plus beaux palmarès du peloton français... mais sans jamais convaincre des admirateurs qui rêvaient de le voir accéder à un podium majeur...
Le suivre sur une grande épreuve par étapes c'est la garantie d'une émission en boucle de la saison "Surprise ! Surprise !".
Si on imagine que le maillot à pois du Tour lui reviendrait de droit une année, il semble s'en désintéresser systématiquement... Et, quand on a fait une croix sur sa conquête d'un titre de meilleur grimpeur, le voilà qui se prend subitement pour Richard Virenque sur la Vuelta et ramène le maillot à Madrid quatre années consécutives en y ajoutant un triomphe lors d'une arrivée au sommet à chaque fois !
Sur le Tour, s'il s'en est tenu à deux victoires dans des étapes de transition, il ne passe pas pour autant inaperçu : il est systématiquement sur l'image chaque fois que la caméra filme la queue du peloton (une place réservée qu'il dispute en général à Sandy Casar !).
Depuis le début de cette session je n'y avais pas prêté attention mais hier, alors que la télé s'attardait en permanence sur Tony Martin, Luis Léon Sanchez et Brice Feuillu pour guetter le moment où ils seraient lâchés au terme de leur calvaire (ça aussi c'est un grand classique médiatique que cet acharnement à guetter le moment où le champion est trahi par son physique ou son mental et cède à la même résignation qu'une majorité silencieuse manifeste quotidiennement dans la vie !) j'ai noté qu'il y avait aussi un Cofidis (le dossard 88) qui semblait connaitre les mêmes vicissitudes que les trois condamnés programmés... Un malade ou un blessé dont on ne nous parlait pas... Eh bien, non : c'était tout simplement David Moncoutié dans son numéro favori sur le Tour : le coureur qui ne sait pas frotter !.
Fier de l'avoir repéré je jette un œil aujourd'hui sur la file des piliers de cette course à l'élastique qui passent leur temps à sprinter sur chaque relance jusqu'à recoller au groupe... Pas de dossard 88 ?
Ben non : David avait anticipé ma recherche ! Lui, le grimpeur destiné à quelques manifestations dans des échappées sur des parcours de montagnes russes, avait décidé de s'échapper au kilomètre 0 d'une étape totalement plate de 214 km et, avec deux autres kamikazes les voilà partis pour 200 kilomètres de balade solidaire cinq minutes devant la meute des accompagnateurs avant de se laisser rejoindre...
Alors David : heureux ?


Mardi 3 juillet -Pas de supplice du pal sur la Côte d'Opale
Tout le monde peut le constater chaque jour : ce qui tue le sport ce sont les "Incorruptibles" qui prétendent le moraliser !
Il parait qu'au football on formera bientôt une équipe nationale qui soit un reflet exact d'une image (virtuelle !) des valeurs fondamentales de notre pays : avec des joueurs propres, polis, désintéressés ; un entraineur autoritaire, moral, soumis aux ordres des instances de la fédération, etc.
Eh bien, dans le vélo, c'est la même chose : autrefois il y avait des tricheurs et des injustices mais, grâce aux instances internationales, fédérales, et aux organisateurs, tout cela va finir par disparaitre pour laisser place à un sport propre et exempt de toutes ces incertitudes !
Peut-être qu'un jour on pourra enfin voir des courses en plein air qui soient une parfaite reproduction des simulations mathématiques des jeux sur consoles. Fini la "glorieuse incertitude" du sport : bonjour PCM et merci aux coureurs de bien vouloir respecter le scénario entré en début de saison dans l'ordinateur ! Il n'y a de vrais sports qu'au cinéma ou sur France Télévision !
En tout cas, aujourd'hui, trop occupés par leurs efforts et leurs stratégies, les sportifs en étaient venus à perdre le cours logiquement programmé de l'étape, obligeant les organisateurs à intervenir après l'arrivée pour rétablir l'ordre et la morale !
Tout s'était bien déroulé jusqu'aux derniers deux cents mètres de la montée finale. Bien sûr, de nombreux malchanceux (dont un grand nombre de très fatigués !) avaient été dispersés dans les prairies du boulonnais, mais le petit groupe des principaux favoris, réduit à une soixantaine de coureurs, s'était présenté comme convenu, cent mètres derrière Poulidor, dans le mur du dernier kilomètre.
Et là, au seuil ultime de l'effort, alors que chacun essayait de parvenir jusqu'à la ligne sans lâcher de vue la roue de son partenaire d'apnée, patatras ! Problème de braquets ? De dérailleurs ? De fatigue ? Voilà Marcato qui dévisse en milieu de cordée et s'étale dans une cabriole qui aurait été récompensée dans un programme libre de gym au sol. Evidemment : c'est "Panique à Needle Park" ! Entre ceux qui suivaient et doivent mettre pieds à terre, avant de tenter de se relancer, et ceux qui s'arrachent dans un écart pour perdre le minimum de lenteur ascensionnelle c'est la dispersion assurée de l'essaimage... Résultat : Wiggins, Horner, Taaramae & co terminent 47 secondes après l'Hassen fort d'air, Menchov à 1'18", etc.
Suspense garanti : voilà les cartes rebattues par le destin dans cette première semaine "de tous les risques" !
Aucuns doutes : ce n'est pas juste ! Mais, au fond, pas moins que la fracture de la clavicule de Rojas, du scaphoïde de Tony Martin, de Luis Leon Sanchez, etc.
C'est dans cette pagaille qu'on réalise l'intérêt d'avoir appris à lire avant de monter sur un vélo de compétition. Wiggins a tellement bien épluché le nouveau règlement qu'il sait, lui, que cette année, la règle de l'attribution du temps de ses compagnons de route pris à la hauteur du panneau des trois derniers kilomètres, en cas d'incident, s'applique, AUSSI, en cas d'arrivée en côte... Dans ces conditions, ça sert à quoi que Duchanel se décarcasse ? "J'ai été bloqué, la télé le montre bien" : on annule tout et on remet ça, à la Planche si ça me dit !
En tout cas le Tour n'aura pas été gagné sur un tel coup du sort... Le nouveau Tour de France est un combat chevaleresque, généreusement sponsorisé par des marques qui ne veulent pas voir ternir leurs ../images ! Chacun doit s'arrêter pour dépanner son voisin, prendre des nouvelles de sa santé, l'aider à reprendre place dans le peloton quand il est malade, etc.
C'est Laurent Fignon que j'aurais aimé entendre dans ce contexte : de quel palmarès il pourrait se targuer aujourd'hui, lui qui a perdu un Paris-Tours sur le bris d'un pédalier, un Tour de France pour un guidon de triathlète et un Giro pour un faux enneigement du Stelvio ! Mais, vue sa mentalité, je ne suis même pas sûr qu'il ait un jour apprécié d'être déclaré vainqueur sur tapis vert !
Demain, deuxième victoire de Cavendish ?
"Quatrième étape, cinquième jour de course, mais déjà des écarts. Preuve que le prologue, puis l'arrivée à Seraing, et surtout l'arrivée à Boulogne-sur-Mer, ont bien joué leur rôle", a prédit l'organisateur Jean-François Pescheux !


Lundi 2 juillet - Tournai, manèges !
C'est l'été : il fait beau, il fait chaud, le soleil brille...
Cet après-midi devant la télé, je me prenais à rêver à ces folles journées de vacances... Il faut dire que l'étape du jour portait à ce genre de rêverie. Tout le monde l'annonçait programmée pour le premier sprint massif ! Comment meubler les trois heures qui allaient précéder l'emballage final ?
Il n'y a pas eut besoin de la photo finish : à peine installé dans mon fauteuil le débit enthousiastes des commentateurs d'../images m'a propulsé dans les bras de Morphée.
Et là, j'ai retrouvé les heures merveilleuse de mon enfance. Les trajets qui n'en finissent pas en voiture familiale pour atteindre une prairie qu'on ne connaissait pas au pied d'un col. Le pique-nique dans les herbes qui piquent, les fourmis, les klaxons, le passage intermittent des véhicules de la caravane à grand renforts d'accordéons et de publicités, les chapeaux en papiers, les casquettes, les bonbons, les porte-clés, les échantillons miniatures qui roulaient dans le fossé et après lesquelles nous courrions... Les véhicules des invités de la télé que l'on reconnait au passage... Le temps passe, c'est la fête : une véritable journée de bonheur dans un parc d'attraction en plein air...
Que de souvenirs ! Je revoyais mes parents, mes frères, mes sœurs, des amis qui nous avaient accompagnés... On ne voit pas le temps passer dans ces moments là...
Et puis, tout à coup, tout s'arrête : c'est le silence ! Juste le vrombissement éclair de quelques motos lancées à toute allure sans doute vers l'arrivée... Et une rumeur qui enfle, que l'on peut suivre au son lancinant de l'hélicoptère qui approche : des motos encore, des motards de la police qui avancent très lentement et masquent un essaim coloré qui est déjà là, le bruit assourdissant des roues quand le peloton passe devant vous... Des voitures avec des vélos à profusion sur les galeries, quelques attardés qui sprintent derrière les coffres arrières pour réintégrer leur place (au sein de l'essaim ?)... Et plus rien encore... "C'est fini ? Je n'ai pas vu le maillot jaune !"...
Je ne sais pas qui m'a réveillé : "Oulala ! Ca a bien failli tomber !". Sur l'écran le peloton vu d'hélicoptère se déployait de part et d'autre d'une route très large puis se resserrait au passage d'un rond point... "Ca va faire du bien ce rétrécissement : ça va étirer le paquet... Le sprint est lancé !".
Je n'ai pas eut de mal à les reconnaitre : Greipel emmenait l'élite des sprinters au cent mètres et le bouledogue irisé callé dans sa roue à jailli sur sa droite pour le coiffer sur la ligne ! Ensuite : Goss, un Argos, Petacchi, Haedo, Sagan... Que du beau linge !
Pas de soucis : c'était bien le sprint royal annoncé ! Sans chutes, sans irrégularités : que demander de plus que ces trente secondes de bonheur ?
L'attente avant ce n'est pas de l'ennui : c'est juste le plaisir de sentir monter la tension, l'impatience... Et le vide ensuite, ce n'est pas de la déception : c'est juste la frustration de ne pas pouvoir sans arrêt connaitre cette intensité émotionnelle !
Il va peut-être falloir que je consulte : ce Tour de France me procure du plaisir ! C'est grave, docteur ?


Dimanche 1er juillet - Jour tranquille à Seraing

Décidemment je ne reconnais plus le Barnum de ces dernières années ! Cet après-midi j'en étais venu à scruter les horloges des vues aériennes des bâtiments historiques de "La chasse aux trésors" qui sert d'interlude aux retransmissions des étapes pour vérifier si nous étions bien au vingt-et-unième siècle ! Même les commentateurs le reconnaissaient lors d'un blanc involontaire au micro : "Un peu de silence de temps en temps ça fait du bien..."
Pas de doute pourtant : il s'agit bien du Tour de France de l'année 2012 mais je retrouve dans ce peloton et chez ces coureurs un état d'esprit digne des traditions de notre enfance.
Prenez par exemple l'échappée du jour : c'est un grand classique de tous les temps qui, ces dernières années avait été systématiquement humilié par des mafias de calculateurs véreux occupés à attendre la mise en place de l'emballage final pour leurs sprinters attitrés ! Eh bien, dans une configuration apparemment identique aujourd'hui, je n'ai jamais ressenti ce désintérêt méprisant de la part des deux requins de la Radio qui marquaient le rythme au service du Georges Clooney helvétique.
Finies aussi ces courbettes et salutations de salons au moment du regroupement pour faire croire qu'on a eut le temps de se lier d'amitié durant ces 180 km d'efforts communs ou qu'on a fait cela uniquement pour "montrer le maillot" à la télévision dans un dernier message pour la maman et les sponsors, signe que l'on a correctement effectué son boulot ! Et Bouet (qui avait été Edet) à bien surnagé avoir vu la vague le submerger avec ses cinq compagnons puisqu'il n'a terminé qu'à 1'16" du vainqueur !
Non : passionnément installé sur mon canapé, j'ai encore pris beaucoup de plaisir à regarder la course, à repérer les habitudes des coureurs de ce peloton, les bonnes et les mauvaises. Par exemple c'est plutôt chauve qui peut pour les deux vieillards Américains : ils ont toujours quelque chose qui ne va pas et trainent en queue de file comme les Casar et Moncoutié d'autrefois... Résultats : 45 secondes de perdues pour Leipheimer et le double pour papy Horner... Ca sent une fin à la Robic, le Breton, ancien roi des cimes, lâché par tout le monde dès que le premier kilomètre du col de Romeyere dans un maillot violet de l'équipe Paris-Nord-Est en 1959 (j'y étais !) avant de finir hors délai la veille de l'arrivée à Paris pour son dernier tour de valse ! Quel triste souvenir que ce dieu de ma première pause en couffin sur le bord des routes du tour offrant un spectacle de vieillard misanthrope aux spectateurs qui l'encourageaient tous d'enthousiastes : "Allez Robic".
Même l'emballage final m'a passionné avec l'intelligente tactique du rusé maître Gallopin qui avait bien annoncé en direct durant l'étape qu'il ne dévoilerait pas sa stratégie mais qu'il était sûr que Spartakus conserverait son maillot jaune et ne serait pas lâché dans la dernière montée par les Sagan et autres Caves de sévices !
En tout cas si le jeune a bien vu le jaune, avec lui ce ne sera apparemment pas "Bonjour tristesse" : on aurait dit le retour des frasques de Roger rabbit Hassenforder avec ses poses à la "Monsieur Muscle" en franchissant la ligne ! Et comme aurait dit Thierry Rolland "On aura beau dire, on aura beau faire, mais je préfère ça aux doigts d'honneurs des bads boys de l'île de Man ou de Manchester".
Allez : avant d'aller au lit je contemple la carte du Tour 2012 parut dans les années 50 (que m'a gentiment prêté Martin du Blog de l'Ardoisier) pour rêver comme autrefois à ce qui m'attend dans la semaine à venir !


Samedi 30 juin - Prologue : Liège ne flotte pas !

L'eusses-tu cru comme on disait à Grenoble ? Notre 99ème Kermesse Héroïque est partie cet après-midi sous de bons auspices.
Pourtant j'étais perplexe en enfourchant mon canapé. La présentation de jeudi soir m'avait fait craindre des journées sans saveurs dans le genre sandwichs anglais à la crème de crevette ou de saumon qui horrifiaient le palais d'Hercule Poirot... Hé bien, pas du tout !
Ma première surprise a été d'entendre les commentateurs se taire pour laisser la place aux ../images et aux propos intelligents de Brad Gallagher et Cadel Aussi...
Bon : comme il s'agissait d'un prologue ça n'a duré qu'une heure et vingt-quatre minute avant qu'ils ne relâchent le frein de leurs langues, mais quel plaisir de pouvoir regarder les coureurs sans être distrait par l'histoire de France Télévision et de ses animateurs de Supermarchés...
Je me suis souvenu qu'en 1967 le prologue avait (aussi ?) été institué pour permettre une présentation de tous les coureurs aux spectateurs... Et j'avoue qu'aujourd'hui cette présentation avait de la gueule. Un vrai casting de cinéma avec une distribution de rêves dans tous les rôles et aucun acteur pour tirer la couverture à lui ou surjouer sa partition !
J'ai adoré :
- Le nouveau Poulidor Français (Superbe performance de Sylvain... mais les trois favoris vont le déloger... Aïe : Tony est parti pour faire mieux... "Chute ! Chute ! Non : crevaison..." Mais il ne fera pas mieux que Sylvain... Brad à 6 secondes de Sylvain à l'intermédiaire : on va avoir un Français en jaune ! Zut : 49 millièmes de mieux pour Brad ! Quelle fin de parcours ! Spartacus : comme d'habitude !).
- Le voltigeur Tchèque qui fait aussi bien que les pilotes de Grands Prix Motos dans les ronds-points pour le prix d'un bout de cale de chaussure !
- Les Tonytruants Allemands qui perdent toujours alors qu'on les voit triomphants : le champion du monde de la spécialité parti pour concrétiser un rêve... qui se dégonfle en un instant peu après la mi-parcours...
- Le revenant des Carpathes ! Men... qui ? ...Chov ? Je croyais que c'étaient les deux Américains qui étaient chauves, man !
- "The king of the Oasis". Brad, l'homme orchestre. "Au début, à la Française des Jeux je n'étais pas très pro : je m'ennuyais seul à Nantes, je n'avais rien d'autre à faire qu'à descendre acheter des packs de bière. Entre les courses j'étais toujours bourré ! Après je me suis dit : j'ai tout gagné sur piste mais je n'ai pas un sous en poche et deux enfants. Il va falloir faire un job de pro... Alors j'ai fait le métier, maigri, etc...". Ces derniers temps j'avais entendu tout et son contraire sur ce British champion mais, aujourd'hui, sur son vélo, j'ai vu le fantôme d'Anquetil par son allure et son style !
- Enfin Spartacus, évidemment. "What else ?"
Et j'ai passé un très bon après-midi de cyclisme.
Maintenant, comme disait la mère de Napoléon : "Pourvou qué ça doure !"


Vendredi 29 juin - Le boom du bio : une présentation très à lièger

Avant toute consommation il est recommandé d'aller jeter un coup d'œil dans les rayons de l'hypermarché de votre zone industrielle rapprochée pour connaitre le choix proposé et l'état des produits qu'il va vous offrir dans les semaines qui viennent. C'est ce que j'ai fait hier...
Première constatation : les horaires d'ouverture sont mal indiqués ! Sur la télé belge il était indiqué que les produits seraient présentés "en direct" sur la chaîne 2 à 20h21 alors qu'en France (décalage horaire oblige ?) Eurosport 2 les présentait "en direct" à partir de 18h30 et Eurosport à 19h15 ! Allez y comprendre quelque chose ! Comme quoi la concurrence reste toujours le meilleur argument pour faire baisser les prix... et rater la vente !
Car évidemment, au final, si j'ai passé beaucoup de temps à attendre le moment propice, je n'ai strictement rien vu ! Juste entrevu quelques emballages colorés entre des écrans de pubs, des commentaires hors sujets et des relais ratés entre chaines (décidemment ça commence très mal pour le Team Eurosportquart cette année !).
Pour le reste nous sommes vraiment entré dans l'ère du bio : fini les leaders traités comme des coqs en pâte par une armée de gregari serviles... Désormais c'est 0% de matière grasse pour tout le monde et le plein d'oméga 3, d'oméga 6, d'oméga 9, d'oméga vieux, d'oméga pharma, etc. Il n'y a guère que l'Espagnol Cobo qui avait l'air de s'être nourri depuis trois mois !
D'après ce que j'entends toutes ces "préparations" high-tech évoquent pourtant plus les discours de bonimenteurs de foires qu'un progrès notable pour la santé des sportifs (pour ne pas dire l'inverse !). Mais, comme le prouvait le ballet ininterrompu de la caravane devant le podium et le bal musettes (avant celui des bidons ?) en fond de scène, le spectacle continue et il faut croire qu'il y a toujours des gogos pour se laisser berner et des spectateurs que ces numéros d'illusionnistes fascinent !
Moi j'espère qu'on va vite passer à des choses plus sérieuses car aujourd'hui à part les nouveaux emballages de ces champions allégés il n'y avait rien à voir et rien à entendre ! Presque, presque, je serais allé regarder du football sur la Une pour faire du sport ! Mais comme j'ai des efforts à faire je suis allé me coucher.
J'ai juste fait quelques croquis en vitesse des nouveautés pour illustrer ma soirée perdue :


Jeudi 28 juin : "Jisuis prêt" (billet de notre chroniqueur judiciaire sur canapé).

Depuis ma plus tendre enfance, j'ai toujours adoré le sport.
Non : je n'ai jamais été un de ces petits musclés que les parents exhibent sur des pelouses ou des parquets au même titre que leurs chiens ou leurs voitures de concours. Ma passion (déjà !) c'était le sport en chambre ou (dès le matin) au café...
Pas de sous-entendus grivois : dès le début des vacances, à peine sorti du lit c'est la TSF que j'allumais le matin dans les années 50/60 pour guetter le klaxon italien qui annonçait les flashs "Spécial Tour de France" et, l'après-midi, j'allais guetter l'employé qui inscrivait à la craie les résultats de l'étape sur l'ardoise dans le hall de l'agence de mon journal régional !

Les mois de juillet de mon enfance étaient rythmés par les klaxons italiens et éclairés par le briquet de Georges !
Evidemment, maintenant, même dans la maison de retraite la plus reculée, au fin fond d'une aire d'autoroute, les vieillards dans mon genre doivent baisser leurs sonotones pour découvrir la Pomme d'Adam et ajuster leurs lunettes pour lire les derniers commentaires médicaux ou judiciaires des actualités sportives dans les revues qui trainent dans le hall de la salle d'attente (pas besoin de chercher les dates de publication : ce sont toujours les mêmes sujets et les mêmes commentaires !) mais, à cette époque, je goûtais à sa juste valeur le fait d'appartenir à une confrérie d'initiés privilégiés qui s'adonnaient en plein été aux fièvres d'une passion envahissante !

Depuis, il y a eut les années 70, leurs "Histoire d'Ô", les années 90, leurs histoires d'EPO et beaucoup d'autres rumeurs qui ont pourtant fini par me faire perdre le fil de ma TSH !
Pourtant, lors de ma dernière crise d'Alzheimer, une idée m'était enfin venue. Je m'étais dit : "Banco ! S'ils sont encore capables de le faire, je le peux aussi".
Je ne parlais évidemment pas du Tour de France cycliste ! J'ai suffisamment expérimenté il y a quelques décennies les limites de mes capacités physiologiques et, contrairement à des bêtises que certaines intelligences voudraient nous faire avaler, je trouve des différences significatives entre un âne et un pur-sang ! Même s'il suscite toute ma sympathie je ne suis pas prêt de parier sur l'Âne de Shrek (censés et sans aile !) pour le Grand Prix de l'Arc de Triomphe ! De plus, à la fac, je n'ai pas suivi les cours du docteur Frankenstein !

Me voilà donc, frais comme le poisson d'Ordralfabétix, négligemment allongé sur le tansad de mon canapé, devant mon écran plasma, prêt à suivre, les cheveux flottants au rythme de mon ventilateur, le feuilleton des vingt et une étapes de ce nouveau procès de mes clones colorés préférés !
Tout y est : j'ai mes boules Quies pour me concentrer sur les Débats de l'Ecran, ma tablette graphique pour les croquis sur le vif (ou sur le mort !) et mon encadrement technique a remplit musettes et bidons de produits variés pour des ravitaillements à l'américaine qui devraient me permettre de recoller aux gros du peloton des juilletistes quand je ne ferais pas gruppetto avec mes collègues commentateurs (les premiers lâchés dès que le niveau sportif s'élève !).

J'ai même réussit à négocier mes tarifs pour que vous puissiez découvrir ces billets quotidiens "en direct depuis les rumeurs de son sale "On" (les rumeurs sont toujours anonymes !), le maux de notre chroniqueur judiciaire" à propos du 99ème tour de Pax-Pace (fort prudent homme au demeurant !).


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Fichier mis à jour le : 1/02/2013 à 19:06

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