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La chronique du Tour 2007 par J.L. Bey16 septembre 2019  

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Dimanche 29 juillet 2007

« Podium (dixit Claude François au sèche cheveux !)»

Quand on n’est pas sur la Lune c’est « comme en Terre » :

Comme vous tous j’ai jeté un œil distrait ces quinze derniers jours sur le feuilleton sportif médiatique du mois de juillet : après la guerre Iran-Irak, la guerre du Golfe, la guerre contre le Terrorisme, la guéguerre ASO-UCI !

Et je me permets de dire quelques mots sur le palmarès final avant que les informations des semaines à venir ne transforment tout ça en drames « est-ce ti veaux ? » !

1/ Maillot Jaune (citron) : Là, pas de contestation possible : Laurent Fignon a amplement mérité sa victoire acquise dès la fin de la première semaine et qu’aucun Lemond n’est venu lui contester quelles que soient les oreillettes en forme de bonnets d’ânes, les préservatifs pour langues de bois et autres astuces techniques. J’avoue par contre que je n’aurais pas parié une dose de testostérone sur Jean-François Bernard qui est venu enlever de haute lutte la deuxième place. Bien sûr tout le monde avait pu deviner à sa silhouette une préparation physique sans comparaison avec celle qu’il présentait l’année dernière à la même époque mais, au fil du temps, il n’a cessé de s’améliorer même s’il reconnaît aujourd’hui avoir été à deux doigts de jeter l’éponge et d’abandonner à la sortie des Pyrénées. Un effort méritoire qui lui vaut d’être sur la deuxième marche du podium devant la surprise de cette édition, le tandem Chassé/Durand qui après une première moitié d’épreuve catastrophique se sont repris pour terminer très fort dans le sillage de Jef !
La déception ce sera évidemment notre populaire Jaja qui, à l’inverse de ses concurrents, est allé déclinant au fil du temps, en particulier à partir de la première étape contre la montre qui l’a laissé définitivement sans voix ne sachant plus quel braquet choisir entre les fluctuations et les revirements de stratégies de ses directeurs d’équipe et les spectacles à lectures contrastées qui lui étaient offerts du haut de son tansad suivant qu’il ôtait ou non ses lunettes d’ex coureur du Tour 98… Pour les autres, personne n’a jamais cru évidemment dans le pourtant sympathique Virenque, Thierry Adam comme un jeune Espagnol n’a pas eu de chance de se trouver pour ses débuts dans la mauvaise équipe au mauvais moment, il est temps que Gérard Holtz rejoigne Michel Drucker dans l’animation de spectacles grand public en prime time et l’odieux JR reviendra certainement en 94ème année en 2008 pour servir de faire valoir aux Auguste de l’intermède burlesque du Cirque.

2/ Maillot Vert, par poings (clear !) :
Triplé tricolore enfin dans ce classement qui nous échappait. Marco fut de très loin le plus constant malgré un (spon)sort défavorable (ces temps-ci courir pour une entreprise qui tente de vous faire croire que la victoire tient du hasard et qu’il n’y a à la fin que des gagnants, c’est douteux comme philosophie !). Mais son dernier rush sur les Champs Elysées pour refuser le champagne de l’inFany l’a mit définitivement hors de portée. Vincent Lavenu prend sur le fil la seconde place au prix d’un méritoire effort d’honnêteté (mais il n’en a jamais manqué) et d’humilité (ce qui n’est pas le fort des milieux sportifs). Déception bien sûr pour Eric Boyer qui a même failli perdre sa place sur le podium à se vouloir trop humain et trop légaliste : le trop est l’ennemi du bien Eric ! L’ex champion d’Italie avait déjà donné dans son pays d’origine et même s’il méritait une seconde chance il n’était pas normal qu’on lui pardonne publiquement de jeter hors du bus et de dégoutter Auger (qui venait de s’égoutter toute la journée la tête dans le soleil de sa région), Sylvain (toujours trop gentil) et les autres !

3/ Maillot Blanc (meilleur espoir) :
Nos petits Français ont encore fait forts dans ce domaine. Le surprenant Auger l’emporte grâce à son intervention lumineuse sur le village départ de Pau où il vient faire admirer la caravane publicitaire à ses enfants qui en rêvaient, fier de sa chevauchée de la veille (qui ne lui a rapporté que la surprise de se faire interroger avant même sa descente de vélo par l’Abominable sur le contrôle positif de son coéquipier Italien) et de se montrer comme un coureur en civil qui n’a rien à cacher auprès des spectateurs venus faire signer leurs carnets d’autographes !
Le jeune Allemand Gerdemann monte aussi sur le podium autant pour sa belle gueule de réel espoir de ce sport que pour sa capacité à aller toujours, que ce soit devant, au milieu ou derrière, jusqu’à la limite de ses capacités du jour en s’affirmant toujours heureux et fier de faire son travail ! Vraiment un tout bon ! La troisième place s’est jouée à la photo finish et il me semble que Delage l’emporte d’un boyau (après s’être vidé les tripes pendant trois semaines) peut-être parce qu’il m’est plus facile de comprendre ses nuances quand il s’exprime sur un ancien Italien qui l’insulte et vient le rechercher quand il tente de dynamiter la course parce qu’il critique ceux qui trichent alors que les ex quatre vingt dix huitards les comprennent si bien. Sinon j’ai bien entendu que le premier repenti britannique est désormais devenu totalement allergique à tous ces projecteurs médiatiques qui finissent par vous brûler la peau et vous inoculer un cancer qui nécessite 2 années de traitements intensifs pour s’en défaire ! Le Txurruka m’a beaucoup plut aussi (mais c’est à confirmer !). Si ça se vérifie ça voudrait dire qu’au Pays Basque on s’est enfin décidé à se séparer sans terrorisme de la tutelle médico-espagnole sur laquelle on avait parfois pris une longueur d’avance (aux dires du même Millar il y a quelques années !).
En tout cas on aurait préféré que ce soit lui qui soit officiellement en blanc plutôt qu’un collègue qui répond lors d’une deuxième journée de repos qu’il n’a rien vu, ni rien entendu car « quand on est concentré sur la course on n’a pas le temps de faire autre chose » et, pour aggraver son cas à la veille d’une victoire, affirme qu’il est fier d’avoir donné avec ses camarades « un beau spectacle pendant trois semaines ! ».

Combien seront-ils encore ces blancs pseudo pénitents l’année prochaine au Tro Breiz à courir le Pardon du côté de Brest ? Nous le saurons dans 12 mois si ASO et UCI nous prêtent vie !



Samedi 21 juillet 2007

« Fin de la gazette »

24/07/2007 : (le titre initial de la gazette du 21/07 de Jean-Louis était : "Des Kazakhs sur la Lune et des Imbéciles à la Télévision ?" )

  Ca commence à faire trop !

J'adore vraiment le sport et le cyclisme : je n'ai jamais fait parti de ces foules lâches et opportunistes qui crachent sur leurs idoles de la veille pour tenter d'oublier leur propre médiocrité…
Je maintiens, pour en avoir fait (à un niveau qui n'a rien à voir avec celui de ces champions qui gagnent leur vie en faisant rêver les consommateurs des produits qui les sponsorisent !), que ce genre d'exploits exige des efforts, des sacrifices ; une volonté et un courage hors du commun.

Mais, justement, pour « raison garder » il convient de conserver un minimum de capacité d'analyse et un doigt d'esprit critique.
Alors les « On va se régaler ! » quotidiens et aujourd'hui l'emphase sur la « splendide et furieuse bataille » à laquelle on va avoir le droit d'assister dès demain « devant votre poste si vous nous suivez… surtout ne prévoyez rien d'autre ! » ça a finit par me donner un sacré « mal au cœur ».

Quand un pur grimpeur qui ne s'est pas entraîné un seul mètre au contre-la-montre ridiculise un bon rouleur, quand trois coureurs dont deux "estropiés" ridiculisent sous la pluie, un spécialiste britannique qui a fait la course par temps sec, il est sans doute temps de tirer le "rideau" comme l'ont fait les chaînes publiques allemandes. Fin de la gazette.



Vendredi 20 juillet 2007 - 12ème étape : Montpellier-Castres

« Amets...txurruka ! »

  Voilà bien un coureur qui a un nom à attraper un rhume dans un courant d’air frais !

Mais franchement, aujourd’hui, heureusement qu’il y avait encore des coureurs comme lui capables de s’essouffler jusqu’à leur dernier râle avant de faire le dernier kilomètre dans le peloton, énervé depuis 60 kilomètres derrière, pour me faire supporter les hypocrisies et la mauvaise foi des têtes à claques !

Des as du suspens ces deux là ! Comment ont-ils fait, Pierrick le Bouygues et Amets le Basque, pour tenir à distance, à deux, 120 kilomètres durant, un peloton de 170 têtes alors que les paysages nous montraient en permanence les arbres et les drapeaux agités par un vent d’autan à décorner tous les taureaux de Camargue ? Même le clown à casque de cerf (celui-là un de ces quatre il va ramasser un motard de la police nationale dans sa ramure gauche et je ne suis pas sûr qu’il se remette du torticolis qui s’en suivra !) avait failli se retrouver transformé en cerf-volant !

Mais nos deux acharnés du petit plateau faisant fi de toutes les compétentes analyses de Jaja et Fifi, les neveux de l’oncle Clercsou (le frère de celui qui se plaint que la fédération danoise vienne faire baisser le cours de ses actions auprès des sponsors et des chaînes télés étrangères par des annonces mal positionnées dans ses grilles publicitaires) ne baissèrent pas les jambes… Et, à force d’avancer la bouche grande ouverte pour faire provision de krill, ils ont bien failli tenir jusqu’à la ligne ! Pas de chance : la télé était là ! Comme le raconte Fedrigo : « J’ai vu sur un écran géant à un kilomètre que le peloton nous rattrapait et je me suis relevé ! ». S’il y avait eu un tunnel ; pas d’image : nous fêterions peut-être ce soir la deuxième victoire française !
Au lieu de ça Tom Tom a récupéré sa mise (en veille) de la veille…

A part cette fabuleuse débauche d’énergie et cette farouche croyance dans le fait que la chance finit toujours par sourire aux audacieux (ce qui avait permis au même Fedrigo de triompher l’année dernière à Gap !) il n’y avait rien à faire sur la télé aujourd’hui.

Ah, si ! Marco, toujours excellent quand il ne défend pas les intérêts de son sponsor, a rappelé une vérité basique : « D’une manière générale quand on n’a rien à cacher on est facilement contactable ». Et d’ajouter qu’il avait transmis les coordonnés personnelles de ses coureurs à l’UCI et qu’il n’avait jamais eu de problèmes pour les contacter… Pour les Dupont et Dupond du Cirque du Tour c’est évidemment plus simpliste : « Juste un problème de courrier retardé » pour le déplumé (on imagine bien que la fédération danoise qui a la poste comme sponsor a sauté sur ce contretemps pour l’exclure de ses sélections !) ; « De quels éléments la fédération danoise et l’UCI disposent-elles pour prendre cette décision ? » se demande Tintin (soudain) Prudent Homme (lui qui a toujours attendu d’avoir des preuves irréfutables légalement pour empêcher des coureurs de prendre le départ du Tour !).

Allez : demain ils courent tous un par un dans le vent et on ne pourra plus se cacher dans le coffre arrière des véhicules d’assistance. Pour quels résultats et quelles vérités ? Depuis le temps qu’un championnat du monde de l’illusionnisme a remplacé la bataille de Marathon que nos parents nous permettaient d’écouter pendant les vacances estivales à la radio avant de nous emmener voir des processions d’agonisants au sommet de l’Aubisque ou sur les routes fondantes de l’Hérault ce n’est plus tellement le résultat qui compte. Le but du jeu c’est de trouver le truc !



Jeudi 19 juillet 2007 - 11ème étape : Marseille-Montpellier

« Attila est-il là ? »

  Nous avions pourtant bien lu les commentaires des spécialistes, bien écouté toutes les prédictions des consultants : aujourd’hui, sur un parcours plat comme la main, les sprinters n’auraient pas de mal à contrôler le peloton et pour les favoris ce ne serait pas une étape de repos mais presque. Ils resteraient tranquillement au chaud dans le ventre mou du serpent multicolore et Boonen aller engranger des points pour distancer encore un peu plus Zabel et Hushovd ! Vino allait encore passer une mauvaise journée et on se demandait s’il n’allait pas finir par jeter l’éponge maintenant qu’il était évident qu’il avait définitivement perdu ce Tour dont il avait tant rêvé !

Mais ces types ne sont pas comme nous ! Pourtant nous aurions pu être prévenu : les Kazakhs nous avaient déjà fait ce coup il y a quinze siècles et apparemment là où ils étaient passés l’herbe n’avait pas repoussée, remplacée par des rubans de macadam !

Je prenais tranquillement mon café en profitant de la leçon de médecine offerte par l’A2 au détriment d’un fessier tricolore, quand un souffle nouveau (encore !) venu de la mer modifia l’anatomie du peloton. Et là mon écran large s’offrit en cinémascope une chevauchée de fiers guerriers sortis de nulle part (il me semble que j’en avais aperçu quelques temps auparavant traînant à l’arrière !).

Et quand les fiers descendants de Gengis Khan se lancent au galop sur nos plaines ça provoque tout de suite du dégât dans la poussière ! Un premier groupe se retrouva tout de suite éjectée de la bordure… Personne d’important semble-t-il (juste les frères Chavanel, Casar, Lefevre, Voeckler, Hushovd… de la broutille !). Laurent 2 remonte ce petit groupe (sans voir qu’il y a là Zabel, Valjavec, Garate…) pour nous raconter serein que Moreau est bien dans le bon groupe… en bout de file. Le temps pour Fignon de dire « Ou là : c’est pas bon ça… Ca va casser… ». Le travelling de la caméra moto remonte Moreau, devant lui un ag2r, encore un autre… et la cassure ! « Ca casse s’exclame il professore qui l’a vu venir ! ».

Le reste n’est que conséquences inéluctables de ce placement approximatif initial : les coéquipiers qui se mettent à la planche jusqu’à se faire sauter pour un bénéfice négligeable, l’écart qui se creuse inexorablement avec le peloton juste là devant vous, à portée de pédales (tous ceux qui ont fait un peu de vélo connaissent cette sensation d’impuissance déprimante !). Ensuite les groupes lâchés bien avant vous qui reviennent à votre hauteur alors que vous êtes toujours à fond depuis le début de l’affaire, les écarts qui fluctuent uniquement en fonction des ententes et des mésententes des équipes de tête et, pour finir, la note salée de plusieurs minutes laissée à l’arrivée d’une étape de transition, sans la moindre difficulté !

Mais Moreau comme Lavenu sont des gens dignes et « classes » : pas de fausses excuses, pas de pleurnicheries sur la « malchance »… Ils vont s’occuper de faire autrement, et mieux, demain et les jours suivants !

Comme le Vinokoureur : celui-là il est vraiment capable d’aller en pèlerinage jusqu’à Lhassa en se prosternant, en tablier de cuir et en sabots en bois pour se protéger les mains…

Mais dans l’affaire on avait même oublié qu’il y avait cinq éclaireurs partis devant… Pas de chance pour les scouts aujourd’hui qui voient rappliquer le TGV ! Millar et Gilbert devront remettre ça encore une autre fois !

Et donc Boonen arborait un régiment de bananes dans la roue des Astana qui lui taillaient la route vers son troisième succès sur cette grande boucle (après son poisson sans « Arrêtes ! » Steegman à Gand et Bourg en Bresse)… Décidemment il y a quelque chose qui cloche chez ce jeune homme si sympathique… Peut-être est-il justement trop bien élevé pour les parcours à la machette et au coupe-coupe (pourtant Hamilton y arrive pour l’instant en F1 avec la même dégaine !). C’est sûr qu’on est loin du beau Mario : sous sa panoplie de fils du cheik, il avait les crocs sacrément acérés « il re Leone » ! Bref : « Caramba, encore raté ! » comme dit le lanceur de couteaux de « Tintin et l’oreille cassée » !

En attendant les Barloworld nous font un festival : on ne voit plus qu’eux. Hunter à 11 points du maillot vert, Soler à 19 du maillot à pois et 4 secondes derrière Gerdemann pour la deuxième place de meilleur jeune, ils étaient 7 dans le premier groupe aujourd’hui (vous avez bien lu : 7 sur 8 encore en course) !!! Il n’y a que Géraint Thomas qui était mal placé au coup d’accélérateur ! Allez, on ne fera pas de comparaison avec les équipes du Protour auxquelles vous pensez ! D’autant que des spécialistes des bordures flamandes comme Mayo, Rasmussen, Astarloza et Zubeldia, non plus, ne s’étaient pas fait piéger…

Je ne sais pas encore qui va gagner ce Tour mais il m’est juste venu une réflexion en regardant jusqu’à l’overdose ces agitations estivales : les adeptes d’Etchevarri, Caisse qu’ils s’Epargnent !



Mercredi 18 juillet 2007 - 10ème étape : Tallard-Marseille

« Allo Gégé ? pourquoi tu tousses ? »

  Décidemment c’est à croire que ce milieu a totalement intégré la culture suicidaire des toxicomanes… Il n’y a rien de plus lâche que de tirer sur les ambulances mais ce soir je languis le week-end et les Pyrénées pour reprendre de l’altitude. Ce n’est pas que les Calanques manquent de splendeur, les rivages méditerranéens de beauté avec l’eau verte… Mais aujourd’hui j’avais l’humeur morose et rien de ce que j’ai aperçu sur mon écran ne m’a déridé !

J’ai commencé par avoir droit aux larmes de Vino tiré par Jean-René… un condensé de Séraphin Lampion dans Tintin et du manque de respect que l’on doit à tous, y compris aux sportifs « vedettes ». Moi, plutôt que les larmes, c’est une petite inscription ronde en lettres dorées à l’avant de son magnifique casque que j’ai remarqué : il y était inscrit « Kivilev ». J’aime les gens qui restent fidèle et n’oublient pas… Mais l’abominable JR ce n’est pas son truc : je suis sûr qu’il a dix ans sous le pont de l’Alma il n’aurait pas hésité une seconde pour traverser la chaussée et recueillir les dernières paroles d’une princesse à l’agonie !
Toujours pour « patienter » en attendant la procession solaire parfumée aux cigales j’ai eu droit à une rediffusion du 13ème « gros pépins » de la T-Mobile : le saut de Labrador avec pliage de la roue « avant » par le prometteur Burghard. « Après » c’était ce matin le 14ème et, même après une promenade digestive de 200 km, le pauvre Markus avait encore du mal à la digérer celle-là après l’arrivée !
Décidemment l’année dernière c’étaient les Crédit Agricole qui étaient tombés sous la coupe de la Main Verte, cette année ce sont les bonbons roses qui sont de tous les courants d’air ! Malgré toutes les déclarations d’intentions je doute qu’il y en ait qui soient encore accroché aux branches à l’orée de la prochaine saison… s’ils vont jusque là !
A côté de ces répliques de secousses sismiques on en viendrait presque à se demander, à voir la tête des gestionnaires d’ASO et d’A2 réunis, s’il n’aurait pas été préférable de se trouver au Japon du côté de la Centrale de Kashiwazaki-Kariwa, ou à Sao Paulo dans un Airbus A320 sorti un peu trop large sur la piste glissante, ou alors au ravitaillement de train en Ukraine entre Ojydiv et Angelivka.

Franchement depuis Tchernobyl on connaît ce genre de discours. Comme le dit si justement Dany Boom : « Je vais bien ! Tout va bien ! ». Et même le pauvre Gérard qui se moquait gentiment de ses confrères Allemands il y a 3 jours en leurs demandant s’ils avaient été sérieux quand ils avaient parlé de ne pas acheter les droits de leur magnifique spectacle « On va se régaler ! » avait enfilé le masque du Gang des Po(s)tiches copié sur la tête de Jean-Claude Bourret ! Apparemment ARD et ZDF ils n’ont pas les mêmes patrons qu’AZF et avec eux ça ne plaisante pas !

Entre temps, pour tenter de nous détendre, nous avions assisté à un méritoire effort de nos cyclistes nationaux décidés aujourd’hui à ne pas laisser Moreau tirer toute la couverture à lui. Halgand fut parfait dans son rôle du malchanceux de début de saison qui rappelle qu’il est un baroudeur, Vasseur excellent pour sa tournée d’adieu (le coup de plonger côté fermé dans le sprint… Du Noah dans le style !) et Casar ( rêvant sans doute de prendre la place laissée vacante par Poupou, notre meilleur second, dans le cœur des Français) digne de l’égalisation aux pépins apporté à Martial sur un plateau (télé) : T-Mobile-FdJ : 14-14… Il reste 10 étapes et, à la pétanque, la finale des championnats du monde ça se joue en 15 points ! Le suspens reste entier !



Mardi 17 juillet 2007 - 9ème étape : Val d'Isère-Briançon

« Lever de Soler sur les Alpes ! »

  La meilleure preuve que tout le monde peut se tromper c’est que je ne croyais absolument pas en cette équipe Barloworld sur le Tour.
Bien sûr une équipe Continentale Pro possède une certaine légitimité et Barloworld a prouvé depuis trois ans son souci de se montrer à la hauteur du statut qu’elle revendiquait. Mais pour moi il n’y avait pas photo avec « Unibet » qui méritait « sportivement » amplement bien plus d’être sélectionnée. Donc cette sensation d’injustice « politique » flagrante de la part d’ASO prenait le pas sur une analyse des atouts sportifs des Afrikaners de Londres.
Cardenas me semblait quand même bien vieillissant, Arreitunendia comme Astarloa sur une pente déclinante ; Alexander Efimkin était bien moins tranchant que son frère recruté par la Caisse d’Epargne. Quand aux deux sprinters récupérés à la dissolution de l’ex Phonak ils n’avaient pas montré grand-chose l’année dernière. Restait quand même 3 ou 4 espoirs : John Lee Augustyn qui a montré depuis le début de l’année qu’il est, à 21 ans, un futur grand grimpeur ; Geraint Thomas dont les Anglais affirme qu’il est le Britannique le plus prometteur au même âge ; Mauricio Soler serait, lui, enfin un vrai talent colombien… derrière la perle Uran (20 ans… chez Unibet !) et le Biélorusse Siutsou.
Et bien après Hunter tenant depuis le départ de Londres une place dans le top cinq des sprinters qui le laisse en course pour le maillot vert, voilà qu’à défaut en effet de Cardenas ce sont Soler et Siutsou qu’on voit régulièrement s’agiter en tête du groupe des barons du Tour. Et pas pour des sauts de puces médiatiques vite réprimés avant que leurs auteurs ne disparaissent ensuite de la première feuille des classements !

Alors, aujourd’hui, quand un maillot rouge aux manches jaunes surgit du peloton au sommet de l’Iseran j’appréciais l’effort pour « marquer » des points et montrer qu’ils « participaient » vraiment au Tour de France. Même présence à quelques hectomètres du sommet du Télégraphe avant que le jeune Colombien n’éclate comme une fusée d’artifice dès le bas du Galibier. Et, là, ce n’était pas un pétard mouillé ! Il n’y a guère aujourd’hui que Contador (25 ans !) qui a été capable de nous en mettre autant plein les yeux par le tranchant et la durée de son accélération en montagne ! La jonction à peine faite, voilà notre débutant Colombien qui plante un nouveau démarrage pour laisser les Popovych, Astarloza et Goussev à leur rythme d’éclaireurs. Jeune présomptueux ? Les noirs et l’orange rappliquent… mais c’est pour mieux replier leurs cannes cent mètres plus loin incapables de garder la roue sud-américaine qu’ils avaient raccrochée. Seul l’ex « futur successeur d’Armstrong » a le regard encore fixé sur le boyau qui le précède. Mais, malgré le vent contraire, dans un virage après Plan Lachat, le voilà sorti de l’abri, occupé à piocher sur la pente tandis que le Soler poursuit son Lever sur Monument du Tour !
Le « professore » s’inquiète : « Après le sommet ce ne sera pas possible de rallier seul Briançon par une longue route rectiligne avec vent contraire… Il aurait du rester avec Popovych… Mais il est jeune : il est trop enthousiaste ». Eh bien, il l’a fait !!! « Son véritable exploit ce n’est pas tant son numéro dans la montée du Galibier que d’avoir réussi à conserver cet écart dans sa descente avec des groupes de favoris qui se faisaient la guerre derrière ! ». Un hommage mérité : ce type de 24 ans à peine est une valeur sûre ! Il ne se satisfera apparemment pas de faire un numéro de Colombien en montagne !

A côté de cette farouche détermination quelle tristesse d’entendre le pourtant sympathique Sylvain répéter avec son franc sourire qu’il est content d’avoir fait son maximum en terminant 43ème à près de sept minutes, que c’est une bonne journée pour lui !
Désormais j’admire vraiment l’intelligence d’un Moreau (à qui je reprochais cette même passivité fataliste les années précédentes) qui a enfin mis en pratique une des bases de la gestion d’une épreuve par étapes majeure du calendrier : quand on n’est vraiment pas bien, il convient de lutter avec acharnement et persévérance contre cette vraie faiblesse, sans jamais baisser ses oreillettes !
Tirant la langue en bout de file ; décroché ; presque revenu au contact ; lâché à nouveau ; prenant l’eau ; le regard figé sur la dernière roue du groupe qui s’en va, là haut ; revenu à deux longueurs ; lâché encore quand casse l’élastique ; un sprint en vue du sommet pour rentrer avant la descente… On n’a vu que lui ! Peut-être que la meilleure carte des Cofidis comprendra ça aussi avant d’avoir trente six ans !



Lundi 16 juillet 2007 - Repos à Tignes

« Demain, tout le monde descend ! »

  Incroyable ! J’ai retrouvé le Tour de France ! Aujourd’hui pour la première fois depuis le départ j’étais en phase avec le peloton. C’était étape de repos !

Evidemment j’avais une pensée pour ceux qui ne pouvaient le prendre avec nous à la fraîche. Sinkewitz la pénultième victime de l’air nouveau d’outre-Rhin tant « venté » par Gérard Holtz. Désormais Gérard si tu pouvais un peu moins agiter tes enthousiasmes de convenance ça permettrait aux coureurs d’avoir l’esprit plus concentré sur les descentes !

A propos de descente je rappellerais aux Alzheimer d’Antenne 2 que celle du Cormet de Roselend est, depuis toujours, une des plus dangereuse du Tour de France. Chaque fois qu’il y passe il y a toujours des chutes spectaculaires ou/et graves. Du mieux que je me souvienne Zuelle en avait fait l’expérience par 2 fois il y a quelques années, c’est celle où Bruynel était sorti large pour plonger dans le vide et offrir des images chocs aux caméras de l’A2 de l’époque ! Bref : il n’y avait pas de quoi crier à l’imprévisible ! Mais il faut bien faire battre les cœurs !
Donc une pensée toute particulière pour O’Grady dont la carrière a failli redécoller sur ce Tour après son prologue aérien ! Un coureur particulièrement attachant et sympa. Pas tout à fait le même registre que l’Eddy Mazzoleni dont j’apprend qu’il met « volontairement » un terme immédiat à sa carrière brillamment illustré il y a un mois encore par un Tour d’Italie de feu. Décidemment après les Sainz Puerto’s boys de l’an dernier et Mathias Kessler on ne peut pas dire que Vino ait su s’entourer depuis deux ans qu’il roule chez Ferrari !
Autre absent de ce stage en altitude, le réaliste Romain Feillu qui avait annoncé samedi en arrivant exténué qu’il n’imaginait pas parvenir à finir l’étape le lendemain. Vous savez comment sont les journalistes dans ces cas là : « Mais si, mais si… Ca ira mieux demain ! » Et le jeune champion en devenir de répondre avec clarté : « Non : il faut quand même être réaliste. Quand on est comme ça on ne tient pas deux jours ! ». Quand il annoncera qu’il se sent prêt à jouer un rôle dans une épreuve celui-là on pourra le croire !
Big Mac non plus ne repartira pas demain. Pourtant contrairement à Romain il avait tenu à aller jusqu’au bout avec ses deux compagnons de crucifixion Napolitano et Hervé… Mais Pâques est déjà passé et il n’y aura pas de résurrection pour ces trois là ! Ca ouvre des perspectives pour le vert maillot du PMU… Imaginez un vieux cheval de retour Allemand en vert (et contre tous !) à Paris. Que fait Prudhomme ? Il le raye de sa liste ou il l’adoube à nouveau ?

En tout cas comme c’était repos je n’ai pas fait de télé cet après-midi et je me suis installé à la terrasse de France-Info pour entendre leur spécialiste sur le Tour (je ne parle pas de Jef Bernard plus performant cette année après une bonne préparation hivernale comme le prouve sa nouvelle silhouette !) : j’ai donc appris que l’étape de demain n’apporterait aucun changement car « le dernier col se situe à quarante kilomètres de l’arrivée ». Leur spécialiste du Tour il est déjà sorti de Paris ? Parce que il m’étonnerait que les Milram ramènent Zabel entre le sommet du Galibier et Briançon même s’il n’a que 6 minutes de retard (Fignon dit que désormais ce n’est plus une minute par 10 kilomètres que le peloton reprends sur la fin mais une minute par tranche de sept kilomètres !). Autre « information » France-Info : « Pour l’instant rien n’est fait mais on devrait en savoir un peu plus à la sortie des Pyrénées ! ». Ben, en voilà une info qui mérite d’être rapportée en continue… A mon avis d’ailleurs on risque de connaître le vainqueur à Paris ! Riez : vous connaissez celui de 2006, vous, un an après ?



Dimanche 15 juillet 2007 - 8ème étape : Le Grand Bornand - Tignes

« Cocorico !.. Atttchoum ! »

  Décidément il n’y a pas que moi qui ai des problèmes de repérage temporel sur ce Tour. Tout le monde parlait hier de la fête nationale, de victoire française et du maillot tricolore.

Les coureurs avec leur entraînement intensif n’ont pas vu non plus passer la date (toujours ce problème de lunettes de soleil qui les oblige à rouler « à l’aveugle »… guidés par leurs seules oreillettes ?). Résultat : c’est aujourd’hui que le coq du peloton (« chicken runner » himself !) s’est dressé sur ses ergots pour aller s’installer au sommet de Tignes et faire barrage à toute cette basse-cour. On a même vu un de ses spectateurs s’essouffler après son passage vêtu d’un maillot tricolore pour tenter de venir s’installer à ses côtés. Pas ridicule d’ailleurs (contrairement à la galerie de clowns qui nous imposent leurs mauvais goûts au bord de la route !) ce nouveau personnage qu’on aperçoit régulièrement dans le peloton depuis le départ londonien… Mais, évidemment, pas au niveau des vainqueurs de la Coupe du Monde 96 (de VTT !).

De toute manière le problème de ces jeunes gens est toujours le même : apparemment le régime qu’ils suivent pour augmenter leur puissance musculaire est incompatible avec le développement de leurs capacités de réflexions et d’analyses. Comment expliquer sinon les parties de poker menteur interminables auxquelles nous assistons depuis une semaine ? Et quand la situation s’éclaircie devant notre écran télé voilà que les favoris qui ont pris de l’avance commencent à se regarder en se demandant ce qu’ils doivent faire (il n’y a pas que les écoliers qui ont besoin de réviser leurs bases pendant les vacances !). Et que je démarre pour vérifier que je suis bien le meilleur… Et que je m’arrête pour regarder si ceux que j’ai lâchés reviennent… Et que je demande à mon voisin de me montrer s’il lui reste des forces… Bref : à trente kilomètres de l’arrivée il leurs faut vingt kilomètres pour se décider à rouler alors que leurs principaux adversaires, à l’agonie une minute derrière depuis dix kilomètres, ayant essaimés tous leurs équipiers sur la pente, sont revenus à quinze secondes simplement en essayant d’atteindre l’arrivée !

Comme je ne suis pas coureur cycliste je n’ai aucune idée de ce que donnera l’étape de mardi (théoriquement moins propice à la mise en œuvre de stratégies productives) mais si les lâchés de Tignes reviennent dans le jeu j’en connais une dizaine qui auront droit aux bonnets d’ânes même si je dois me faire réprimander par les amis des animaux !

Des coureurs qui ont des méninges à la hauteur des capacités physiques qu’on leurs prêtait ce sont les petits (hum !) hommes roses de la T-Mobile. Aujourd’hui ils m’ont bluffé avec leur stratégie parfaite. Franchement il n’y a pas de justice en sport (ça on le sait tous depuis le temps qu’on suit le Tour !). Voilà une équipe nettement (TRES nettement !) moins forte que sur le Tour 2006 en passe de faire plier tous ces Goliath de peloton qui se pavanent devant les cameras depuis le mois de janvier en disant qu’au mois de juillet on va voir ce qu’on va voir ! Et, à force d’amener un souffle d’air frais, les voilà qui prennent froid et heurtent une barrière en éternuant dans une descente. Du coup pour Rogers fini les ascensions : c’est descente aux enfers jusqu’à l’abandon ! Et les autres ne sont guère mieux lotis : Oliver Cavendish avait jeté l’éponge dès la première haie, Linus se bat comme un goujon pour rester en bout de ligne avec Kirchen qui fait le bouchon pour le maintenir à flot ! Burghard est annoncé (à tord heureusement) ayant abandonné sous prétexte qu’il a levé le pied quand il a été sec après avoir été en nage toute la journée et le bel Axel pourra aller finir sa vie comme bûcheron au Canada tellement il a dépensé son énergie sans compter pour les uns et les autres, rendant en abnégation ce que son père avait récolté au cours de ses mille campagnes ! Et quand c’est fini ça recommence : une fois l’arrivée franchie dans la souffrance, Sinkewitz se trouve nez à nez avec un spectateur trop empressé (on voit bien que ces types n’ont jamais fait de sport pour se jeter sur les coureurs dès qu’ils aperçoivent un maillot sans même respecter leur fatigue !) et va finir son étape en hélicoptère au CHU de Chambéry avec une fracture ouverte. Qui a parlé d’une journée de repos ?
Quelles nouvelles aventures nous réservent-ils pour demain ? Le coup de la journée pour récupérer on a déjà donné : c’était mardi dernier et demain c’est lundi ! Alors ?



Samedi 14 juillet 2007 - 7ème étape : Bourg en Bresse - Le Grand Bornand

« Et vint le reposoir »

  Elle porte bien son nom cette chartreuse du Reposoir en Haute-Savoie ! Cet après-midi j’avais enfin l’impression d’être à nouveau entré en religion. Avec l’envie de rester là-haut, coupé du monde, seul parmi la nature sauvage et boisée…
Pas tout à fait seul, car il y avait du monde, de l’effervescence et du bruit sur cette route qui monte au col de la Colombière… Mais, du côté des coureurs j’ai quand même eu l’impression qu’eux aussi, pour la première fois, se trouvaient face à eux-mêmes sur cette pente. Regardez Dimitri Fofonov : il se fait surprendre dès les premières rampes par les as de la corrida (olé Gutierrez ! olé De la Fuente !) mais quand on croit le taureau humilié ce n’est que le début d’une partie de muleta : dès que l’Allemand de la nouvelle génération agite son maillot pourpre voilà notre Kazakh de Clermont-Ferrand qui reprend son monde et les banderilles s’éparpillent dans les fossés comme les bidons aux ravitaillements ! Bon : il semblait avoir fait le plus gros, même s’il traînait dans son sillage le chiffon rose pendu sur son gros développement. Et bien pas du tout ! Les Astana ne seraient pas vengés par le seul compatriote qui ne cotise pas pour les industries dénationalisées. Voilà notre « air nouveau » soufflant au-delà du Rhin qui démarre et le lâche… Et pas un de ces démarrages en force, comme Panzer Jan en avait le secret (le dragster du diesel !) ; non : un vrai démarrage de grimpeur qui sprinte avant de trouver son rythme… Et bien il aurait mieux fait de louer une cellule au Reposoir Dimitri : alors que j’espérais le voir revenir progressivement au train sur le jeune présomptueux qui avait un mal fou à avaler les deux derniers kilomètres avant de basculer au sommet (vous avez vu cette image : on avait l’impression qu’on arrivait au bord d’un précipice après la ligne ! J’ai cru qu’ils allaient faire demi tour !) et bien tout le monde lui est passé devant sans même lui déposer un bouquet champêtre en guise d’adieu ! Décidemment les vieux agriculteurs ont désormais peu de Crédit !
Et ce soir tout le monde danse au bal du 14 juillet sur l’air frais qui vient de souffler sur le cyclisme… Air Frais, Air Nouveau, Air Week… Il me semble qu’on nous a déjà gonflé avec ces pompes là à la télévision. Surtout quand on se sert de cet aspirateur pour récupérer les chaînes étrangères qui étaient sur le point de ne plus acheter les magnifiques documentaires touristiques d’Antenne 2 et Paulo la Science réunis !

Enfin dans ma cellule ce soir, au fond de ma chartreuse, je vais enfin pouvoir m’endormir en rêvant de nouvelles chevauchées à travers les montagnes… Le suspens c’est de savoir si Linus sera encore capable demain de suivre le rythme de ses successeurs aux avants postes. Au vu de ses difficultés à marcher une fois qu’il a été descendu de vélo je ne suis pas sûr qu’une bonne nuit à la fraîche suffise à lui regonfler le moteur ! Mais, allez savoir ce que demain nous réserve ? On a bien vu le terrible Vino activer sa monture comme un moulin à café sa mouture, alors qu’on l’avait vu deux jours avant sortir à minuit de l’hôpital où on venait de lui recoudre les deux genoux… Pourvu qu’il ne nous fasse pas une « Hamilton » celui-là : vous savez cet Américain des Marvels Comics qui gagnait des étapes de montagne avec une fracture de l’omoplate !

Juste deux nouvelles pour finir : avec cette inflation des personnages de carnaval sur le bord des routes du Tour (décidemment tout le monde se dispute le devant de la scène à la place des sportifs pour gagner une reconnaissance médiatique à la hauteur de ces télés réalité !) on a aujourd’hui semble-t-il perdu l’homme invisible. L’Italien Degano annoncé comme ayant abandonné hier sur radio Tour, que Laurent 2 croyait avoir vu rentrer dans le peloton avant de se raviser pour ne pas passer pour un consommateur de produits illicites, avait fini 16ème dans le sprint du premier peloton. Ce matin tout le monde s’excusait de cette regrettable bévue : on n’avait pas fait vingt kilomètres qu’il montait dans le camion balais et rendait bien cette fois son dossard ; pas comme Freire qui s’est évité la corvée de signature après avoir annoncé depuis Londres qu’il ne pouvait pas faire le Tour et se retrouvait 3ème du classement par points après une semaine de course ! Autres guignols aperçus sur la route de pseudo Basques (on ne me fera pas croire que ces gens sont aussi débiles que les énergumènes en oranges qui se relayaient devant les caméras pour pousser Landaluze à 2 kilomètres du sommet afin qu’il rattrape Gerdemann !). Eux aussi confondent le Tour avec le Carnaval de Rio : c’était en Italie dans les années 60 qu’on avait le droit si on était du pays de monter un col sans donner un coup de pédale pour prendre le maillot rose aux étrangers ! Il n’aurait plus manqué qu’il rattrape l’Allemand et se retrouve déclassé et pénalisé en temps : ils auraient été heureux les Euskadi pour la première année où on les voit participer aux attaques !



Vendredi 13 juillet 2007 - 6ème étape : Semur en Auxois-Bourg en Bresse

« A qui le tour ? »

  Aux dernières nouvelles le Tour de France 2007 prendrait son départ demain.
En fait je n’en suis plus très sûr tellement ces derniers temps j’ai rencontré des problèmes de repérage spatiotemporel ! Ce doit être lié à la télévision : on ne comprend plus rien aux informations qu’elle donne, on ne sait plus de quoi ils parlent et, d’ailleurs, si j’ai bien entendu les recommandations des Guignols de l’Info,            « Nous croyions trop ce que dit la télévision ! ». Et s’ils le disent c’est que ça doit être vrai !
Par exemple si le Tour part demain c’est donc au prologue que nous avons assisté aujourd’hui. D’un côté j’aurais tendance à le croire puisque j’avais lu que Bradley Wiggins préparait tout particulièrement cet exercice… et que je n’ai vu que lui cet après-midi. Mais, par contre, un prologue de 192 kilomètres… il y a quelque chose qui cloche !
En plus je me suis endormi (sur Arte il y avait une émission qui expliquait tout l’intérêt que présentait la sieste pour la santé !) et quand je me suis réveillé il y avait Boonen qui agitait un bouquet sur le podium comme s’il avait gagné l’étape. Or, Boonen, l’étape qu’il va gagner c’est pas le prologue : c’est la première au sprint ! Encore que depuis deux ans il semble s’être glissé dans la peau de Poupou sur le Tour… M’étonnerait pas qu’il rate encore le maillot jaune cette année ! Comment ? Demain les coureurs sont déjà dans la montagne ? Mais qu’est-ce que c’est que ce découpage du parcours cette année ? Je sais bien que Prudhomme voulait supprimer les contre la montre avant la montagne pour ne pas figer le classement général et maintenir de l’action et des bouleversements dans la première semaine mais le coup de la montagne au départ ça n’a jamais marché : ça a toujours figé la course pour la deuxième semaine ! Ensuite on n’a plus que des sprints massifs au lieu de ces bagarres à coups de secondes pour les bonifications qui modifient le classement général ! On va s’ennuyer ferme la semaine prochaine !
Puisque je suis avec des passionnés vous allez sûrement pouvoir m’éclairer sur un autre truc que je n’ai pas bien compris dans la fin du reportage que j’ai surpris à mon réveil. Des journalistes discertaient sur le fait que Vino et Kloden n’étaient pas sûr d’être au départ demain : on a découvert une nouvelle affaire de dopage ? Les Astana vont à nouveau être exclus ? Non ? Ils sont tombés ? A l’entraînement ? Ils n’ont vraiment pas de chance !
Finalement ils devraient supprimer la première semaine du Tour et commencer directement par la seconde ! C’est toujours pareil : chaque année pendant une semaine il ne se passe rien de transcendant. C’est juste une prolongation de l’émission « En attendant le Tour » !
Mais bon : il faut bien que les concurrents sélectionnés préparent correctement l’épreuve. Maintenant qu’ils n’ont plus le droit de dire qu’ils la préparent sur le Giro, le Dauphiné ou le Tour de Suisse sans risquer d’être accusés d’y masquer des programmes de dopage… Alors de régulières sorties collectives d’échauffement de 180 à 230 km à allure humaine (une demi heure à une heure plus lentement que les années précédentes !) il n’y a guère que Gérard Holtz que ça gêne en amputant d’autant son émission « d’après tour » !
En tout cas ils se débrouillent très bien sur Antenne 2 : c’est même Michel Drucker qui le dit : « 40% d’audience : vous êtes les meilleurs ! ». On l’excuse : à son âge on se rend bien compte aux questions qu’ils posent à ses « collègues » qu’il est atteint par la maladie d’Alzheimer. Et dire que plus jeune on nous disait qu’il faisait du vélo avec Alain Prost et Paul Belmondo !

En tout cas ils sont intelligents sur le service public ! Pas comme les coureurs, qui n’ont pas encore compris qu’il ne servait à rien de piquer un sprint au cinquième kilomètre pour faire toute la sortie cinq minutes devant leurs petits camarades, avant de rentrer dans le rang à cinq kilomètres de l’arrivée pour que le peloton la franchisse correctement, dans l’ordre, regroupé. Et les petits malins qui se sont fait passer pour des animateurs télé toute la journée où sont-ils à ce moment là ? Trois minutes derrière ? Il y a vraiment des sportifs cabotins !



Jeudi 12 juillet 2007 - 5ème étape : Châblis-Autun

« Sur une musique de Joseph Kosma »

  Aux dires du poète les feuilles mortes se ramasseraient à la pelle… Aujourd’hui sur la route d’Autun j’ai eu l’impression que le dérèglement climatique commençait à affecter sérieusement le Tour de France. En plein été, au sein des paysages verdoyants du Morvan, si les feuilles s’accrochaient fermement aux branches, en dessous ça tombait comme à Gravelotte ! Les coureurs et les favoris en particulier, ceux que l’on imaginait pourtant tranquillement installés en têtes de gondoles, se ramassaient à la pelle de part et d’autre de la chaussée !

Et, finalement, c’est à l’arrière, entre l’ambulance et le bout de la file du peloton que se situait le spectacle. Tel le jury partisan à l’occasion des championnats de patinage artistique nous avons pu admirer différentes créations de figures de style  dans cet exercice classique d’efficacité solidaire : l’Alexandre Dumas (« Un pour tous, tous pour un ») des Saunier Duval autour de Mayo, particulièrement spectaculaires dans le regroupement pénétrant cher à Bernard Laporte. Note du jury : 10 !
La Lucky Luke (« I’m a poor lonesone cowboy ») des Caisses d’Epargne illustrée à tour de rôle par Arroyo, Sastre ou Valverde avant que l’Oscar (Pereiro) ne nous joue « Les Daltons se rachètent ». Note : 9 !
La Roue de la Fortune (un peu de pitié pour la FdJ svp !) des Cofidis : « Lequatre, rouge, chute et passe » ; Sylvain devant, encore devant… derrière ; Stéphane au jet… d’éponge ? Note : 6 !
La Jean Alesi (« Ou là… c’est passé juste dans ce virage… Euh : là, c’était plus que juste… Ah oui : là, il est carrément sorti de la route… Il a eu de la chance d’avoir déchaussé ! ») des CSC et des Discovery (Cancellara à la poursuite de Popovych). Note : 4… mais rattrapée par l’artistique : « Oui : je commence à être vraiment très fatigué maintenant ! » 10 !
La 11 septembre (« Un leader d’Astana vient de s’écraser dans le fossé ! … oh, mais qu’est-ce que c’est ? Un deuxième leader d’Astana vient de s’écraser sur la route ! ... Incroyable : la tour d’Astana est en train de s’effondrer à 5 km de l’arrivée !») Note : 0 !

Tout le monde le sait : dans ces jurys d’opérettes les juges ont leurs têtes de Turcs qu’ils accablent quels que soient leurs efforts et leurs petits Chouchous qu’ils favorisent quelles que soient leurs erreurs !

Toujours impeccable Laurent Fignon l’avait pourtant dit : « Cette étape ne sera évidement pas décisive mais c’est le genre de parcours où il faut être très vigilent ! On a vite fait de perdre du temps dans ce genre de final !». Bien vu Laurent ! Décidemment Antenne 2 ferait bien de laisser les clés à ses vrais spécialistes (Fignon, Jalabert, Pensec) qui sont censés seulement « conseiller » les journalistes « sportifs » (spécialisés surtout dans l’art de se mettre sur le devant de la scène face aux caméras !). C’est bien simple : chaque fois que ces commentateurs d’un autre temps s’enflamment je crois entendre Georges Briquet au chevet de René Vietto à l’arrivée de l’étape contre la montre de St Brieuc en 1947… Tout y est : l’emphase hors de propos, le nationalisme, l’art de s’écouter parler entre eux… Heureusement que les coureurs des années 90 ne cessent de leurs rappeler quelques vérités basiques ! Comme corrigeait déjà le roi René : « Qui a parlé d’abandon ? Un Vietto n’abandonne pas ! Il se retire. »



Mercredi 11 juillet 2007 - 4ème étape : Villers-Cotterêts - Joigny

« Treize à la douzaine »

  Il n’y a pas que l’équipe de « La Française des Jeux » qui joue de malchance (pour un tel sponsor c’est franchement contre productif !). J’avais trouvé un titre super pour ma chronique du jour : « Serres les fesses Remi et tu auras l’air d’un coureur ! » en référence à la séquence d’anthologie montrée sur Antenne 2 de Marc Madiot briefant ses jeunes coureurs dans le bus avant le départ de la première étape où il les interpelle chacun à tour de rôle pour les sur motiver. A Rémi Di Grégorio qui rigolait en l’écoutant bousculer les autres il rappelle : « Rigoles, toi : tu n’es pas encore rendu à Marseille ! Tu n’y es pas encore ! Avant ça tu vas devoir serrer les fesses sur les routes de Belgique et du Nord et on va voir ce que tu vas faire ! ». Apparemment aux tirages (de maillots !) ils ne s’en sortent pas si mal que ça cette année avec Sébastien Chavanel (pour une société de hasard on ne peut pas avoir deux années de suite le même jeu qu’en 2006… où on met la clé sous la porte, on en comprendrait même qu’ils ne souhaitent pas l’arrivée d’Unibet dans le peloton du Tour !) mais pour ce qui est du grattage (de macadam) aujourd’hui la première donne à été fatale au jovial Marseillais.

Au début j’imagine toujours qu’ils vont comme d’habitude réaliser des miracles : il remonte sur son vélo et s’il reste en bout de file contrairement aux consignes très fermes de Marco je me dis qu’il fera mieux demain. Qu’il soit irrémédiablement lâché à quelques encablures de l’arrivée et doive finir seul c’est déjà « pas de chance ». Mais tomber sur J.R.Godard une fois la ligne franchie qui imagine que vous n’avez rien de plus important à faire à ce moment là que de tailler bout de gras avec lui pour qu’il fasse admirer son meilleur profil devant la caméra c’est franchement un motif de licenciement pour un sponsor qui affirme qu’il n’y a que des gagnants. « Remi : c’est dur aujourd’hui ! La chute, la douleur… Le Tour c’est un difficile apprentissage… » : c’est quoi la question ? Franchement il n’avait pas besoin de le serrer à ce point pour ce genre de commentaire… Là j’ai commencé à réaliser que Virenque 2 en avait pris un coup au moral : les seuls mots qui filtraient de ses mâchoires serrées n’étaient pas destiné à clouer le bec de la vedette des années Hinault en vingtième tournée d’adieu. C’était : « J’espère que mon Tour ne va pas s’arrêter là ! ». Et, au moment d’écrire, j’apprends que le verdict de la radio est bien plus impitoyable que celui de la télé : « fracture ouverte de la tête radiale »… C’est le jet de l’éponge anticipé pour cause majeure ! Mon titre n’est plus drôle du tout ! Finalement c’est en serrant les dents que ces types nous prouvent que ce sont de vrais coureurs ! Marco : va falloir changer ton vocabulaire ! Mais nous y perdrons des séquences d’anthologie comme on n’en voit plus beaucoup dans ce monde aseptisé !

Quand à Martial Gayant, il devrait arrêter de faire le compte des malheurs de l’équipe (« C’est le treizième gros pépins depuis le début de la saison ! La poisse s’acharne sur nous ! ») sinon le quatorzième pourrait bien être son licenciement pour « propos incompatibles avec la philosophie de l’entreprise ». Un conseil amical pour « réparer » cette bévue ? Quand Sébastien va en claquer une dire devant le micro de Jean-René : « Quand on a traversé une petite période de malchance on touche ensuite obligatoirement au millième les dividendes de sa persévérance ! Comme nous, même si vous avez perdu, continuez à jouer et vous serez largement récompensé !». Et si c’est vraiment un jour de chance nous aurons droit à la fracture fermée de la tête en calvitie !



Mardi 10 juillet 2007
- 3ème étape : Waregem - Compiègne

« Paradoxe et cyclisme moderne »

   Décidemment après l’enthousiasme britannique d’imaginer voir enfin le Tour partir sur de bonnes bases il semble que le métier de téléspectateur tourne depuis deux jours à un remake des siestes méditerranéennes… Hier je me suis endormi et aujourd’hui comme je voulais rester éveillé je me suis ennuyé et j’ai occupé mon après-midi à faire des allers-retours de la télé aux ravitaillements.

Paradoxe : il paraît que moins les coureurs vont vites et plus c’est un signe de l’assainissement du peloton. Et moins le peloton chasse, plus les échappés ralentissent pour espérer aller au bout ! Conséquence de ces nouveaux raisonnements assainis : la durée de la procession s’allonge et la progression s’uniformise au point d’en devenir monotone à l’ennui…

Mais peut-être est-ce un mal pour un bien : il va devenir préférable de s’en tenir à une retransmission du dernier quart d’heure décisif plutôt que d’entretenir un pseudo suspense de trois heures nécessitant que ces jeunes hommes s’empiffrent de médicaments pour chevaux de courses afin de s’agiter devant les caméras pour fournir un spectacle digne de concurrencer les soaps operas qui meublent les après-midi des autres chaînes. A moyen terme j’imagine qu’un flash de quelques minutes toutes les demi-heures (voire toutes les heures) suffiraient à fournir les informations essentielles (le kilométrage, le nom des échappés et l’écart sur le peloton, les chutes…). Faire précéder ce flash d’un générique style « klaxons italiens » le rendrait reconnaissable à distance et attrayant.
On pourrait donc poursuivre ses activités professionnelles ou familiales durant le mois de juillet… Un plus pour notre économie, un coup de pouce à l’harmonisation des vies de couples (le retour des siestes coquines d’été !), à l’oxygénation et au dialogue avec les enfants… J’ai entendu que le président de la République comptait se rendre sur le Tour de France cet été, considérant cette institution nationale comme un des fleurons de notre culture… Je ne serais pas étonné qu’il en profite pour soumettre un certain nombre de mesures de ce genre aux responsables, leurs laissant jusqu’à la rentrée pour donner leur accord. Et l’année prochaine… on en revient aux vraies valeurs !

Ou là… J’espère que demain il va y avoir du sport sinon ça va devenir difficile de recracher une page d’encre quotidienne… Au moins Blondin avait la chance d’arroser ses chroniques aux parfums des routes dans la caravane. Et, si j’en crois mon ami Jan qui était hier sur l’arrivée à Gand, quand les téléspectateurs s’ennuient les vrais spectateurs eux en prennent plein les yeux et les oreilles comme du temps de notre enfance !

P.S. : Ce Cancellara quel turbo quand même ! Je l’avais déjà vu faire ce genre de numéro au prologue par équipe de la Vuelta 2006 et, à un degré moindre sur le Tour des Flandres… Mais, apparemment, quand il appuie sur les pédales, même avec l’aspiration, ce n’est pas évident de rester dans sa roue. Adieu les règles de la F1 : c’est de cyclisme qu’il s’agit !



Lundi 9 juillet 2007 - 2ème étape : Dunkerque - Gent

« Les hommes de Gand »

  C’était une journée comme on en a déjà vécu des centaines… Une journée du Tour avec tous les clichés que l’on connaît.

Des échappés partis tôt avec la certitude d’être repris dans les 5 derniers kilomètres. Un peloton qui serpente régulièrement au sein de paysages et de monuments que les hélicoptères filment comme « La Terre vue du ciel » avec un commentaire ininterrompu de Jean-Paul Olivier récitant l’encyclopédie des guides touristiques. De temps à autre l’intervention de Laurent Surlamoto… Le programme idéal pour une sieste estivale.

Arrivée l’heure du thé : un emballement des commentateurs pour raconter l’emballage final, un sprinter qui dévie de sa trajectoire filmée du haut du ciel, un empilage final et le favori désigné qui ne parvient pas à sauter son poisson sur la ligne… Bref : je ne vais pas vous raconter ce que vous avez déjà entendu des centaines de fois. Je ne prendrais pas de gants aujourd’hui : aucun intérêt à ce reportage…

Alors il m’est venu à l’esprit des images lancinantes d’un coureur que j’ai côtoyé il y a quelques années dont je doute fort qu’il se souvienne de moi. Je roulais avec des collègues sur les routes qui montent du Rhône sur le plateau ardéchois. Lui descendait de La Louvesc, il rentrait d’une longue sortie d’entraînement avec son maillot bleu de l’équipe « Bonjour » à l’époque. Il avait reconnu notre club et des camarades qu’il connaissait depuis son enfance. Il avait fait demi-tour et nous avait accompagné quelques kilomètres. Nous avions discuté de ses débuts professionnels, de son programme, de sa famille, etc. Un type vraiment sympa. Il nous avait quitté finalement pour rentrer car il en avait fini, lui, avec sa sortie pour la journée ! Hier en regardant le reportage sur la Française des Jeux c’est toujours à lui que je pensais. Moi aussi il y a quelques années il m’est arrivé un truc comme ça : le genre de nouvelles qui vous tombent dessus à l’improviste et vous font tout à coup mesurer la chance que l’on a de faire du vélo.

Alors, plutôt que de faire des jeux de mots à propos de rien, aujourd’hui, j’avais juste envie de dire : « Allez Seb, tiens le coup… Tu verras : après c’est encore plus beau quand on remonte sur un vélo ! ».



Dimanche 8 juillet 2007
- 1ère étape : London - Canterbury

« Pour qui sonnent les cloches de Canterbury ? »

  Chouette dimanche à la campagne dans le Kent aujourd’hui. Peut-être vais-je enfin comprendre quelque chose aux plaisirs du golf et des pelouses finement tondues…

A perfect day » pour se détendre, avant de se lancer dans une harassante traversée de l’hexagone… Il y eu donc un spectacle dominical totalement classique avec 2 vedettes anglaises. Tout d’abord l’ex roi David, toujours aussi showman. Sur Seine dès le franchissement de la Tamise, il est toujours capable d’un rappel inespéré à dix kilomètres de l’arrivée quand ses partenaires l’avisèrent qu’il perdrait la tunique à pois durement gagnée à la force des mollets s’il ne franchissait pas en tête de gondole la dernière côte. Même les commentateurs n’y ont vu que du feu, imaginant que cette troupe de Sonneurs du Val était inutilement montée en première ligne pour « échouer » à un jet d’Augé. Et bien non : le vélo c’est autant (bien plus aux résultats !) dans la tête que dans les jambes (il n’est qu’à voir l’épaisseur du palmarès de certains « gros moteurs »)… David deuxième (emmené par Don Quichotte de la Fuente en personne !) c’est Stéphane qui pleure son rêve de porter deux jours en France le beau maillot du Roi Richard ! Autre vedette annoncée pour la première partie, le prometteur Mark Cavendish : le Mark Hamilton du vélo ; celui qui va faire toucher le sol à l’empereur Tom dont le sacre est enfin programmé. Pour une première il nous a offert l’intermède comique du spectacle : jeté à terre sur le bord d’une chaussée trop étroite pour son volume le voilà qui s’agite et s’énerve dans un festival de mimiques que n’aurait pas renié Oliver Hardy lâchement abandonné par Stan Laurel ! Et que je rouspète après les spectateurs, que je gesticule au bord de la route, que je bloque ma roue en redémarrant, que je m’arrête une nouvelle fois pour rechanger de vélo, etc. Un peu court peut-être (il débute !) mais réellement distrayant. Et il semble que l’on ait raté la « chute » avec un Mark dans la malle de son véhicule d’assistance tellement mobile qu’ils roulaient à 80 km/h pour reprendre place dans la troupe avant qu’un commissaire ne leurs rappelle que le GP de Silverstone était achevé depuis deux heures et que seule la motricité musculaire était accepté sur ce parcours !

A l’entracte nous avions d’ailleurs appris qu’un Espagnol du tubulaire bovin avait payé d’une épaule son souci de ne pas prendre le volant d’un véhicule de la Caisse d’Epargne qu’il avait voulu doubler sans prendre le temps d’ouvrir la portière. Au vu des images du hayon arrière je pense que cet agriculteur aurait intérêt à changer d’établissement bancaire et à s’adresser la prochaine fois aux spécialistes du Crédit Agricole !

Et enfin nous eûmes droit au clou du spectacle ; le final annoncé pour lequel nous avions abandonné femmes et enfants : le sprint ! J’espère que, comme moi, vous n’avez pas été déçu par ces trois minutes quotidiennement attendues trois heures : un petit bonhomme rose toujours « Aussie » intelligent qui surprend sans cesse tous les calculateurs, les stratèges et les matamores qui croient connaître la solution par cœur. Tombé à vingt kilomètres avec son compère Hardy, Stan Robbie se gratte la tête dans la roue des ses coéquipiers qui font mines de ne pas parvenir à rentrer dans les voitures et ne font la jonction qu’à 3 kilomètres pour le déposer en bout de file (vous savez : là où il est trop tard à ce moment là pour espérer jouer un quelconque rôle dans le classement de la journée). Aux dires de Romain Feuillu (pas dépouillé pour un sou ce jeune là !) il se retrouve aux 800 mètres en vingtième position à s’excuser auprès de ses poissons pilotes de devoir leurs demander d’attendre encore un peu car il est bien trop tôt pour le feu d’artifice : il faut laisser du temps d’antenne aux autres ! Aux trois cent mètres il allume ses rétros fusés au moment où les meilleurs sprinters du peloton se frottent les mains en se disant qu’ils vont enfin gagner… Le temps qu’ils tournent la tête à droite et s’élancent… il a déjà franchi la ligne en première position : « Excuse moi, Oliver : je n’ai pas fait exprès… Je ne recommencerais plus (larmes de crocodiles)… Tu me pardonnes, n’est-ce pas (larmes d’éléphant) ? La prochaine fois, promis : j’attacherais mon vélo à ta selle ! »

Après tout : peut-être qu’en entendant les cloches, Hushovd et Boonen avaient cru qu’il restait un tour ?



Samedi 7 juillet 2007
- Prologue : London

« Time T ; Tea Time ! »

  Il était temps ! Voilà qu’enfin nous voyons plus de sportifs dans une émission sur le Tour de France que de commentateurs ou de suiveurs.

Et, apparemment, ces jeunes vélocistes avaient les crocs car rouler à 53 km/h de moyenne dans Londres est un exploit difficilement réalisable par des automobilistes qui cherchent à se rapprocher de Trafalgar Square !

Les natifs du lieu ou des environs avaient promis d’arriver à l’heure du thé à Buckingham Palace mais ils se sont fait voler le premier muffin par un Suisse très propre sur lui. Tout de blanc vêtu, dans son uniforme de champion du monde, Cancellara à explosé le chrono de l’ex garde de la T-Mobile passé au Kazakhstan. Laurent Fignon qui ne s’y connaît pas qu’un peu dans ces domaines avait pourtant déjà calculé que « le lieutenant », natif de l’ex RDA, avait pris 2 secondes au kilomètre à ce vieux Georges, le champion de l’oncle Sam, et autant à son Vinocolonel des lobby d’une ex république soviétique. Eclatante revanche des opprimés derrière le rideau de fer ? Que nenni : Fabien est arrivé sur son destrier scandinave et nous a réglé tout ça en moins de neuf minutes (chrono suisse oblige !).

Pas comme son copain Australien, O’Grady, dont la précipitation à l’envol l’avait fait décollé dans un virage mais Mister Riis peut ce soir boire une bière s’il a quitté le territoire britannique (à cette heure-ci les pubs vont fermer, non ?) : c’est son poulain qui a récupéré le maillot jaune et non pas un « repenti » accepté ou un des muets du Puerto Circus.

Et pour les favoris c’est plutôt mal parti pour la hiérarchie annoncée : Kloden devant Vino, Karpets devant Valverde, Gusev et Contador devant Leipheimer, Sastre et Schleck au fond de la fontaine… Allez : plus qu’un petit effort et ce Tour sera aussi passionnant que le précédent (n’en déplaise aux Grincheux de Blanche-Neige qui voient de la drogue partout). En espérant quand même que celui-ci s’arrêtera à la fin du temps réglementaire et ne nous obligera pas à attendre les tirs aux buts après nous avoir désolé durant les prolongations !



Vendredi 6 juillet 2007
- Présentation des équipes

« My doctor is rich. Rich yours doctors are ? »

  Aujourd’hui il valait mieux se marier à l’eau minérale en star de la NBA que de monter sur un podium anglais faire de la pub pour des eaux gazeuses…

Le « joyeux » plateau d’Eurosport ce soir pour la présentation des équipes sur Trafalgar Square oscillait entre « Règlements de compte à O.K.Corral » et « Just like a Tombstone blues ». Pire qu’un jeu de massacre à la foire du Trône ! La revanche des muets : « Ne nous taisons pas : nous savions que dans les années 90 le dopage était un phénomène culturel dans le cyclisme… ». Et pourquoi ne le disaient-ils pas à ce moment là ? Parce qu’être du bon côté du manche a toujours facilité l’insertion socioprofessionnelle ? Et donc qu’il est de bon ton aujourd’hui de se réjouir (en présence de Richard Virenque coincé entre le marteau et l’enclume !) de l’absence de Riis, de Petacchi et autre Di Luca sur le Tour (après les avoir supplié de venir les années précédentes), de se réjouir de l’exclusion de Zabel des sélections nationales et d’avertir Vinokourov qu’il n’a pas intérêt à avoir un globule blanc en sus s’il veut qu’on accepte de le voir gagner le Tour en voiture rouge ?

Au moins on est sûr que demain ils ne pourront pas faire pire pour commenter le prologue !

Puisque les chaînes de sport nous informent désormais sur le Droit, la Médecine, la Morale et l’Instruction Civique nous ne pourrons malheureusement pas faire de commentaires sur ces petits bonhommes colorés qui s’apprêtent à agiter leurs mollets dès demain sur des rubans de macadam. Ceci dit si ces stars du micro s’y connaissent aussi bien en médecine du sport qu’en palmarès cyclistes (mention pour les commentaires à géométries variables sur Casar et Kohl !) vaut peut-être mieux, en cette veille de GP de Grande-Bretagne, aller suivre le Tour chez Mc Laren (le mentor des Sex Pistols !) plutôt que chez Ferrari (la F1 du Kazakhstan ?).

Une dernière pour la route ? J’ai appris que Barloworld participait au Tour pour des raisons « politiques » (non ?) : uniquement pour que ASO puisse faire la nique à l’UCI Protour en invitant 2 équipes supplémentaires sans prendre toutes les équipes du Protour. Et, bien entendu, que « Uni… tut…tut » (faut pas citer son nom en France !) n’avait pas été sélectionné pour des raisons « sportives » (ah ?)… mais aussi légales : « Dura lex, sed lex ! » conclut sentencieusement un ex spécialiste des échappée au long court !

Eurosport/Secret Loft même combat : la télé vérité vous offre ses pixels et les poubelles des autres !

Allez, promis : demain c’est samedi. Et si jeudi c’était « ravi au lit », si ça me dit, demain ce sera sport plus !



Jeudi 5 juillet 2007
- L'étape "couperet"

« Sur ma liste, j’ai encore Lou Petacchi ! »

  Je la redoutais cette étape : 3, 4 kilomètres entre l’hôtel et la salle de presse… et l’année dernière le podium officiel de l’édition 2006 avaient dû mettre pied à terre avant même le baisser du drapeau ! Alors quand je vois les articles de pseudo journalistes sportifs annonçant que le Tour va se jouer dans les Pyrénées je souris devant tant d’incompétence : désormais le Tour se joue dans la semaine qui précède le départ… Ce qui se passe ensuite sur la route est quantité négligeable : c’est juste pour occuper les après-midi des vacanciers accros au stars système des présentateurs télés à l’heure de la sieste. Leurs prouver qu’il ont fait le bon choix (il y a des embouteillages dans toute la France) et leurs permettre de regarder les paysages qu’ils n’ont pas pu regarder en venant (voir ou conduire : il faut choisir !). Ca leurs apprendra à se déplacer en voitures : il n’y a qu’en vélo ou en hélicoptère qu’on circule librement en juillet !

Le seul changement dans le déroulement du Tour depuis qu’il a vieilli c’est que sa durée s’allonge d’année en année : en 2006 la seule autre étape décisive après la veille du départ s’était déroulée la semaine suivant l’arrivée et, à ce jour, ce Tour 2006 n’est pas encore terminé au moment où celui de 2007 démarre (ASO vient juste de donner les résultats de celui de 1996 : pas de vainqueur ! De joyeux humoristes rendant avant de se rendre à Londres un hommage au « nonsense » british ?).

Bon : on cause, on cause mais pendant ce temps là tout le monde s’échauffe ! Les médecins Espagnols, Loch Fuentes en tête, rappellent qu’ils sont contre le dopage des sportifs, qui est une intolérable atteinte à la santé de ces jeunes hommes, qu’ils condamnent fermement et contre lequel ils ne cessent de lutter (décidemment l’humour british s’exporte bien en Europe !); les sportifs qui ont appris à écrire à défaut de lire (il parait qu’ils ne peuvent pas savoir ce que contiennent des perfusions) signent en râlant au bas d’une feuille qu’on leurs tend pour prendre le départ (franchement c’est quand même pas le métier qu’ils avaient choisi de devoir signer sans arrêt : les autographes, les feuilles de départ, maintenant des engagements…). Nous voilà revenu au vrai sport à l’ancienne : ces déclarations pleines de bon sens des boxeurs à la descente du ring sur une civière « Je ferais mieux la prochaine fois… Le bonjour à maman… J’ai pas mal… ». Et demain ils se retrouveront ruinés après avoir dû rembourser leurs gains comme les champions d’avant guerre (celle de 14 bien sûr)! Tout ça pour avoir fait confiance à leurs gentils managers et ne pas avoir regardé ce qu’on leurs faisait faire (qui a dit : « C’est pour ça qu’ils portent tout le temps des lunettes de soleil maintenant ! » ?) Et on voudrait nous faire croire que le Tour a changé de siècle ?

Pendant ce temps, j’ai encore raté le meilleur sprinter du monde qui, comme le meilleur spécialiste des classiques il y a quelques années, s’est cassé la rotule en s’agenouillant pour demander pardon une année avant de prendre froid et de devoir rendre son aérosol… « Allo, tonton ? Pourquoi tu tousses ? »

Il n’y a que les aigris et les moralisateurs de bazar pour nous dire que nous ferions mieux de boycotter le cyclisme et de regarder des spectacles plus moraux comme le rugby, la guerre ou la politique. Moi je trouve que c’est un spectacle qui offre toutes les subtilités de la comédie humaine et je l’aime aussi pour ça !



Mercredi 4 juillet 2007
- Avant la visite médicale

« Tintin (Prudhomme !) et le monstre du Loch Fuentes »

  Envoyé par l’Association des Super Outrés sur le territoire de la Perfide Albion notre sympathique ex-journaliste va trouver à son arrivée un climat typiquement « british ». Depuis quelques semaines c’est un brouillard des plus épais qui couvre à nouveau le paysage du cyclisme international… Rien de bien nouveau pourtant sous les soleils de juillet…

Pour mémoire (du cyclisme) je rappellerais qu’à l’occasion du dernier transfert au delà de la Manche, en 1998, la police avait déjà intercepté un véhicule transportant des bombonnes d’EPO remplies de seringues, ainsi que d’autres produits susceptibles de servir à la confection d’engins explosifs, que des terroristes d’El Questina s’apprêtaient à mettre à feu tout au long du parcours. Et depuis les médias nous saoulent quotidiennement des avancées « décisives » de la lutte anti-terroriste sans pour autant que baisse une seule seconde le niveau d’alerte sur les routes des principales épreuves du calendrier.

L’année dernière, au cours d’un show médiatique bien orchestré, l’ASO avait annoncée que les caméras de surveillance installées en Espagne prouvaient que Saddam HusSainz possédait des armes de destructions massives du suspens et qu’il était temps d’envahir le désert d’Ibèrie afin de le préserver. Aujourd’hui les sceptiques ne manquent pas de rappeler qu’au résultat, si le suspens concernant le nom du « vainqueur » du Tour 2006 a bien été préservé, il l’est désormais « au-delà » du raisonnable pour un événement sportif. Et comme le disait une de nos humoristes dans un sketch sur « Radio bistrot », la meilleure source des véritables informations sur le cyclisme pendant le Tour de France, c’est bien la première fois que cette lutte fait plus de « morts » dans le monde du cyclisme depuis qu’elle a été médiatisée que le fléau « mortel » qu’elle serait censée faire disparaître !

Alors plutôt qu’emboîter le pas de tous ces Tartuffes qui se pavanent sur nos écrans avec un régiment de bananes en guise de mimiques pour évoquer les spectacles « sextraordinaires » qu’ils vont avoir le plaisir de nous présenter sur leurs chaînes, je préfère relire mes classiques et citer un extrait d’une interview d’un des premiers « spécialistes » de la question il y a… cinquante ans !

« Le doping c’est un faux moyen et un dangereux moyen. Et puis, ils peuvent bien employer tous les dopings de la Terre, on ne fait pas un champion d’une cloche. (…)

Quiconque fait une piqûre et donne un médicament qui ne correspond pas à une prescription médicale, c’est du doping. Si un médecin autre que celui du Tour fait une ordonnance, je n’ai pas à la discuter, il a peut-être raison et prend ses responsabilités, mais pour moi rien ne doit être fait sans ordonnance. »

Et plus loin :
« …(les soins) je suis seul à avoir le droit de les donner en course » (interview du médecin-chef de l’ENSEP et du Tour, le docteur Dumas, dans « Miroir Sprint » « Tour de France 1958 » suppl. au n°626 du 2 juin 1958)

Et si, finalement, le vélo c’était simple comme un (des) coups de pédales ?

Jean-Louis Bey


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Fichier mis à jour le : 1/02/2013 à 19:06

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