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Phil Anderson leur a tracé la voie23 septembre 2019  

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Phil Anderson leur a tracé la voie

Un portrait de Phil Anderson qui a ouvert la voie à ses compatriotes dans les années quatre-vingt.

Par Antoine Riche

Avant Cadel Evans, la meilleure performance australienne sur le Tour avant été réalisée par Phil Anderson. Dans les années 80, il a fait parti des meilleurs coureurs mondiaux. Dans un contexte difficile, il a été montré le chemin à ses compatriotes.

FOU DU TOUR À SES DÉBUTS

"Pour Phil Anderson, dans le vélo, il n'y a guère que le maillot jaune qui compte ! On a beau essayer de le tempérer, de l'inciter à s'économiser, c'était plus fort que lui." (1). Voici comment Maurice De Muer décrit son ancien coureur en 1985. Anderson vient de gagner coup sur coup le Critérium du Dauphiné et le Tour de Suisse. Il rêve du Tour, mais ne terminera que 5ème, égalant sa performance réalisée trois ans plus tôt. Jusqu'à l'an passé et Cadel Evans, c'était la meilleure performance australienne sur la Grande Boucle. Jamais il ne sera si près du but. C'est en 1981 qu'Anderson se révèle sur le Tour. Il est alors loin d'en être un favori, même si sa victoire au Tour de l'Aude quelques semaines auparavant lui donne un certain crédit. Il n'y a qu'une étape dans les Pyrénées. Van Impe est échappé, parti faire son numéro et derrière Hinault s'affirme déjà comme le patron. Un coureur de Peugeot s'accroche, Phil Anderson. Jusqu'au bout il tiendra et prend la maillot jaune pour un jour. Il ne réalise pas encore ce qui vient de lui tomber sur la tête. Jusqu'aux Alpes, il restera au contact d'Hinault qui doit faire les sprints bonification pour se donner de l'air. Premier non Européen en jaune, 10ème à Paris, il est élu sportif de l'année dans son pays. L'année suivante, il progresse encore. En plus de sa 5ème place, il remporte le maillot blanc, une étape et porte le maillot jaune neuf jours. Lors de ses cinq premières participations, il terminera dans les 10 premiers (9ème en 1983, 10ème en 1984). Ensuite, il sera nettement plus loin au classement, terminant cependant 13 fois la course et remportant au total deux étapes (une deuxième en 1991).

A L'ATTAQUE

Début 1986, il souffre d'un dérèglement intestinal qui le prive de course de Paris-Nice au Tour de Suisse. Son équipe d'alors, Panasonic, l'a complètement oublié. En fin d'année, il remporte Blois-Chaville (2), sa plus belle victoire en ligne et au passage, une revanche sur ses dirigeants. Entre 1983 et 1986, il se fera également un beau palmarès sur les courses en lignes : Amstel Gold Race 1983, G.P de Zurich 1984 et G.P de Francfort 1984-1985. Il termine aussi 3ème de Liège-Bastogne-Liège en 1983, 2ème en 1984, 2ème du Tour des Flandres et de Gand-Wevelgem en 1985 ou encore 3ème du Tour de Lombardie en 1986. Pas un pur grimpeur, Anderson n'est pas non plus le plus rapide au sprint, alors pour s'imposer, il doit attaquer. Attaquer ne suffit pas, il lui faut partir seul pour gagner, sinon il doit se contenter des places d'honneurs. Ces performances lui on permis de monter au deuxième rang du classement FICP, ancêtre du classement UCI.

UNE FIN DE CARRIÈRE DISCRÈTE

Il réalisera encore quelques belles performances sur les courses d'un jour en terminant 2ème du Tour des Flandres 1988, 3ème de Liège-Bastogne-Liège 1989 et 2ème de Paris-Tours en 1990. Après sa maladie, Anderson devra se contenter de succès sur des épreuves secondaires, malgré un Tour de Romandie victorieux en 1989. En 1991, il passe chez Motorola où il se relance en remportant le Tour Méditerranéen, la Semaine internationale et le Tour de Grande-Bretagne. Il permet à son équipe qui vient de changer de sponsor de partir du bon pied. Il y terminera sa carrière en "eau-de-boudin" en 1994, abandonné par ses dirigeants lors des derniers mois. Entre temps, il a pris sous son aile un jeune Américain chez qui il pense retrouver celui qu'il était à ses débuts : Lance Armstrong.

UN AUSTRALIEN EN FRANCE

Pour sa dernière année de compétition, il remporte la médaille d'or aux Jeux du Commonwealth, dans le contre-la-montre par équipes. 16 ans auparavant, il avait remporté l'épreuve en ligne. C'est en 1978, il a alors 20 ans. Né à Londres, il déménage aux antipodes où il découvre le cyclisme. Il s'y fait une petite renommée et un restaurateur de Melbourne, Gérald Georges, le présente aux dirigeants de son ancien club, l'AC Boulogne-Billancourt. L'ACBB est alors le meilleur club amateur français, la réserve de l'équipe pro Peugeot et accueille de nombreux anglophones. Georges lui offre le billet d'avion et Anderson part en France avec le but de préparer les JO de Moscou. Il s'impose rapidement. Lauréat du G.P des Nations amateurs, il termine deuxième des Palmes Merlin récompensant les meilleurs amateurs, derrière son co-équipier Robert Millar. Peugeot cherche à renouveler son effectif et il passe pro en 1980. Pourtant, Anderson ne semble pas avoir convaincu, comme l'atteste cet extrait de Vélo (3) de novembre 1979 : "Il a encore beaucoup à apprendre. Trop prolixe d'efforts insensés il rate souvent les bonnes échappées. Rouleur de talent, naïf mais ambitieux, Anderson acceptera tous les sacrifices de la réussite". Dès son arrivée en France, il n'a guère été encouragé. En plus du changement de culture, il ne parle pas Français et ses équipiers l'appellent "l'Australien" ou "le Kangourou" (4). C'est en remportant des courses qu'il se fait respecter et il en tirera sa motivation : "J'étais dans une équipe française et je sentais que les coureurs français étaient prioritaires. Je devais être meilleur que mes coéquipiers. Cela m'a endurci, m'a mis sous pression et c'est devenu une partie de mon caractère" (5). Ses débuts chez les pros ne sont pas faciles non plus. Au début ses leaders s'appellent Bernaudeau et Laurent. Puis, en 1981, alors qu'il commence à marcher, il est éclipsé par un autre coéquipier, Stephen Roche. Le Tour de France changera la donne. Par la suite, les Européens s'intéresseront de plus près à l'Australie. Alan Peiper, Neil Stephen, Stephen Hodge ou Scott Sunderland rejoindront Anderson dans les années 80, avant l'arrivée des coureurs actuels. Phil Anderson ne s'est pas éloigné du cyclisme aujourd'hui. Il commente des courses pour la télévision et organise des randonnées en Europe. Il a également aidé un de ses voisins, Simon Gerrans, à suivre sa voie.

(1) Le livre d'or du cyclisme 1985
(2) Cette course remplaçait Paris-Tours à l'époque
(3) Aujourd'hui "Vélo-Magazine"
(4) "Vélo-Sprint 2000", Février 1993
(5) www.ausport.gov.au


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Fichier mis à jour le : 1/02/2013 à 19:06

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