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Petit historique de Bordeaux-Paris26 juin 2019  

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André Chalmel : "A l'arrivée de Bordeaux-Paris, je n'avais plus de voix"

Bordeaux-Paris, course disparue, fut le théâtre de grands exploits athlétiques et de défaillances abyssales. Quoi de mieux pour retrouver l'ambiance de cette course particulière au parfum suranné que de s'adresser à un de ses fidèles? Nous avons donc demandé à André Chalmel, coureur discret mais rouleur efficace, vainqueur en 1979 du Derby de la route de nous parler de la vie d'un coureur entre la nuit de Bordeaux et l'arrivée à Paris.


Propos recueillis par Dominique Turgis

Etiez-vous volontaire pour votre première participation en 1976 ?
André Chalmel : Non. C'est mon directeur sportif, Cyrille Guimard qui m'a demandé d'y participer. La Société du Tour organisait Bordeaux-Paris et ils aimaient bien que les équipes françaises envoient au moins deux coureurs chacune. Pour me préparer, je me suis entraîné derrière le vélomoteur de ma femme.

Comment s'est passée cette première tentative ?
On m'avait conseillé de surtout bien m'alimenter pendant la nuit. C'est ce que j'ai fait mais comme je suis gourmand, j'ai trop mangé. A la prise des entraîneurs, j'étais asphyxié en queue de peloton. Pendant 80-100 kilomètres, j'étais mal derrière mon entraîneur. En plus je roulais trop loin de sa roue arrière.
Ensuite, ça allait mieux. J'ai doublé un coureur comme Verbeeck. Je me suis retrouvé à portée de fusil de Godefroot et Van Springel qui étaient en tête mais je n'ai jamais pu rentrer. Je me classe troisième.

"Jouer ma carte personnelle"

Cette réussite vous a motivé pour revenir ?
Oui. Cette course très physique convenait bien à mes qualités. En plus elle me permettait de jouer à fond, une fois dans l'année, ma carte personnelle. Le reste de l'année j'étais équipier pour Lucien Van Impe puis pour Hinault.

Une particularité de Bordeaux-Paris, c'est la nuit. Qu'est-ce qui s'y passait ?
La nuit ça roulait à 36/38 km/h pendant 220 bornes. On roulait dans la lumière des voitures suiveuses car nous n'avions pas de lumière sur les vélos. On pédalait dans la laine : casquette de laine, jambière de laine et maillot de laine. Il fallait mouliner et s'alimenter. Les dernières années, je me suis mis à l'alimentation liquide. J'ai aussi essayé l'alimentation pour enfants, comme la blédine.

L'alimentation était elle un paramètre de la course ?
Pour moi oui. La seule année où j'ai gardé mon thé au citron et mes tartes aux pommes, c'est en 1979 et je gagne. A la fin de la course, c'était dur de s'alimenter.

Pouvez-vous nous raconter votre victoire de 1979 ?
La nuit, j'étais décontracté, j'ai bien mangé. A la prise des entraîneurs, je suis parti vite ce que n'aimait pas Van Springel, le favori . Dans la première heure derrière entraîneur, j'ai parcouru 63 km, 62 dans la deuxième, sans EPO ! (rires). Pendant trois heures, j'ai mouliné mon 53x12. J'étais facile, je maîtrisais parfaitement mon effort, j'avais de la marge. J'ai laissé Régis Delépine revenir à 2'. J'ai relancé et c'est lui qui a explosé. A l'arrivée, les autres coureurs étaient contents de ma victoire.
J'ai une anecdote pour montrer que je n'ai jamais été en sur-régime. A l'arrêt toilette (NDLR : avant la prise des entraîneurs, une neutralisation permettait aux coureurs de s'arrêter pour se changer) j'avais gardé mes manchettes, pensant les enlever plus tard quand j'aurais trop chaud. Je les ai gardées toute la course car je n'ai jamais été asphyxié.

"C'est à l'entraîneur d'obéir"

Qui était votre entraîneur ?
Jo Goutorbe (NDLR : ancien coureur des années 40), c'est Guimard qui l'a choisi. Il avait entraîné Guimard dans Bordeaux Paris 1973 et aussi Jacques Anquetil en 1965. C'était un bon entraîneur. Il abritait bien ce qui n'était pas le cas de tout le monde (rires) mais il avait du caractère. Il aimait filer devant de peloton, dès la prise des entraîneurs pour montrer qu'il avait un coureur capable de gagner. Ce n'était pas mon style. Souvent à la fin de Bordeaux-Paris, j'avais encore des jambes mais plus de voix, à force de lui crier de ralentir. C'était au derny d'obéir pas au coureur. Il était habitué à des coureurs comme Anquetil qui répondaient à ses accélérations. Mais en 1979, avec la victoire, il était content.
En 1982, j'ai eu Cools qui avait entraîné Van Springel. Lui aussi, était très bon.

A l'entraînement, est-ce que vous rallongiez la distance avant la course ?
Non, je ne faisais pas de sorties marathon. Je faisais des sorties de trois heures derrière le vélomoteur piloté par ma femme, à 50 à l'heure. Je travaillais la position derrière l'engin. Je m'exerçais à m'approcher de la roue arrière, pédaler de la pointe comme un pistard. Je continuais de courir jusqu'au dernier moment. Les dernières années, j'allais huit à quinze jours en région parisienne pour m'entraîner dans le sillage de Jo Goutorbe.
J'ai appris par Cools que Van Springel faisait de longs entraînements sur le plat sans récupérer (NDLR : trois sorties de 400 km par semaine). D'ailleurs, il attaquait toujours sur le plat après la prise des entraîneurs.

"Une course faite pour la télévision"

Pour votre dernière participation en 1982, vous innovez
L'équipe Peugeot à laquelle j'appartenais avait choisi d'utiliser les vélos à cadre plongeant de Daniel Salmon (NDLR : avec ces vélos à petite roue à l'avant, le quatuor français avait décroché la sixième place aux championnats du monde des 100 km en 1981). C'était un vélo idéal pour aller vite derrière derny. Avec de bonnes jambes, j'aurais pu rouler 2 à 3 km/h plus vite qu'un vélo normal. Malheureusement, j'ai chuté. En plus, je n'en avais pas trop parlé à l'époque, j'avais attrapé un vers solitaire. Je m'en étais débarrassé 15 jours seulement avant la course.

Bordeaux-Paris est elle une course du passé ?
Non, c'est même une course spectaculaire faite pour la télévision. A mon époque, ils ne filmaient que les 20 derniers kilomètres, la course était déjà jouée. Si on filmait la prise des entraîneurs, les défaillances, cela pourrait faire des belles images. En 1982, quand je chute sur le dos à 80 km/h, ça devait être spectaculaire! (rires).

Photos :
André Chalmel, épaule déchirée termine son dernier Derby en 1982.
Crédit : Dominique Turgis


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Fichier mis à jour le : 1/02/2013 à 19:06

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