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Création d'une équipe professionnelle soviétique16 septembre 2019  

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En 1989, l'un des événements de l'année est l'arrivée dans le peloton d'une équipe professionnelle soviétique. Alors que nous allons bientôt fêter l'effondrement du Mur de Berlin, nous vous remettons en mémoire cet épisode qui a changé la face du cyclisme moderne.

Par Sandrine Viollet le 5 septembre 2009

C'est en janvier que l'affaire se concrétise enfin. L'équipe italo-soviétique Alfa-Lum fait son apparition dans le peloton. 15 coureurs composent l'effectif, dont le célèbre Sergueï Soukhoroutchenkov, surnommé "le meilleur coureur amateur du monde". Soukho expliquait alors : "les changements intervenus dans mon pays depuis la venue de Gorbatchev ont changé bien des choses, bien des mentalités. C'est à cela que nous devons, mes camarades et moi, de tenter cette aventure du professionnalisme en Italie..."

LE PROJET SERPENT DE MER
Cette création, cela faisait deux ans que l'on en parlait sous le nom de code "serpent de mer". En Union Soviétique, Gorbatchev est alors au pouvoir depuis 1985 et le Tour 1987 a pris son envol au pied du Mur de Berlin. C'est l'époque de la Perestroïka et de la Glasnost, la "restructuration" et la "transparence". Les Soviétiques veulent faire preuve d'ouverture, et le sport est l'une des meilleures vitrines de communication. Une nouvelle situation que vont s'empresser d'exploiter certains industriels, en premier lieu les italiens.

UN MILLION DE DOLLARS POUR LA FÉDÉRATION SOVIÉTIQUE
Michaël Bruschi, patron de la firme Alfa-Lum, qui fabrique des objets en aluminium, a l'idée d'utiliser l'essor du cyclisme soviétique pour développer ses affaires. Ainsi, il n'hésita pas à débourser un million de dollar pour convaincre la Fédération Cycliste Soviétique. Et au printemps 1988, il rencontra Mikhail Gorbatchev en personne pour discuter de ses projets industriels. En échange de la création d'une équipe soviétique, Michaël Bruschi reparti de Moscou avec des contrats pour installer ses usines de fabrications de produits sportifs, entre autres des bicyclettes et des raquettes de tennis, en Russie. Autre personnalité favorable au projet, le constructeur de cycles bien connu, Ernesto Colnago, très intéressé par le développement du marché du cycle à l'Est et qui fournit des vélos pour l'équipe nationale soviétique depuis le début des années 1970.

L'ARMÉE ROUGE
Parmi les 15 coureurs à rejoindre l'équipe italo-soviétique, on retrouve, outre Soukhoroutchenkov, deux autres champions olympiques, Gintautas Umaras et Oleg Logvine, mais aussi et surtout bon nombre d'excellents routiers qui se tailleront un joli palmarès dans les années qui suivirent. Jugez-en plutôt : Vassili Zdanov, Viktor Klimov, Piotr Ugrumov, Sergueï Uslamine, Dimitri Konyshev, Vladimir Pulnikov, et encore Ivan Ivanov et Andreï Tchmil. Rapidement, cette équipe a été surnommée en Italie, "L'armada rossa", l'armée rouge... Il est aussi vrai qu'à l'époque, presque tous sont gradés et font partie de l'armée soviétique !

UN SALAIRE DE 450 ROUBLES
En 1989, tous ces coureurs logeaient alors dans un ancien hôtel proche de Rimini, mis à leur gracieuse disposition par leur sponsor. Mais leur salaire était rétribué de façon spéciale : 450 roubles sur leur compte en URSS, soit l'équivalent de... 12 € actuels (!!!), plus 500 dollars payés en Italie. Mais ces premiers professionnels soviétiques sont en liberté surveillée, puisqu'ils doivent encore fréquenter les banquets du parti communiste italien ! Piotr Ugrumov se souvient : "C'était ça, ou rien". Soukho, leur leader, fit alors une dénonciation publique de leur salaire dérisoire face aux autres professionnels. Rapidement, le versement en dollar fût doublé (!) et de nombreuses primes de "bons résultats" furent versées en cours d'année...

CHANGEMENT DE STATUT
Les soviétiques font une saison très honorable et participent à la Vuelta et au Giro. Ivan Ivanov terminera à la 6ème place du Tour d'Espagne après avoir remporté une étape au sommet de l'alto de Brañilin. Et Vladimir Poulnikov est meilleur jeune du Tour d'Italie (11ème). En outre, Ivan Ivanov remporte aussi la Semaine Lombarde et Dimitri Konyshev brille sur les courses d'un jour (1er de la Coppa Agostoni et du Tour d'Emilie). Seul Sergueï Soukhoroutchenkov ne s'adapte pas à sa nouvelle vie professionnelle et rentre en Russie. A 33 ans, il passe son rôle de leader au jeune Dimitri Konyshev (23 ans) qui crève l'écran en terminant 2ème du championnat du monde à Chambéry. Konyshev juge ainsi la saison de son équipe : "Nous sommes toujours "russes" mais on ne parle plus que de nos résultats. C'est beaucoup mieux ainsi car nous sommes là pour réussir des performances et non pour passer comme des attractions de foire".
En une saison, les soviétiques ont trouvé leur place dans le cyclisme professionnel, en s'imposant aussi bien dans les classiques que dans les grands Tours. Il faudra cependant attendre 20 ans pour retrouver après Alfa-Lum une équipe professionnelle de très haut niveau (si on excepte l'expérience Roslotto 1996-1997) sponsorisé par l'état russe : Katioucha.


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Fichier mis à jour le : 1/02/2013 à 19:06

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