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Le Luxembourg au temps des équipes nationales23 septembre 2019  

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Le Luxembourg au temps des équipes nationales

Malgré sa taille, le Luxembourg a fourni au cyclisme des champions exceptionnels depuis longtemps. Cependant quand le Tour se courait en équipes nationales, monter une équipe au Grand Duché était délicat.

Par Antoine Riche

Des équipes hétéroclites

Lorsque les équipes nationales sont introduites en 1930, seuls trois pays, la France, la Belgique et l'Italie, étaient réellement capables de construire des équipes compétitives. Par la suite d'autres pays ont pu bâtir de bonnes équipes et des équipes régionales ont été rajoutées.
Le Luxembourg, qui ne comptait qu'une dizaine de professionnels, ne pouvait pas toujours composer une équipe complète pour la Grande Boucle. Au gré des décisions de l'organisateur, les pays associés au Luxembourg étaient plus ou moins forts, voire assez improbables. En 1957, par exemple l'équipe "Luxembourg-Mixte" comprenait six Luxembourgeois, deux Portugais, un Allemand et un Britannique.
Lorsque les équipes nationales sont réintroduites en 1967 et 1968, le Luxembourg est associé à la Suisse. Johny Schleck, qui a participé à ces deux éditions se souvient : "Les petits pays comme le nôtre n'étaient vraiment pas avantagés. Il y avait quelques coureurs pros au Luxembourg et on était obligé de s'allier avec un autre pays. On faisait comme on pouvait et parfois on remplaçait un pays par un autre. Sur le Tour de l'Avenir [en 1964, NDLR], nous avions ainsi fait équipe avec des Néo-Zélandais.". Sur le Tour de France et le Tour de l'Avenir, le Luxembourg sera également associé à l'Espagne, l'Australie, l'Autriche, les Pays Bas,la Pologne, la Grande Bretagne, le Canada, l'Irlande et même le Liechtenstein. Ce système montrait ici, une partie de ses limites.
Il était ainsi difficile de construire une équipe sur la continuité d'une année sur l'autre :"La sélection était facile car nous n'étions généralement qu'entre deux et cinq professionnels et nous étions quasiment tous sélectionnés.". En 1967, il y avait donc deux Luxembourgeois pour huit Suisses et en 1968, quatre Luxembourgeois pour six Suisses.

L'organisation des équipes

La vie de tous les jours n'est pas forcément facile pendant ces trois semaines : "Structurellement c'était difficile.", raconte Johny Schleck, "Notre équipe mixte était vraiment l'addition de deux équipes. Nous avions tout de même un vrai travail d'équipe, mais comme nous n'avions pas de leader, tout le monde avait le champ libre pour faire pratiquement ce qu'il voulait.".
L'absence de vrai leader livre les coureurs à eux-mêmes et la différence avec les autres courses de l'année est trop importante pour que le système soit viable: "Je roulais toute l'année avec Jan Janssen et si, sur le Tour, je me retrouvais en position de lui donner un coup de mains je le faisais.". Cette formule présente tout de même des avantages pour les habituels gregarii : "C'était tout de même moins exigeant que les autres courses. J'étais assez souvent dans les échappées, je faisais des places. Je n'ai pas gagné d'étape, car je n'étais pas assez rapide au sprint, mais j'ai fait quelques bonnes places dans les cinq ou dix premiers [7 en 1967]. Je pouvais aller dans les échappées sans regarder."
En 1968, le Tour passe même au Luxembourg, une motivation supplémentaire pour les coureurs locaux : "On arrivait à Esch-sur-Alzette et c'est Charly Grosskost qui avait gagné. Pour nous, Luxembourgeois c'était super. Déjà quand le Tour de France passe près de chez soi c'est super, mais là d'être dans la course c'était encore mieux. Ca fait plaisir de vivre ça, car le Tour c'est grandiose."

Gagner le Tour avec une équipe nationale

Chraly Gaul aimait répéter qu'il aurait remporté plus de Tours de France avec une équipe plus forte. Il est vrai qu'il perdait beaucoup de temps dans la plaine à cause d'une équipe qui peinait faces aux grandes nations, même si son inattention était parfois la cause de ses problèmes, et il ne pouvait reprendre tout ce temps perdu dans la montagne.
Johny Schleck va dans ce sens : "Même si le cas ne s'est jamais présenté, il aurait été quasi-impossible pour un Luxembourgeois de gagner avec une équipe nationale mixte. Charly Gaul l'a fait, mais c'était Charly Gaul, c'est-à-dire un mec au dessus des autres dans la montagne."
En 1958, Charly Gaul a donc réussi à remporter le Tour, avec une équipe luxembourgeoise. Il faut dire que cette année là, le Luxembourg était associé aux Pays-Bas, un des pays les plus solides avec qui il pouvait se retrouver. Gaul pouvait également compter sur ses fidèles équipiers luxembourgeois Aldo Bolzan, Marcel Ernzer (vainqueur de Liège-Bastogne-Liège en 1954), Willy Kemp (une étape du Tour 1955) et Jempy Schmitz (une étape du Tour 1956 et GP du Midi-Libre 1957). L'esprit d'équipe signifiait quelque chose pour eux comme l'a résumé Willy Kemp lors de la disparition de Gaul en décembre dernier : "Charly Gaul, c'était un copain" (1). L'Ange de la montagne n'hésitait d'ailleurs pas à user de son influence pour permettre à ses compatriotes de trouver une équipe.

Charly Gaul

Le Tour 1958 ne fut pourtant pas de tout repos pour Gaul. La plaine ne lui coûte pas trop de temps sur les autres favoris et il se permet même de gagner le premier contre-la-montre devant Anquetil. Les Pyrénées ne lui permettent pas de faire la différence, mais il reste en embuscade à une dizaine de minutes du leader Favero. Remonté à la 3e place grâce à son ascension victorieuse du Ventoux contre-la-montre. Il est piégé le lendemain par une attaque alors qu'il était arrêté par un problème mécanique (2) et perd 11 minutes. Au matin de l'étape Briançon - Aix-les-Bains, il compte 16 minutes de retard sur le nouveau leader, Raphaël Géminiani. Le soir, à l'arrivée de cette étape d'anthologie courue sous la pluie, il est à portée de fusil du maillot jaune, porté par Favero. Ce dernier ne pourra rien dans le dernier contre-la-montre et Gaul remportera le Tour.
Il s'y était révélé en 1955, en terminant 3e. L'année suivante, il partait avec le statut de favori, mais comme tous les autres, il se fera piéger par Roger Walkowiak. La canicule aura raison de lui en 1957. Il défendra son titre en 1959 avec une équipe quasi-identique à la précédente, mais se fera de nouveau piéger sur une attaque après un ravitaillement. Absent en 1960, il terminera une dernière fois sur le podium en 1961. Il ne pouvait rien face à Anquetil cette année là et fut victime d'une chute. Il se fit même chiper la deuxième place le dernier jour par Guido Carlesi.

Des performances collectives remarquables

Il faut attendre 1936 et une nouvelle organisation des équipes nationales, pour voir une équipe du Luxembourg au départ du Tour de France. Elle est associée à l'Espagne. Ce coup d'essai va se transformer en coup de maître. La course commence pourtant par une polémique puisque c'est Marcel Frick, correspondant luxembourgeois de L'Auto qui sélectionne les coureurs et non la fédération. La troisième étape voit un coup double luxembourgeois avec la victoire d'étape de Mathias Clemens et le maillot jaune pour Arsène Mersch. Il le perd le lendemain, mais c'est au tour de Pierre Clemens de s'illustrer dans les Alpes où il sera 2e du classement général. La dernière étape voit un doublé luxembourgeois avec Mersch et Pierre Clemens. Au final, Pierre Clemens est 4e, Arsène Mersch 5e et Mathias Clemens 7e. Avec le bon comportement des Espagnols, l'équipe termine 2e.
L’année suivante sera plus difficile, mais cette équipe continuera à enchaîner les bons résultats jusqu'à la seconde guerre mondiale. En 1937 et 1939, une équipe 100% sera même engagée.
Après la reprise du Tour, ce seront Jean Goldschmit, Bim Diederich ou Jean Kirchen qui se distingueront. Ce coureurs en général, et Bim Diederich en particulier, en tireront une grande popularité dans pays et seront des références pour les coureurs de la génération suivante.

(1) Le Quotidien, 8 décembre 2005
(2) Ce genre de pratique était fréquent à l'époque, voire considéré comme "normal"

Sources : La fabuleuse histoire du Tour de France (Pierre Chany), Le Luxembourg au Tour de France (Willy Harold Vassaux), documents de Fernand Thill.

Plus d'infos sur : www.luxembourg.public.lu

Photo : Willy Kemp, Marcel Ernzer et Charly Gaul au moment de l’abandon de ce dernier au Tour 1957
Crédit : Miroir des Sports


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Fichier mis à jour le : 1/02/2013 à 19:06

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