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"Henri qui ? Ben, Henri Pélissier !" Les Pélissier, un nom qui claque en trois consonnes, une par frère. La collaboration des deux premiers, Henri et Francis, ressemblait parfois à une association de malfaiteurs alors que Charles, le petit dernier, apparaissait comme le petit prince, propre sur lui, le chouchou d'Henri Desgrange. En préambule de notre semaine sur les "fratries" du vélo, retour sur une famille de légende.

Par Antoine Riche

UNE VICTOIRE À TROIS BORDEAUX-PARIS

Dans les années 20, Bordeaux-Paris se décompose en deux parties : la première jusqu'à Châtellerault seul, puis avec entraînements cyclistes jusqu'à Paris. 1924 marque la troisième participation de Francis Pélissier. En 1922, il a remporté la course à sa première tentative, puis finit deuxième l'année suivante derrière Emile Masson. Lors de cette nouvelle édition, à 60 km de Paris, les deux hommes sont tout près l'un de l'autre lorsque Francis reçoit le renfort de deux nouveaux entraîneurs : ses frères Henri et Charles. Sur les pavés la côte du Buc, Francis aperçoit un trottoir en terre battue et entraîne ses frères avec lui sur la chaussée plus praticable, c'est à ce moment que le trou se fait. Masson et Francis se respectaient et avaient convenu de se partager les primes de victoires. Ce jour-là, Francis était moins fort que le Belge, mais il avait quelque chose en plus : "J'avais presque mauvaise conscience en serrant la main de mon vieil ami-ennemi Emile. Il aurait pu, il aurait dû gagner. Il lui a manqué l'astuce des Pélissier. Et deux frères pour le soutenir, le porter, le galvaniser jusqu'au bout."

CHARLES, LE PRÉFÉRÉ DE DESGRANGE

Les trois frères auront peu l'occasion de courir ensemble. Ils n'ont été pros ensemble que durant trois saisons lorsque Henri est sur un déclin inéluctable et alors que Charles vient seulement de passer pro. 14 ans les séparaient. Ils étaient quatre à l'origine : Henri, Jean, Francis et Charles. Jean est mort au front en 1915 (1). Coureur cycliste ce n'est pas vraiment ce dont avait rêvé leur père qui les voyaient plutôt mécaniciens plutôt que d'exercer ce métier de "saltimbanque". En 1925, Charles en prend pour son grade sous la plume d'Henri Desgrange, patron de L'Auto et du Tour et ennemi intime des Pélissier : "Je ne savais même pas qu'il existait un troisième frère Pélissier répondant au nom de Charles, et cela tient à ce que, connaissant par cœur les noms des vainqueurs de toutes les épreuves sur route, même de second ordre, je n'ai jamais vu le nom de ce citoyen là." Quelques années plus tard, ce même Desgrange tracera des Tours de France pour favoriser la victoire de Charles. Il faut dire qu'entre temps le benjamin des Pélissier s'est affirmé comme l'un des meilleurs routiers-sprinters de sa génération avec notamment huit victoires d'étapes sur le Tour 1930.

DÉMONSTRATIONS SUR LES CLASSIQUES

Desgrange et les Pélissier se détestaient cordialement. Le premier descendait les deux frères dans son journal et ces derniers répondaient sur le vélo. Passé pro en 1919, Francis se distingue vite en terminant sixième de Paris-Roubaix remporté par Henri. Ce dernier est déçu de n'avoir pas pu réaliser le doublé et s'accuse d'avoir provoqué la fringale de son frère : "J'aurais du le prévenir, mais je n'avais qu'une idée en tête : mettre le plus d'espace possible entre nous et les autres." Cette devise va marquer les courses d'après guerre. En 1919, Henri remporte également Bordeaux-Paris avec Francis comme entraîneur. En 1920, c'est Paris-Bruxelles et le Tour de Lombardie. En 1921, c'est le doublé sur Paris-Roubaix. Henri, le vainqueur y voit une logique implacable : "Nous connaissons nos classiques avec Francis." Francis remporte sa première grande classique lors de Paris-Tours 1921, parcourue sous la neige. A Châteaudun, Henri abandonne, mais ordonne à son frère de continuer : "Tu es fort, beaucoup plus fort que n'importe lequel d'entre nous. Je suis sûr que tu vas gagner." C'est ce qu'il fera.

DES AVANT-GARDISTES

Pour cette victoire, Francis a utilisé un imperméable spécialement conçu par Henri. Les deux frères révolutionnent l'approche de la compétition à cette époque au niveau du matériel et de l'entraînement. Ils préfèrent les sorties courtes ponctuées de sprints et de démarrages dans la vallée de Chevreuse. Leurs adversaires arrivent au départ le ventre plein, eux partent légers et attaquent dès le départ. Ce sont des indépendants. Après la guerre, les équipes se sont regroupées en consortium sous le nom "La Sportive". Les Pélissier font exploser cette entente en 1922 pour une histoire de salaire. Ils savent aussi jouer avec les médias. En 1924, ils racontent, en l'exagérant, leur quotidien au célèbre reporter Albert Londres qui en tirera son fameux "Les forçats de la route". A cette occasion, ils avouaient également "marcher à la dynamite." Les Pélissiers étaient des précurseurs en tout.

LE CHEF D'OEUVRE DU TOUR 1923

Henri remporte encore Paris-Tours en 1922. Sur le plan national, Henri est champion de France en 1919, Francis en 1921, 1923 et 1924. Sur Paris-Nancy 1922, ils réalisent le doublé en reléguant le troisième à 37 minutes ! Mais c'est sur le Tour de France 1923 qu'ils réalisent leur plus beau coup. Depuis sa deuxième place en 1914, Henri n'a plus terminé le Tour de France et Franci l'a à chaque fois accompagné dans ses abandons. De quoi faire dire à Desgrange que "Henri Pélissier ne figurera jamais sur la liste glorieuse des vainqueurs". Ce à quoi répond Henri : "L'avenir est à Dieu. Pas à Desgrange. Même sur le Tour de France." Comme à chaque fois, les Pélissier répondront sur le vélo. Sur les premières étapes, leur équipier Bottechia se révèle en prenant le maillot jaune. Aux Sables d'Olonne, Henri est pénalisé et est maintenant à 26 minutes du leader. Ce genre de chose l'aurait fait renoncer auparavant, mais pas cette fois-ci. S'accrochant dans les Pyrénées, c'est dans l'Izoard qu'il construit sa victoire. Même Desgrange s'avoue vaincu : "Henri Pélisser nous a donné un spectacle qui vaut tous les spectacles d'art."

Sources :
La légende des Pélissiers (R. Bastinde, A. Leducq)
La véridique histoire des géants de la route (J. Durry)
Il était une fois le Tour de France (J. Roussel)


(1) Francis reçoit la Croix de guerre et deux citations. Henri, d'abord réformé, se porte volontaire en 1917.


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Fichier mis à jour le : 1/02/2013 à 19:06

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