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Le crédo de Jean Robic26 juin 2019  

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Le crédo de Robic...

Par Dominique Turgis

Le final du Tour 1947 et son retournement de situation ont fait la fortune de Jean Robic. Son démarrage dans la côte de Bonsecours et son Tour sans maillot jaune lui ont donné une popularité jamais démentie. Pourtant, cette victoire était elle une surprise ? L'étude de ce Tour si particulier nous montre que non et que, au moins une personne, Robic lui-même, y a toujours cru.

Trois jours avant le départ du premier Tour après la Libération, se court le Championnat de France. Sans Jean Robic qui n'a pas eu assez de résultats pour se qualifier mais le Breton a pris le temps de se marier.

Pas seul maître à bord

Au départ du Tour, la grande vedette populaire s'appelle René Vietto. Sa carrière sportive a survécu à la guerre et il représente le lien avec l'ancienne génération.
Jean Robic est dans l'équipe de l'Ouest qui reprend son maillot blanc à liserés rouges du Tour 39, la continuité encore. Dans cette équipe dirigée par Pierre Cloarec, "Biquet" n'est pas le seul à pouvoir revendiquer une position privilégiée. Pierre Cogan et Jean-Marie Goasmat ont leur expérience pour eux. Dans Monaco-Paris 1946 (un mini Tour de France à un moment où les courses à étapes sont limitées à cinq jours), si Jean Robic remporte la grande étape de montagne pour l'équipe de l'Ouest, Pierre Cogan fait partie des piliers de l'équipe de France.

Des hauts et des bas en montagne

Dès la deuxième étape, Vietto, l'idole, signe un grand numéro en solo sur la route de Bruxelles. Jean Robic ne va pas tarder à apparaître. Sur la route caniculaire de Strasbourg, il refait une partie de son retard. Deux jours plus tard, les coureurs savourent leur première journée de repos à Besançon. Pierre Cogan y déclare "ça va très bien" tandis que Robic pense à sa femme : "Elle s'ennuie mais elle m'a dit qu'elle savait que je gagnerai le Tour de France". L'Amour est-il aveugle ?
La première étape alpestre Lyon-Grenoble va confirmer la valeur montagnarde du petit Breton. Par contre, Robic déchante le lendemain. Largué à la sortie de Grenoble, il prend le temps de se rafraîchir dans un ruisseau. Il réussit à rentrer dans le col du Glandon mais va passer une très mauvaise journée.
Entre Briançon et Digne, Robic se refait un peu et passe en tête de Vars et Izoard. Vietto fait mieux encore. Avec son élève Lazarides, sociétaire de l'équipe du Sud-Est, Vietto, chef de file de l'équipe de France, trouve un allié zélé. Si Robic perd du temps, il perd aussi un adversaire, son coéquipier Pierre Cogan qui chute dans la descente de Vars et repart amoché.

Le Biquet sème le troupeau dans les Pyrénées

A la sortie des Alpes, Vietto est en jaune, Robic est à 23'00". Le Breton de Radenac y croit plus que jamais. Le dimanche 13 juillet au départ de Luchon, Jean Robic annonce la couleur à qui veut l'entendre, à commencer par ses équipiers qui le prennent pour un vantard : "Je gagne l'étape !". Dès le départ, c'est la montée vers Peyresourde. Robic attaque, Brambilla de l'équipe d'Italie réplique. Robic vise les bonifications aux sommets des cols et devance l'Italien de France. En vue du sommet d'Aspin, le Breton lâche "La Brambille" qui casse sa selle. Il reste 150 bornes que Jean Robic va avaler d'une traite en n'oubliant pas les bonifications en guise d'amuse-gueules. A l'arrière, ça va mal pour le maillot jaune. Vietto passe à 12'30'' au sommet du Tourmalet attendu par Lucien Teisseire. Au prix d'une descente rapide, le Cannois chouchou des Français, va recoller presque tous les morceaux. A l'arrivée à Pau, il règle le groupe des poursuivants, Ronconi, Brambilla notamment. Robic pointe à 8'00" au général.
Alors, convaincus les coéquipiers de Robic ? Pas forcément...

Robic, un précurseur

Dans la remontée vers la Bretagne, Eloi Tassin de l'équipe de l'Ouest gagne une étape et songe à l'après contre-la-montre Vannes-St Brieuc à deux jours de l'arrivée : "Il me faudra aider Robic à défendre sa place voire le maillot jaune qu'il est capable de ravir à Vietto". Vietto, l'homme qu'on pense encore imbattable.
Vannes-St Brieuc, l'épouvantail, est précédé d'une journée de repos. Brambilla est confiant pour prendre le paletot à Vietto. Robic de son côté, se remarque et se démarque. Il part rouler 50 bornes pour éviter d'avoir les grosses cuisses le lendemain. Une pratique qui fera florès. Les autres coureurs sont épatés. Louis Caput et Raymond Guégan, venus saluer leurs copains de l'équipe de France sont admiratifs. "Nous commençons à croire que Robic peut mener la bataille, non seulement de Vannes à St Brieuc mais encore jusqu'à Paris."
Le contre-la-montre voit l'effondrement de Vietto, la victoire du Belge Raymond Impanis, la prise de pouvoir de Pierre Brambilla et la remontée au général de Robic, à 2'58'' du nouveau maillot jaune. Les écarts sont serrés, un renversement de situation est dans l'air, tout le monde y croit. A commencer par l'Equipe qui titre : "Le Tour n'est pas fini". Il faut dire que la dernière étape de Monaco-Paris 1946 est encore dans toutes les mémoires. Apo Lazaridès, équipier de l'équipe de France et missionné par Vietto, y a remporté la course in extremis.

"Fach" plus rapide que Biquet

Voici donc le dernier jour. Là où ont échoué Faber en 1910 et Henri Pélissier en 1914 dans leur tentative de "coup d'état", Jean Robic va réussir. Une étape rapide qui arrive avec plus d'une heure d'avance sur l'horaire. Un double démarrage dans la côté de Bonsecours au dessus de Rouen, lieu du ravitaillement, qui fait "sauter" définitivement Brambilla. Un savant jeu d'alliance et d'intérêts communs à l'avant et le Tour est joué. La TSF, peut commenter en direct l'arrivée triomphale de Robic sur les pavés parisiens qui font crépiter les roues des voitures.
Robic lève les deux bras sur la ligne du Parc des Princes car il sait qu'il a gagné le Tour. Et pourtant ce n'est pas lui le plus rapide du Tour. En effet, en temps réel c'est Edouard Fachleitner le vainqueur de la Grande Boucle avec 3'32" d'avance sur le Breton. Mais les envolées et le panache de Robic pour amasser les bonifications en haut des cols lui font gagner le Tour.
Et Vietto ? Pendant le tour d'honneur, il est, selon le journaliste Georges Pagnoud, plus applaudi que le vainqueur lui-même. Mais Robic va très vite monter à l'échelle de la popularité.


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Fichier mis à jour le : 1/02/2013 à 19:06

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