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Alain Santy et l'époque Merckx27 juin 2019  

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Ocaña le Bicador

Alain Santy a été le témoin de l'époque Merckx. Il a appartenu à deux équipes, Bic et Gan, qui n'ont pas baissé les bras face au Cannibale. Alain Santy se souvient de l'époque Bic, où Luis Ocaña n'avait qu'une obsession, battre Merckx.

Par Dominique Turgis

Eddy Merckx le plus grand coureur de tous les temps, a transformé de très bons coureurs en simples adversaires par sa supériorité. Seuls les plus persévérants, ceux qui auraient pu être Califes si le Cannibale n'avait pas été là, ont pu tirer leur épingle du jeu. On peut citer Godefroot, De Vlaeminck, Verbeeck, Gimondi, Poulidor et Thévenet, son tombeur. Sur le Tour de France un coureur s'est juré de faire mordre le goudron fondu à Eddy Merckx : Ocaña.
C'est pendant sa période chez Bic que le champion espagnol se pose en adversaire de Merckx sur la Grande Boucle.

DE MUER AIME LES ATTAQUANTS

Ocaña arrive chez Bic en 1970 en même temps qu'un néo-pro nordiste, Alain Santy.
Chez Bic, il y a Jan Janssen, ancien champion du monde et vainqueur du Tour 1968. Il y a surtout un directeur sportif, Maurice De Muer. Un Nordiste comme Alain Santy qui raconte : "Avant Bic, De Muer avait dirigé Pelforth, une équipe d'attaquants. Il aimait les attaquants. Il montait des plans d'attaque avant les courses." Avec Ocaña, il va être servi. "Ocaña était un coureur de tempérament. Il ne supportait pas d'être battu. Pas besoin de le pousser pour attaquer, il fallait plutôt le freiner" rajoute Alain Santy.
Sa lutte contre Merckx sur le Tour va écrire des pages de légende dans le grand livre de l'épreuve : sa victoire à Orcières Merlette, la riposte de Merckx dans l'étape de Marseille, la chute dans le col de Mente pour l'année 1971. En 1972, Ocaña revient avec l'intention de prendre sa revanche sur le Belge. Là encore, il perd toutes ses illusions dans une descente mouillée du Soulor dans les Pyrénées. Alain Santy est aux avants postes ce jour-là : "Je me suis échappé avec un grimpeur belge, Wilfried David. Un moment, je suis même maillot jaune virtuel. Mais derrière, Merckx et Ocaña attaquent. Ocaña crève et Merckx prend tous les risques dans la descente. De Muer me fait attendre mon chef de file. Luis, sur la route mouillée en tête du groupe de chasse, rate le virage et entraîne tout le monde. Pour ma part, je suis parti la tête dans un muret, mâchoire fracturée." Alain Santy se fera poser 25 points de suture.
Encore une chute dans un virage, dans une descente, comme dans le col de Mente. Ocaña était-il un mauvais descendeur ? "Luis n'était pas un grand descendeur comme Lucien Aimar ou Eddy Merckx. C'est vrai. Mais il prenait tous les risques et c'est pour çà qu'il tombait" rectifie Santy.

FUSSIEN, SOLDAT DEVOUE

Ocaña essaie d'insuffler son esprit frondeur à ses coéquipiers. Jean-Marie Leblanc rappelle que le chef de file des Bic désignait Merckx comme : « Le grand con ». Sur la Vuelta 1973, remportée finalement par Merckx, le jeune Jean-Jacques Fussien a une mission bien précise : Il doit agacer le grand Merckx en lui disputant toutes les étapes volantes. Ocaña lui dit même : « Chaque fois que tu battras Merckx, dis-toi que tu auras bien travaillé pour l'intérêt de l'équipe.(1) » Alors Fussien tient son rôle à coeur au point d'énerver Merckx qui le retient par le maillot dans un sprint. Furieux, Fussien va voir le Cannibale et montre les dents : « Je suis là pour gagner ma croûte. S'il continue à agir aussi méchamment avec moi, il se passera de vilaines choses. » Finalement Eddy Merckx va apprécier ce bouillonnant Bic au point de s'en servir comme témoin quand un de ses adversaires le bat dans un sprint irrégulier.
Johny Schleck, coéquipier luxembourgeois d'Ocaña, lui n'a pas le souvenir de grosses tensions. De toutes façons, Alain Santy conclut sur la domination de l'équipe de Merckx : « Peu d'équipes ont dominé et contrôlé comme les Molteni. » Johny Schleck rajoute : "Le peloton acceptait cette domination." Heureusement, les Bic étaient là pour casser la monotonie des courses.

La victoire leur va comme un GAN

Alain Santy et l'époque Merckx. Cette fois, Alain Santy raconte sa belle saison 1974.

A la fin de la saison 1973, Alain Santy change d'équipe. Il quitte la casaque orange de BIC pour aller chez les bleus de GAN Mercier. "J'ai eu envie de changer d'air" explique aujourd'hui le Nordiste.

LA METHODE CAPUT

Le GAN est arrivé dans le vélo en 1972 comme associé extra-sportif des cycles Mercier. Dès le début, les résultats suivent. Raymond Poulidor renaît sur le col d'Eze et réussit l'exploit de souffler Paris-Nice au grand Merckx.
Dans le Tour de France, les coureurs GAN endossent le maillot des martyrs. Cyrille Guimard, maillot vert sur les épaules et le genou droit en compote, abandonne à deux jours de Paris. Pendant tout le Tour, Guimard a titillé Merckx dans les « points chauds » et sur les arrivées, au point de lui passer sous le bras au Mont Revard.
Dans sa nouvelle équipe, Alain Santy fait connaissance avec l'encadrement de l'équipe. D'abord Claude Sudres, l'homme des relations publiques du GAN. "Il mettait l'ambiance dans l'équipe." Il attend aussi ses coureurs sur la ligne d'arrivée pour les féliciter ou les réconforter. Le directeur sportif est Guy Caput. Ses méthodes ont marqué Alain Santy : "C'était un directeur sportif attentionné. Il était pointu au niveau de la diététique. Il y avait un régime à respecter. Après la course, il nous disait de ne pas manger tout de suite après l'arrivée mais de boire une bouteille de Badoît pour laver le corps et d'attendre trois heures pour manger. Il était aussi un partisan de l'homéopathie."

« J'AI FAILLI GAGNER LE TOUR DES FLANDRES »

Coureur malheureux pendant toute sa carrière, Alain Santy connaît une année sans accident en 1974, riche en résultats même face à Merckx.
"J'ai failli gagner le Tour des Flandres. Je suis échappé seul avec 22'' d'avance. Une fois rejoint, Cees Bal mon équipier me contre et va au bout." La semaine suivante Eddy Merckx plie encore devant le gang des GAN. "Dans Gand-Wevelgem, je sors au kilomètre. Merckx vient me chercher avec mon équipier Barry Hoban dans la roue. Le Britannique saute Merckx à 20 mètres de la ligne." Deux victoires flandriennes pour les GAN-Mercier mais aucune pour Alain Santy. Par contre, au mois de juin, il remporte le Dauphiné devant Poulidor.
Au championnat de France, il est le plus fort mais il est prisonnier de la course d'équipe. "Talbourdet s'est retrouvé seul devant à deux tours de l'arrivée. Derrière, je n'étais plus qu'avec Danguillaume. J'ai eu du mal à m'en débarrasser. Je ne pouvais pas le ramener sur Talbourdet. Une fois seul, il m'a manqué un tour pour devenir champion de France."

LA TUILE ZOETEMELK

Quelques jours avant, une grosse tuile est tombée sur l'équipe. Joop Zoetemelk, vainqueur de Paris-Nice, de la Semaine Catalane et du Tour de Romandie est tombé au Midi-Libre. Victime d'une commotion cérébrale, il échappe au pire mais Zoetemelk est forfait pour le Tour. Sur la lancée de son début de saison, Zoetemelk aurait-il pu menacer Eddy Merckx pour sa cinquième victoire ? "On ne peut pas savoir" rectifie Alain Santy. "Merckx était très dominateur. Après la perte de Zoetemelk, il a fallu prendre le taureau par les cornes."
Dans le Tour 1974, après un passage à vide dans les Alpes, l'équipe GAN va briller dans les Pyrénées. Poulidor lâche Merckx une première fois à St Lary Soulan. Dans le brouillard du Tourmalet, Poulidor et Santy reprennent encore du temps sur Merckx.
A l'arrivée de St Lary, Alain Santy s'extasie sur la jeunesse éternelle de son chef de file, Poulidor : "Il est parti comme un cadet, comme un môme qui peut tourner les jambes très, très vite" déclare-t-il dans L'Equipe.

SANTY ADMIRE LE COURAGE DE MERCKX

Si Merckx a cédé du temps, son maillot jaune n'a jamais été menacé. "Dans les Pyrénées, Merckx a limité la casse. Il a eu un passage à vide tout près de l'arrivée" se souvient Alain Santy qui reste admiratif devant le courage du Cannibale : "Même lâché par Poulidor, il ne demandait pas de relais."
A la fin du Tour, c'est encore Eddy Merckx le plus fort. Il démarre pour le panache à 15 kilomètres d'Orléans pour gagner seul avec 1' d'avance sur un peloton anéanti. "On ne pouvait pas y aller. Nous étions tous cuits en fin de Tour."
Quand Merckx n'attaque pas, ses équipiers font la police. Deux coureurs de la Merlin-Flandria, Guimard et Coroller voient leurs attaques systématiquement contrariées par la garde havanne des Molteni. Guimard fait savoir aux organisateurs sont mécontentement. Alain Santy se souvient que les Molteni "étouffaient la course. Des coureurs comme Joseph Bruyère et Roger Swerts étaient impressionnants."

LE BIDON QUI COÛTE 5 MINUTES

9e du Tour 1974, Alain Santy pense qu'il aurait pu mieux faire. Il est 8e du classement général à 10' de Merckx au départ de l'étape Colomiers- Seo de Urgel. "J'ai perdu 5 minutes bêtement. J'étais dans le dur. Un ami m'a passé un bidon à un kilomètre du sommet de l'Envalira. Je pensais que j'allais rentrer dans la descente. Mais la descente c'était 25 kilomètres, vent de face, je n'ai jamais pu rentrer." A la Cipale, Alain Santy est 9e au classement final à 20' de Merckx.

LES NUMEROS GRATUITS D'HINAULT

En 1975, Alain Santy part chez Gitane sous la direction d'un autre nordiste, Jean Stablinski. Le style Stablinski change de celui de Caput : "C'était un directeur sportif qui laissait faire ses coureurs. Il n'imposait rien." Après un bon début de saison, Alain Santy renoue avec la malchance. "Dans Paris-Nice, j'étais 3e au général. Dans la descente du col de la République, un gars roule sur une branche qui vient se prendre dans mes rayons. Je me casse la main, ma 8e fracture." Celle qui casse un peu le ressort. Sous la pression de Stablinski, Santy continue à rouler. Il terminera même encore une fois vice-champion de France mais abandonnera au Tour.
De l'expérience Gitane, il retient la rencontre avec un néo-pro, Bernard Hinault. "Il venait chez moi faire les kermesses. Dans ces courses, il partait seul, le peloton ne le connaissait pas et lui laissait prendre 2 minutes. Il se faisait reprendre mais il fallait 40 bornes pour rentrer. C'était des numéros gratuits." Des numéros qui annonçaient l'arrivée du successeur de Merckx.

(1) Source : Cyclisme magazine


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Fichier mis à jour le : 1/02/2013 à 19:06

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