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1982-1983 : Giuseppe Saronni à l'italienne26 juin 2019  

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La période de grâce de Giuseppe Saronni ne s'étend pas sur une année, mais à cheval entre deux saisons. En moins d'un an, il gagnera tout ce dont peut rêver un Italien : Tour de Lombardie, Milan-San Remo et le Giro, le tout avec le maillot de champion du Monde sur les épaules. Ce seront ses derniers grands exploits.


Par Antoine Riche le 17 avril 2010

L'EXPLOIT : MILAN-SAN REMO ENFIN
Début 1983, Giuseppe Saronni a remporté toutes les courses qui comptent pour un coureur italien sauf Milan-San Remo. A l'époque où la Cipressa ne faisait pas partie du parcours, la course se terminait généralement au sprint et les qualités de Saronni auraient du lui permettre de triompher. Mais il avait du se contenter de trois secondes places consécutives entre 1978 et 1980. En 1983, il mise tout sur cette course. En tête de Tirreno-Adriatico, la veille de l'arrivée et du contre-la-montre final, il décide volontairement de lever le pied : "Dans trois jours nous courrons Milan-San Remo et je n'ai pas l'intention de gaspiller mes forces ici". La course est particulièrement insipide jusqu'à la Cipressa (introduite l'année précédente) où un peloton de 150 coureurs se présente. Ce n'est pas dans la montée que la décision se fait mais dans la descente où Moser fait la sélection à lui tout seul et ils ne sont plus que 14 en bas. Dans le Poggio, Juan Fernandez et René Bittinger tentent de sortir, contrés aussitôt par Saronni. L'Italien part seul vers la victoire. Il franchit la ligne avec 44 secondes d'avance sur le petit groupe. Cette victoire est étonnante dans la manière. Tout d'abord Saronni n'a pas attendu le sprint pour s'imposer et tord ainsi le coup à sa réputation de suiveur. Ensuite, ses compatriotes ont fait front derrière lui pour éviter une victoire étrangère. Une attitude peu étonnante, mais ce qui l'est plus, c'est que c'est Moser, l'ennemi juré, n'a pas rechigné à la tâche, bien au contraire. Pour Saronni une page se tourne : "Cette victoire, je la voulais absolument ! Elle confirme que je suis bien le meilleur coureur italien, ce que Moser ne semble plus contester. Il décline, je m'améliore."

UNE PERIODE DE RÊVE : TOUT GAGNER EN ITALIE
Depuis ses débuts pros en 1977 et jusqu'en 1982, Giuseppe Saronni a participé à tous les championnats du Monde. Il a toujours terminé dans les 10 premiers sauf en 1980. En 1981, l'arrivée se joue au sprint et il est seulement battu par le revenant Freddy Maertens. En 1982, le parcours de Goodwood est peu sélectif. Dans le final les Néerlandais et les Italiens contrôlent pour leurs sprinters Raas et Saronni. L'Américain Boyer tente sa chance mais est pris en chasse par son compatriote LeMond qui ramène Saronni qui contre pour l'emporter. L'équipe d'Italie a joué collectif, Moser en premier lieu. Contrairement au championnat du Monde ou à Milan-San Remo, Giuseppe Saronni n'est jamais réellement passé tout près de la victoire dans le Tour de Lombardie. Ayant résisté à toutes les offensives de la journée, il n'a aucun mal à régler un petit groupe pour remporter l'édition 1982. La manière employée le comble : "Elle m'a prouvée que je pouvais participer activement à la course et gagner au sprint ensuite". Le Tour d'Italie a permis à Saronni d'étoffer son palmarès avant l'édition 1983. Il a remporté la course en 1979, alors qu'il avait moins de 22 ans. Cependant quand Bernard Hinault est venu sur la course en 1980 et 1982, l'Italien n'a jamais été en mesure de le contrarier. Sa victoire en 1983 ne modifie pas l'impression que Saronni est limité sur les grands tours. Il doit sa victoire à un parcours peu montagneux et aux avantageuses bonifications, sans lesquelles son dauphin Visentini l'aurait emporté. Après ces quatre victoires prestigieuses, Saronni voit plus loin : "Un jour, je viendrai au Tour de France, en 1984 peut-être, et ce ne sera pas seulement pour y gagner le classement par points."

AVANT 1982 : TROP JEUNE POUR L'INTERNATIONAL
Passé pro à moins de 20 ans, Giuseppe Saronni n'a pas attendu pour briller et faire parler sa pointe de vitesse. De 1977 à 1982, il a accumulé les succès sur les semi-classiques et les courses par étapes italiennes. Il ne sort que rarement de ses frontières, pourtant ses rares sorties sont souvent concluantes avec des victoires sur la Flèche wallonne 1980 (2ème en 1977 et 1979), le G.P de Zürich 1979, le Tour de Romandie 1979 (2ème en 1981, 3ème en 1980) ou le G.P du Midi Libre 1979. Sa victoire à la Flèche Wallonne 1980 est certainement la plus significative puisqu'il se permit ce jour-là de distancer Bernard Hinault pourtant au sommet de sa forme, qui plus est dans une côte. En 1982 il remporte le Tour de Suisse et en 1983, il participe au Tour d'Espagne, quelques jours après sa deuxième place dans Liège-Bastogne-Liège. Ne visant volontairement pas le classement final, il se contente de deux victoires d'étapes. Un test pour Saronni dans l'optique du Tour de France : "Je me suis obligé à courir le Tour d'Espagne avant le Tour d'Italie, à la seule fin de savoir si mon organisme était capable de supporter les fatigues de deux tours au cours de la même année. Le test s'est révélé positif". Cette absence au départ du Tour de France, et de Paris-Roubaix, était le principal reproche fait à l'Italien qui avait toujours affirmé vouloir s'endurcir avant de découvrir la grande boucle.

APRÈS 1983 : UN COUP AU MORAL
Après Milan-San Remo 1983, Saronni a donc gagné tout ce dont il pouvait rêver pour assoir sa gloire. Cette victoire sera un tournant dans sa carrière comme le confirme son directeur sportif Petro Algeri : "Quelque chose s'est définitivement rompu en lui après qu'il eut gagné Milan-San Remo, et plus encore lorsqu'il a perdu le maillot arc-en-ciel". Un accident de voiture avec un de ses enfants le marqua ensuite fortement. Puis en 1984, contrairement à ce qu'avait pensé Saronni, son rival de toujours Francesco Moser connaissait un second souffle en battant le record de l'heure et remportant Milan-San Remo et le Giro. L'opinion italienne basculait définitivement vers Moser apportant un nouveau coup au moral de Saronni. Miné ensuite par des problèmes de santé, il revenait sur le devant de la scène en 1986 en terminant 2ème du Tour d'Italie puis 3ème du championnat du Monde avant de sombrer définitivement dans les profondeurs des classements. Il mettait un terme à sa carrière en 1990, à 33 ans. Le jeune retraité avait poursuivi sa carrière sans que personne n'en comprenne réellement les raisons. En 1992, il rentre dans l'encadrement de l'équipe Lampre où il est toujours aujourd'hui. Giuseppe Saronni aura finalement participé au Tour de France. En 1987, il prit le départ de la course avant d'abandonner dans un parfait anonymat.

Source : L'année du cyclisme 1982, 1983 et 1990
Crédit photo : DR


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Fichier mis à jour le : 1/02/2013 à 19:06

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