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Le Tour de France ne draine pas les foules27 juin 2019  

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Le Tour ne draine pas les foules

Contrairement à une idée faussement répandue dans la presse de l'époque, les premiers Tours de France n'attirent que bien peu de spectateurs au bord des routes...

Par Sandrine Viollet *

En 1903, le succès populaire du Tour de France est très contrasté. A Lyon, Marseille ou Toulouse, qui comptent alors près de 500.000 habitants, seuls un petit millier de spectateurs assistent aux arrivées d'étapes. Mais à Paris, le Tour de France a donné lieu à une véritable ruée sportive et plus de 100.000 personnes ont assisté au retour des Géants de la route.

LA PRESSE MULTIPLIE LES SPECTATEURS

En 1907, selon la presse, le départ de Brest a suscité un "record d'affluence et d'enthousiasme". Mais les chiffres donnés sont bien différents du commentaire général : "Départ à 00h15 devant plus de 5 000 bretons échelonnés sur les dix premiers kilomètres du parcours", soit une densité de 500 personnes par kilomètre, et cela semble déjà énorme aux observateurs bretons... A Paris, un journaliste de Sporting qui a assisté au départ en 1913, en rapporte ces impressions: "Une foule considérable, énorme, que l'on peut évaluer... à 2 000 personnes, stationne, stoïque et résignée sur la place de la Concorde depuis 10 heures du soir. La majorité de ces braves sportifs ne voit rien et continuera de ne rien voir, probablement. Seule la satisfaction d'affirmer qu'ils "y étaient" les retient, paisibles et somnolents, rivés à l'asphalte du trottoir. Demain, les confrères parleront de la cohue formidable qui se pressait aux abords du contrôle. On citera des chiffres et le premier moment d'enthousiasme passé, on reconnaîtra que l'on s'est trompé de plusieurs zéros". Il est cependant vrai qu'à la Belle Epoque, les départs sont donnés en pleine nuit...

LE JOUR DU TOUR EST JOUR FERIE

Cependant, en certains points du parcours, notamment dans les villes industrielles, les spectateurs sont bien plus nombreux au bord de la route. Ainsi Roubaix en 1908 : "Si je vous disais que plus de 20.000 personnes étaient échelonnées sur un parcours final d'environ 2 km [...], toutes auraient voulu toucher ces hommes dont les journaux content les exploits, ajoutez à cet enthousiasme l'entrain provoqué par la fête populaire du 14 Juillet, ajoutez encore la satisfaction d'avoir un jour de congé supplémentaire [...] car on ne travaillait pas ici ; les usines et les fabriques étaient fermées". Et plus encore en 1909 : "Il y a là, sur un espace d'un kilomètre de 30 à 40 000 curieux qui s'entassent". A Longwy, ville frontière de Lorraine, le Tour de France est tout simplement devenu le prétexte à une grande fête populaire. "La population considère l'arrivée du Tour de France comme une des principales fêtes de l'année. Elle réclame musique, bals décorations, concerts, cinématographes, illuminations, défilés, réceptions officielles avec toasts et discours, feu d'artifice, bref, tout le diable et son train ! [...] Les hommes ont quitté leurs vêtements de travail, les femmes ont fait un brin de toilette. [...] Aux abords de l'arrivée, on peut évaluer à 15 000 personnes l'affluence des curieux".

UN REEL ENTHOUSIASME POUR L'ENERGIE ET LE COURAGE

Ainsi, en dehors des villes industrielles du Nord et de Paris, où les ouvriers se mettent en congé, le Tour de France attire peu de curieux au bord de la route. Leur enthousiasme est cependant bien réel. En effet, ce public admire sincèrement les coureurs cyclistes et la débauche d'énergie dont ils font preuve: "Les uns disent : ce sont des démons, d'autres les appellent les géants, des rois de la route, etc... etc... Quelqu'un me disait hier plus simplement: ce sont des "types" ! Je crois que c'est le vrai mot : ce sont des types !" Plus encore : d'un groupe de lecteurs de l'Ouest : "A une époque où nous avons tous besoin d'exemples d'énergie, où le rendement individuel doit être porté au maximum, c'est une grande et noble leçon que donnent les coureurs du Tour de France". Le public apprécie l'épreuve de L'Auto parce qu'elle diffuse les valeurs de l'énergie et du courage dans toute la France. D'ailleurs un Prix du courage est même institué en 1908 à l'initiative d'un fervent sportsman qui écrivit cette lettre à L'Auto : "Mon cher directeur, ma revue Sport Populaire serait heureuse de s'associer à la splendide et si utile manifestation du Tour de France. Voulez-vous accepter de sa part une somme de 100 F qui serait offerte avec une médaille vermeil de l'Education Physique sous le nom de "Prix du Courage" au coureur qui, ayant terminé le parcours, même sans être classé, se serait tout particulièrement distingué sous le rapport de l'énergie".
Somme toute, en une quinzaine d'étapes, et une distribution du public très contrasté, le Tour de France ne draine alors au bord des routes qu'à peine un million de spectateurs, soit 15 à 20 fois moins qu'aujourd'hui !

* Sandrine Viollet a écrit le livre "Le Tour de France cycliste, 1903-2005", aux éditions L'Harmattan, collections Espaces et Temps du Sport.
Pour toutes informations et commander le livre : www.editions-harmattan.fr


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Fichier mis à jour le : 1/02/2013 à 19:06

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