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Télévision et cyclisme - 2ème partie : 1970-199027 juin 2019  

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Les années 90, l'âge d'or du vélo à la télévision

Suite de notre petite histoire du direct télévisé consacré au vélo. De l'arrivée de la couleur à l'explosion de la durée des retransmissions. De l'éclatement de l'O.R.T.F. aux chaînes privées sur le réseau hertzien. Dans ce domaine, ce n'était pas toujours mieux avant. Retour en arrière.

Par Dominique Turgis, avril 2008

ET VOILÀ LA COULEUR

La deuxième chaîne de l'ORTF passe en couleur en octobre 1967. Dans le mois qui suit, le match de football entre les verts de Saint-Etienne et les rouges de Rouen est le premier à être retransmis en couleurs, filmé avec une seule caméra. Pendant le Tour 1967, Robert Chapatte est optimiste sur l'arrivée de la couleur sur les routes du Tour. Des essais devaient être menées en juin 68 pour pouvoir retransmettre le Tour en couleurs. Mais la grève de l'ORTF remet le projet à plus tard. En mars 1971, Paris-Nice, encore lui, est diffusé 45 minutes tous les jours en direct et en couleurs sur la deuxième chaîne. La lourde caméra couleurs est transportée sur le toit d'une voiture. D'ailleurs Guillaume Driessens, le directeur sportif de Merckx fait des reproches à cette voiture à l'issue de la montée contre-la-montre du col d'Eze : "La voiture transportant la caméra couleur TV s'est tenue trop constamment à proximité de la roue arrière d'Eddy Merckx". Pour cette première expérience, l'ORTF est prudente. L'Équipe rappelle que "Les techniciens de l'ORTF se sont toutefois montrés très prudents puisque le dispositif couleur sera doublé d'un système plus classique (...) de prise de vue en noir et blanc à partir d'une moto et d'un hélicoptère (...) sur la ligne d'arrivée seront disposées les caméras couleur sur pied, qui, elles, n'ont pas posé de problèmes". Après l'étape de Bollène, Michel Labrunie s'extasie dans L'Équipe : "On n'ose crier victoire mais cette fois, il semble bien que la TV couleur ait conquis ses galons de vedette sur les courses cyclistes. Un grand pas a été franchis par les techniciens de l'ORTF et avec succès. Nous étions au coude-à-coude avec les coureurs, en couleurs et avec des images d'une stabilité d'une beauté rarement atteintes par le passé. Plusieur expérience ont également été tentées comme cet interview à 45 km/h d'Alain Vasseur avec les échappés." Raymond Marcillac pense que "C'est un succès. Pour un début, il est particulièrement encourageant." En couleurs ou en noir et blanc, la retransmission est toujours dépendante du temps. Le reportage en direct de Milan-San Remo est réduit à l'arrivée sur la Via Roma car l'hélicoptère n'a pas pu décoller. La voiture R16 TS à la caméra couleurs revient sur le Tour 1971. Elle débarque pour le contre-la-montre d'Albi. Et Eddy Merckx va encore s'en plaindre. Il accuse Luis Ocaña, maillot jaune après l'exploit d'Orcières-Merlette, d'avoir profité de l'abri de la voiture, avant de s'excuser. Le Cannibale n'est pas le seul mécontent de la voiture-caméra. Le critique télé de L'Équipe, Alain Chermann est sceptique : "Les images sautaient en permanence. C'est parce que nous pensons que tout le mal venait de cette caméra placée sur une voiture". Chermann ne comprend pas qu'une moto ne puisse pas accueillir une caméra couleur sans se soucier du poids pour le cadreur. La voiture va suivre la course jusqu'à Bordeaux. Elle va retransmettre les 19 kilomètres de la course de côte Luchon-Superbagnères. Ces étapes sont diffusées sur la deuxième chaîne. Mais la disposition de la caméra dans la voiture, impose des prises de vues éloignées du peloton moins performantes que celles prises depuis la moto. Toutefois, la retransmission intégrale de l'étape de Superbagnères enthousiasme Alain Chermann : "Fort intelligemment, le réalisateur eut l'idée de nous montrer une courte séquence, en ouverture de reportage pour montrer Ocaña sortant de l'hôpital. C'était très bon. (...) Ensuite, il y eut cette caméra couleur qui faisait apprécier à sa juste valeur la grandeur des paysages et le jeu des maillots sur cette route mouillée. Nous avons attendu plusieurs jours cet événement mais le résultat a dépassé nos espérances. Une autre dimension (...) Malheureusement, il y eut les paroles qui ne s'élèvèrent jamais au niveau des images. (...) C'est une "masse verbale" qui nous est assénée pendant près d'une heure. (...) En passant, nous remarquerons qu'hier, il était impossible à un téléspectateur prenant l'émission "en marche" de savoir qu'il y avait un homme seul à l'avant de la course (NDLR : Fuente)". La caméra couleur va revenir sur une moto sur les Tour 72 et 73, notamment pendant les étapes de montagne. En 1974, toutes les étapes sont filmées en couleurs. Elles sont toujours diffusées sur la première chaîne mais le soir, 30 à 40 minutes de l'étape sont diffusées sur la troisième chaîne qui diffuse en couleurs.

ANTENNE 2 LE SAMEDI, TF1 LE DIMANCHE

185 heures en 2008, 200 heures en 1997 (1). En dix ans, la retransmission de courses cyclistes a reculé sur le réseau hertzien où seul le service public est encore intéressé par le vélo. Mais 20 ans plus tôt, dans les années 70, ce volume horaire ne devait pas beaucoup dépasser les 50 heures par an. Début 1975, c'est l'éclatement de l'ORTF avec les créations de TF1, Antenne 2 et FR3. Les services des sports sont séparés et Robert Chapatte revient à la télévision et dirige le service des sports de la "2". Dans son service, on retrouve des spécialistes du vélo comme Jean-Michel Leulliot et Richard Diot. Sur la "Une", il y a Daniel Pautrat et Bernard Giroux. Antenne 2 mise beaucoup sur le vélo. En 1975, elle retransmet Paris-Nice tous les jours en direct, dimanche y compris, mais seulement de 20 à 30 minutes. En 1977, le Dauphiné Libéré aussi a droit à sa retransmission quotidienne parfois d'un quart d'heure seulement. Parfois, Antenne 2 et TF1 retransmettent les même courses, comme, par exemple, Milan-San Remo 1975, pour le final de la course. Les deux chaînes principales vont ensuite se répartir les sports de fin de semaine.
Le samedi, ce sont les "Jeux du Stade" sur Antenne 2. Une émission multisports où les 15 derniers kilomètres d'une étape du Dauphiné ou du Midi-Libre peuvent cohabiter avec la deuxième mi-temps d'un match de handball, où le match des Cinq Nations France-Galles précède le différé de l'ascension du Poggio et de l'arrivée de Milan-San Remo. Le différé est souvent utilisé pour les courses cyclistes dont on ne diffuse que les derniers kilomètres, en concurrence avec d'autres sports. Même pour des victoires françaises. En 1984, les Jeux du Stade diffusent en différé les quatre ou cinq derniers kilomètres du Tour de Lombardie remporté par Bernard Hinault. Les Jeux du Stade diffusent aussi des résumés des courses par étapes comme le Tour du Tarn et de Rouergue ou les Quatre jours de Dunkerque. Le dimanche, c'est au tour de TF1 de diffuser les sports sur "Sport Dimanche." Le dimanche, c'est le jour des finales des tournois de tennis. Comme nous l'avons vu dans la première partie, le tennis et le vélo ont un point commun : On sait quand ça commence mais pas quand ça finit. L'étape du dimanche du Dauphiné 1977 n'est pas retransmise car c'est le jour de la finale de Roland-Garros. Le pire est atteint pour le Tour des Flandres 1985. Un des plus beaux et des plus durs de tous les temps. Les téléspectateurs ont droit au passage en direct du Koppenberg, toujours la culture du point de passage stratégique, puis à d'autres points sur la course en alternance avec la finale d'un tournoi de tennis dans le sud de la France, sur court couvert. Finalement, priorité sera donnée au dénouement du tennis alors qu'Eric Vanderaerden lâche tout le monde dans le Mur de Grammont. Le contraste entre les sentes boueuses du Ronde et le décor immaculé-propre-sur-lui du tennis est désastreux pour ce dernier. Le lundi matin, la critique télé de L'Équipe épingle ce contraste et regrette que le Tour des Flandres n'ait pas été mieux traité. Le dimanche suivant, TF1 se rattrape avec un large espace attribué à Paris-Roubaix avec trois grosses séquences dont le passage de la tranchée d'Aremberg. Dans les grandes occasions, les durées de retransmission s'allongent. Pour les championnats du monde de Sallanches, la télévision met deux hélicoptères sur le coup. Quand un ravitaille, l'autre est toujours là pour servir de relais.

LES GIRO D'HINAULT

Avec un champion comme Bernard Hinault, la télévision ne peut pas passer à côté de ce phénomène. Les Tours d'Italie disputés par le Blaireau ont droit à une couverture qui n'existe pas quand il n'est pas là. En 1980 et 1982, Antenne 2 ouvre parfois son antenne l'après-midi à la course rose. En 1980, "Les Jeux du Stade" retransmettent l'arrivée à Milan. En 1982, la course passe le samedi, bien sûr, mais aussi le lundi. En 1982, pour la fin du Giro, la chaîne de Chapatte diffuse un résumé de l'étape à 19h20. Sauf quand la RAI est en grève. Autre exemple, en 1981 Antenne 2 diffuse l'étape du samedi du Dauphiné Libéré remporté par Hinault et tous les soirs, diffuse un résumé. L'année suivante la victoire de Michel Laurent n'aura droit qu'à un résumé. Au début des années 80, Paris-Nice aussi, prend moins de place sur l'écran. En 1981, la Course au soleil bénéficie d'un gros résumé de 20 à 30 minutes, plus, bien sûr, l'étape du samedi sur Antenne 2. L'année suivante, il n'y a plus de gros résumé quotidien. En 1984, chaque étape de Paris-Nice et du Dauphiné ont droit à un petit résumé à 18h30 dans l'émission "C'est la vie", encore sur la deuxième chaîne. Parfois, des courses bénéficient d'un "extra". En 1981, la dernière étape du Tour de l'Oise, un contre-la-montre par équipe a droit aux honneurs de la lucarne d'Antenne 2.

ANTENNE 2 COIFFE TF1

Pendant le Tour 1984, des rumeurs parlent d'une possible exclusivité entre TF1 et la Société du Tour. A la surprise générale, c'est Antenne 2 qui rafle la mise. Le Tour 1985 et certaines épreuves de la Société du Tour seront diffusées sur la deuxième chaîne. Le Critérium International sera le premier à bénéficier de la couverture. Alors que, traditionnellement seuls, la première étape et le contre-la-montre sont diffusés, Antenne 2 rajoute la course de côtes. Si TF1 conserve Paris-Roubaix, Antenne 2, en plus du Tour, diffusera un résumé quotidien du Tour de l'Avenir. Les premières années, Antenne 2 diffuse toujours la dernière heure de course, comme avant, pour les étapes de plat. La grand nouveauté, ce sont les passages de cols rallongés et plus nombreux mais aussi les émissions d'encadrement avec "A chacun son Tour" de Jacques Chancel pendant 20 à 30 minutes et le "Journal du Tour" pendant 25 minutes. TF1, doublée, va se retourner vers le Tour de France... à la voile, avant de baisser pavillon l'année suivante. TF1 diffusera encore les championnats du monde en 1986 et les "Adieux du Blaireau", la dernière course d'Hinault en novembre 1986. L'occasion d'essayer, sans trop de succès, un micro porté.

LE PRIVÉ EST INVENTIF

Hinault parti, sans le Tour de France, TF1 privatisé ne s'intéresse guère au cyclisme. Elle n'a plus d'émissions multisports le dimanche après-midi. Canal Plus créé en 1984 s'est longtemps désintéressé du vélo, un sport pour lequel peu de personnes sont prêtes (ou capables) à payer pour le voir. Chaîne branchée, Canal Plus va s'intéresser aux Six Jours de Paris en 1988. En plus, la chaîne cryptée va innover en donnant un micro à Bernard Vallet qui dispute ses derniers Six Jours. Le Grenoblois doit surveiller ses adversaires, garder un oeil sur Laurent Biondi son équipier et parler dans le micro ! Canal Plus continue son aventure cycliste avec Paris-Tours, délaissé par Antenne 2. Pour cette première routière, la chaîne prévoit trois heures de direct d'affilée. Le vent va faire des siennes et, finalement, ce sont quatre heures de direct consacrées à Paris-Tours, un record pour une classique. Canal Plus a appliqué ses recettes à cette retransmission. Une avant-course avec des interviews du néo-pro Laurent Bezault par exemple. L'idée du micro sur un coureur est reprise. C'est Christophe Lavainne qui s'y colle. Il faut attendre 1990 pour revoir du vélo sur Canal. Le Giro de Bugno est retransmis tous les jours. En 1991, la "chaîne du foot et pas du vélo" s'attaque au G.P de Plouay. Le réalisateur installe une caméra sur un filin au-dessus de la ligne d'arrivée. La course va occuper l'après-midi de la chaîne cryptée. En 1997, Canal achète les droits de Milan-San Remo, du Giro et de la Lombardie. Le service public réagit car il veut encore diffuser les grandes classiques. Finalement, un arrangement est trouvé pour Milan-San Remo (3h pour Canal et le final en différé sur France 2) et France 2 diffusera le Tour de Lombardie.

LE VÉLO DIT CINQ YOU À LA CINQ

Mais le plus grand concurrent du service public sur le terrain du vélo sera La Cinq de Berlusconi. Créée en 1986, elle s'intéresse au vélo dès 1988 avec Paris-Nice (2) puis le Tour des Flandres et Liège-Bastogne-Liège. Des courses du dimanche qui n'intéressent pas TF1. Des courses diffusées dans Télématches, l'émission sportive de la chaîne et donc interrompues de temps en temps par d'autres sports. L'année suivante, La 5 met une dent de mieux. En plus des classiques belges, la chaîne décroche la diffusion des championnats du monde. Une diffusion jamais égalée sur le réseau hertzien. Les épreuves sur piste ont droit à un direct quotidien. Le 100 km contre-la-montre aussi. Les épreuves féminines et amateurs sur route sont diffusées en intégralité, comme la course pro commentée par Christian Prudhomme et Cyrille Guimard. La 5 remettra ça en 1990 au Japon et en 1991 en Allemagne. La chaîne disparaît en 1992. Les chaînes privées ont apporté la durée à la retransmission des courses.

ÉTAPE INTÉGRALE EN 1990

Le service public ne reste pas les mains dans le rotor de l'hélicoptère. En 1990, Antenne 2 et FR3 s'unissent pour retransmettre en quasi intégralité l'étape de l'Alpe d'Huez qui voit Bugno s'imposer. La durée des retransmissions s'allonge. En 1990, chaque étape du Tour à droit à 90 minutes minimum. En 1991, deux étapes sont en intégrale auxquelles il faut ajouter trois heures de direct pour la dernière étape. On peut toujours se demander l'intérêt sportif de consacrer tant de temps à cette étape des Champs-Elysées mais la télévision semble y tenir. En 1993, 50 heures sont consacrées aux étapes du Tour de France et plus de 60 heures en 1997. En dehors du Tour, le service public s'intéresse aux autres courses d'ASO. Il contribue à la mise en scène de la traversée de la Tranchée de Wallers-Aremberg, qui était déjà diffusée depuis 1983, l'année du retour de ce secteur dans la course. Le service public s'intéresse un peu moins à Paris-Tours, au Critérium international et presque plus au Tour de l'Avenir. Mais la jeune Classique des Alpes a tout de suite droit, en 1991, à son direct. En plus c'est un samedi, donc sur Antenne 2. Josette Leulliot sait que la télévision est indispensable à l'organisation de sa course, Paris-Nice. En 1991, elle adapte même les horaires des étapes pour avoir droit à une demi-heure de direct sur FR3 à 13 heures. Au mois de mars, la température n'est pas toujours au rendez-vous. L'AC 2000, l'association des groupes sportifs connaît elle aussi l'importance de "passer à la télé". Elle réussit à organiser une présentation commune des équipes, le samedi sur Antenne 2, dans l'émission "Sport Passion", un titre très "Gérard Holtz".

RÉVEILLON RÉVEILLE LE VÉLO

Après Robert Chapatte, Christian Quidet dirige le service des sports de la "2". Il arrache à TF1 la diffusion de Roland Garros. De la place en moins pour les courses de mai et juin comme le Giro et le Dauphiné. En 1992, Jean Réveillon, un passionné de vélo, prend la tête du service des sports de "France Télévision", le nouveau nom du service public. Il est favorable à des retransmissions plus longues des courses. Il dispose de deux émissions de fin de semaine pour "caser" du vélo. En effet, FR3 s'est mis au sport le dimanche après-midi, surtout depuis la privatisation de TF1.
Les années 90 seront des années de folie pour le vélo à la télé. Des courses comme le Tour Méditerranéen a droit à son direct dominical, tout comme les Quatre Jours de Dunkerque (Jean Réveillon est nordiste) ou le Midi Libre. La Flèche Wallonne a droit de diffusion en après-midi en pleine semaine. En 1997, le Tour des Flandres et Liège-Bastogne-Liège passent de deux heures à trois heures d'antenne. Paris-Roubaix a droit à quatre heures et demi. L'Amstel aussi a droit à sa retransmission tout comme les championnats de France et du monde de cyclo-cross. Est-ce l'effet "Coupe du monde" (de cyclisme) ou autre chose, toujours est-il que les classiques de coupe du monde se mettent à passer sur le réseau hertzien, toujours sur le service public : d'abord San Sebastien, puis Zürich, Hambourg et Plouay. Même la Grande Boucle féminine a droit à ses diffusions.
FR3 s'intéresse à la Vuelta dès 1990 en diffusant les étapes du dimanche. Alors que Hinault et Caritoux n'avaient eu droit qu'à la diffusion de la dernière étape de Madrid en 83 et 84, Laurent Jalabert voit ses exploits relayés chaque dimanche en 1995. La montée de l'Angliru dès 1999 devient un rendez-vous télévisuel, même s'il passe en différé sur la 3.

ARC-EN-CIEL INTÉGRAL

Le meilleur exemple de cette effervescence, c'est la durée de retransmission des championnats du monde. En 1995, grâce au décalage horaire, les championnats du monde en Colombie sont diffusés deux heures en après-midi puis pendant deux heures et demi à partir de 20 heures. L'année suivante, les championnats du monde de Lugano seront diffusés en intégralité grâce à la complémentarité entre France 2 et France 3. Une habitude qui durera jusqu'en 2004. Une course cycliste alterne les temps forts et les moments plus calmes. Sa diffusion in extenso n'est pas toujours une bonne publicité. En 1997, le cyclisme est le troisième sport diffusé sur les chaînes hertziennes, après le foot et le tennis.

JEAN RENÉ GODART EN ROUE LIBRE

Le cyclisme est gâté en nombre d'heures de direct. Par contre, au contraire du football, il n'y a pas d'émission magazine consacrée au vélo. Jean-René Godart va y remédier en 1991. Il crée l'émission "Roue Libre" dont le premier numéro est diffusé le 7 mars 1991 sur FR3. Ce magazine va durer deux ans mais sera baladé de case horaire en case horaire. Difficile de fidéliser un public. On le voit, le vélo survit bien sans magazine dans les années 90. Il va même survivre à l'affaire Festina. Le début des années 2000 est encore très favorable en terme de retransmission. La Flèche Wallonne dantesque de 1999 a toujours sa place à la télévision. Seules les courses italiennes disparaissent pour cause de droits télévisés trop élevés. Le service public soutient toujours le cyclisme mais les affaires à répétition tirent une balle dans les pneus du vélo. Petit à petit des retransmissions sont supprimées comme les Quatre Jours de Dunkerque, les classiques du mois d'août en 2007 et avant eux, le Tour méditerranéen.

FRANCE 4, L'ESPOIR ?

L'arrivée de la télévision numérique terrestre (TNT) et la chaîne publique France 4 a permis à Paris-Nice d'être diffusé tous les jours en 2006 et 2008 ainsi que les championnats du monde de cyclo-cross. Mais en dehors du service public qui s'intéresse encore à la diffusion du vélo sur la petite vingtaine de chaînes de la TNT ? Heureusement, le vélo a encore sa place sur le câble et le satellite avec Eurosport et Sport +. La télé reste vitale pour bon nombre d'organisations. Pour recevoir les championnats de France de cyclo-cross en 2009, Sedan exigeait une couverture télévisée en direct. Un engagement que la FFC est incapable de promettre.

(1) Source France Télévisions et Vélomagazine.
(2) Le faux-prologue et la dernière étape, Antenne 2 garde l'étape du samedi. La Cinq diffuse aussi un résumé de trois minutes tous les jours.

Sources : Ouest-France, L'Équipe, Vélomagazine.


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Fichier mis à jour le : 1/02/2013 à 19:06

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